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Règles d’or pour une phytothérapie efficace(1/4)

Tisanes, huiles essentielles, hydrolats, teintures-mères… La santé par les plantes est un univers complexe et il n’est pas toujours facile de s’orienter face à la diversité des approches et des types de traitements. Mais pas de panique ! Pour profiter des remèdes naturels de manière autonome et en toute sécurité, il suffit de respecter un petit nombre de règles simples, présentées dans les pages qui suivent.

Aconit

Utiliser les plantes en toute sécurité

Notre amour pour les plantes ne doit pas être aveugle ! Car si elles sont efficaces, c’est parce qu’elles contiennent des principes actifs qui peuvent, dans certains cas, entraîner des effets indésirables, mais aussi s’altérer, notamment en cas de mésusage. Il existe des doses journalières à ne pas dépasser. Certaines médicinales ont des contre-indications, d’autres sont partiellement toxiques. Décryptage.

Comment la loi garantit-elle l’innocuité des plantes ?

Toutes les plantes ne sont pas en vente libre ! En effet, le législateur a dressé deux listes. La liste A rassemble les médicinales « utilisées traditionnellement », soit en phytothérapie, soit diluées, par exemple pour un usage en homéopathie (c’est le cas de la colchique). Au sein de cette liste A, qui compte environ 450 plantes, 148 ont été « libérées » en 2008, c’est-à-dire qu’on peut vendre ces plantes, sèches en général, en dehors des pharmacies. La liste B consigne environ 130 plantes jugées toxiques (aconit, gui, sureau hièble, etc.) qui ne pourront être délivrées que dans le cadre de préparations magistrales en pharmacie ou sous forme de médicaments. L’arrêté du 24 juin 2014 a également autorisé 541 espèces végétales, qui peuvent être transformées en compléments alimentaires. Pour chacune, la loi précise les parties que les laboratoires ont le droit d’utiliser, les substances à surveiller et les « restrictions » qui doivent s’appliquer.

Faut-il craindre des effets indésirables ?

En phytothérapie, on utilise la plante dans son intégralité (le « totum »), à l’inverse des médicaments conventionnels constitués généralement d’une seule molécule. Dans les remèdes végétaux, l’action des composés s’équilibre. Du coup, les effets indésirables, qui sont des réactions de défense de l’organisme, sont rares. Chez les plantes dites toxiques, le totum est déséquilibré, ce qui les rend impropres à la consommation. Par ailleurs, il faut tenir compte du terrain : certaines plantes toniques ne sont pas adaptées lorsqu’on souffre de palpitations. D’autres ne doivent pas être prises ou appliquées avant une exposition au soleil : on se méfiera notamment des huiles essentielles (HE) d’agrumes. Mais le plus souvent, les effets non désirés résultent de surdosages ou d’interactions avec des médicaments.

Quelles sont les interactions médicaments-plantes ?

Prendre certaines plantes en même temps que des médicaments allopathiques peut entraîner des effets...

indésirables ou réduire l’efficacité du traitement initial. Le millepertuis interagit avec plusieurs médicaments (pilule contraceptive, digoxine, théophylline, anticoagulants antivitaminiques K de type warfarine, ciclosporine, etc.). Mais c’est aussi le cas du jus de pamplemousse, qui augmente la biodisponibilité des médicaments comme le paracétamol, ce qui mime un « surdosage »… L’échinacée, qui stimule l’immunité, est logiquement interdite dans le cas de maladie auto-immune. Attention lorsqu’on prend des anticoagulants : l’ail, l’éleuthérocoque, le gingembre, le ginkgo et le ginseng peuvent interférer. La réglisse ne fait pas bon ménage avec les antihypertenseurs. Les plantes à visée hormonale doivent aussi être prises en compte en cas de traitement hormonal, de grossesse et d’allaitement.

Quand consulter un thérapeute ?

Les personnes polymédiquées ou souffrant de pathologies aiguës ou chroniques doivent consulter un thérapeute si elles veulent consommer des plantes médicinales. Certaines angines et infections urinaires nécessitent également un avis médical étant donné les risques de complications. De façon générale, dès lors que les symptômes perdurent, mieux vaut consulter.

Quelles sont les précautions pour les enfants et les femmes enceintes et allaitantes ?

Le foie des enfants est immature avant 3 à 5 ans, et ne métabolise donc pas les substances actives de la même façon que les adultes. C’est pourquoi il ne suffit pas de diminuer les doses : il faut être extrêmement prudent avant cet âge, notamment avec les HE. De la même manière, les trois premiers mois de la grossesse correspondent à une fenêtre de grande vulnérabilité du fœtus dont les organes sont en plein développement : il faut notamment éviter, en plus des HE, les plantes laxatives, les amères et celles qui sont riches en alcaloïdes. Les enfants et les femmes enceintes peuvent cependant prendre des plantes, notamment sous forme de tisanes de plantes aromatiques telles que la mélisse, le thym, le romarin, l’eucalyptus, la lavande, etc. Des gammes de phytothérapie spécialisées ont vu le jour.

Comment éliminer tout risque d’intoxication ?

Il faut privilégier les formes usuelles, car certaines plantes se sont révélées toxiques sous une forme galénique inaccoutumée : par exemple, la germandrée petitchêne ou le thé, sans danger sous forme d’infusion, ont provoqué des hépatites aigües sous forme d’extraits concentrés dans des gélules amaigrissantes. En général, il faut se méfier des formules amincissantes, car ce marché très lucratif peut pousser les laboratoires à oublier les contraintes de sécurité au profit du… profit. Attention aussi à ne pas acheter des plantes contaminées par des pesticides ou des métaux lourds. Privilégiez les plantes bio garanties par les labels Nature et Progrès, AB, Ecocert, bio européen, Demeter et Simples.

Huiles essentielles, du concentré de plantes !

La distillation conduit à une extrême concentration des principes actifs des plantes aromatiques. La première règle à retenir est qu’il faut conserver les HE, comme les médicaments, hors de portée des enfants. En cas de contact avec les yeux, passez un coton imbibé d’huile végétale puis rincez à l’eau claire. Heureusement, les plus dangereuses ne sont vendues qu’en pharmacie. Elles sont une quinzaine, dont la liste a été arrêtée par décret (grande absinthe, tanaisie, thuya, etc.). Cette liste comprend aussi la sauge officinale, et cette dernière ne peut-être vendue que diluée à 20 %.
Parmi les HE autorisées, voici celles qui doivent être utilisées avec prudence.

Les HE riches en cétones
Elles peuvent être neurotoxiques et abortives. Interdites pendant la grossesse, l’allaitement et avant 10 ans (fenouil, immortelle italienne, lavande aspic, romarin à camphre).

Les HE riches en phénols et en aldéhydes phénoliques
Irritantes, elles doivent être diluées (basilic sacré, cannelle de Ceylan, clou de girofle, sarriette, eucalyptus citronné).

Les HE hormonomimétiques
Elles doivent être utilisées sur de courtes périodes et sont contreindiquées chez les personnes souffrant de troubles hormonaux ou de cancer hormono-dépendants (cèdre du Liban, cyprès vert, fenouil).

La menthe poivrée
Pourtant très utile en cas de maux de tête, ne doit jamais être appliquée sur de larges surfaces à cause de son effet hypothermisant. En cas de doute, ne pas ingérer ni appliquer pure et éviter de s’exposer au soleil pendant les quatre heures qui suivent l’application. Ne pas les utiliser avant 3 ans et pendant les trois premiers mois de la grossesse

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