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Nos recettes de sobriété(2/4)

Réduire le volume de nos déchets, limiter le gaspillage alimentaire, apprendre à recycler et à partager… Portées par une prise de conscience globale, de nouvelles manières de consommer émergent, plus douces pour la nature et pour l’humain. Tour d’horizon des bonnes pratiques pour réduire votre empreinte sur l’environnement et mener une vie plus saine.

Déchet Alimentaire

Moins de gaspillage

Tous les ans, chaque Français met à la poubelle en moyenne 29 kg de denrées alimentaires. Dans la grande chaîne du gaspillage, c’est la part la plus importante. Voici quelques idées importantes pour avancer dans la direction de l’anti-gaspi.

Bien conserver les fruits et légumes

Les produits frais génèrent souvent du gaspillage, car ils s’abîment vite si on ne les conserve pas dans de bonnes conditions. Les légumes verts s’oxydent le plus rapidement. Mettez donc salades et épinards humides dans un sac en plastique recyclable et entreposez-les au réfrigérateur. Idem pour les aromatiques, comme le persil et la coriandre, qui pourront alors se garder 5 jours. Les légumes de type navets, betteraves, courgettes et aubergines se mettent dans des sacs en papier au sec. Si vous n’avez pas prévu de les cuisiner rapidement, le bas du réfrigérateur est alors conseillé. Les oignons et l’ail font partie des produits que l’on peut conserver à l’air libre jusqu’à deux à trois mois si l’endroit est sec et aéré. Mais ne rangez pas les oignons avec les pommes de terre, car les uns et les autres se mettront à mûrir très vite !

L’inconvénient du réfrigérateur, c’est que l’on oublie parfois ce qu’il contient. Laissez donc à portée de vue pour surveiller leur mûrissement les fruits qui le supportent : pommes, bananes, ananas… Des systèmes ingénieux remplacent le garde-manger, comme une clayette posée sur un plat rempli d’eau : la durée de conservation serait quatre fois plus longue. S’équiper d’un déshydrateur peut aussi se révéler intéressant. Enfin, n’oubliez pas que la conservation des légumes dépend de la fraîcheur de ceux-ci au moment de l’achat !

Cuisinez autrement !

On peut aussi réduire ses déchets en portant un autre regard sur les fanes, les épluchures, voire les noyaux, dont on fait de délicieux sirops. Les vertes ramures des carottes, radis ou des poireaux, que le maraîcher coupe sans même vous demander votre avis, permettent de préparer des plats savoureux. Au départ, vous aurez sans doute l’impression de vous lancer dans une récupération fastidieuse, mais en vous prenant au jeu vous en tirerez une vraie satisfaction. Sur le plan gustatif, mais aussi au niveau de la santé : de façon générale, les pelures contiennent en effet beaucoup plus de nutriments et de vitamines que le fruit  lui-même. Les soupes, gratins, tartes seront plus riches en antioxydants. Pourquoi jeter les peaux de bananes quand on peut les mixer dans un smoothie et faire le plein de potassium ? Pourquoi ne pas donner un goût plus vif à vos tisanes en y ajoutant un zeste d’orange bio, une pelure de pomme ? Marie Cochard, adepte d’un art de vivre plus frugal et auteur d’un livre bourré de bonnes idées (références ci-dessous), y intègre des pelures d’oignon pour leurs propriétés assainissantes… La naturopathe Marie-France Farré propose des chips pour les enfants en passant au four des peaux de kiwi ou des épluchures de pommes agrémentées d’une pincée de cannelle. Les fanes deviennent aussi des poudres...

énergétiques. Les végétaux donnent matière à tant de transformation ! Et cela intéresse même les grands cuisiniers. Bref, il ne s’agit plus d’accommoder les restes, mais d’inventer une nouvelle cuisine.

Glanez dès que vous le pouvez !

Le glanage date du Moyen Âge et consiste à ramasser ce qui reste au sol après la récolte. Tombée en désuétude, voire considérée comme honteuse, cette pratique suscite de nouveau l’intérêt. Elle est ainsi de plus en plus associée à des démarches solidaires, mais chacun peut y trouver son compte. Sachez que vous ne serez pas hors-la-loi si vous glanez cerises, raisins, abricots, etc., à condition qu’aucun arrêté municipal ne l’interdise, et que la pratique se fasse de jour, sans instrument, et sur un terrain non clôturé. En général, les agriculteurs ne le voient pas d’un mauvais œil, car ils devront de toute façon « nettoyer » leurs champs avant de resemer. Alors, osez aller dans les champs pour repartir l’esprit léger et le panier rempli de fruits frais et bien mûrs !

Structurez votre potager

La sobriété au jardin va de pair avec une culture privilégiant les légumes et… les légumineuses. Souvent, on considère ces dernières comme non prioritaires : on a pris l’habitude de les consommer sèches, mais des fèves ou des haricots frais, c’est autre chose ! De plus, certaines variétés se récoltent à tous les stades (mange-tout, demisec et sec). Vous éviterez ainsi les pertes en cas d’absence à l’une des périodes de récolte. C’est le cas du haricot à rame Phénomène.

« Les légumineuses sont aussi intéressantes, car elles enrichissent le sol en azote », précise le maraîcher bio Xavier Mathias. Cela réduira d’autant vos dépenses en engrais. Le spécialiste insiste sur la nécessité d’un bon entretien du sol. Dans cette optique, évitez de passer le week-end au jardin quand il a beaucoup plu la semaine, vous risquez de trop tasser la terre. Côté variétés, privilégiez les rustiques. Plusieurs spécialistes, tel Biau Germe, proposent de larges gammes. Plus résistantes, elles donneront le maximum, à l’instar du chou Kale que l’on cueille feuille à feuille en fonction de ses besoins. Et pas de mépris pour les « mauvaises herbes » comme l’ortie, le plantain ou le chénopode, etc. Elles peuvent être comestibles ou médicinales. Enfin, observez votre jardin en pensant à l’avenir. Notez ce qui a bien réussi. Et récupérez les graines afin d’augmenter les affinités entre votre terre et vos cultures. Pour en faire un véritable jardin nourricier.

Cultiver en lasagnes

Il existe une technique de culture exemplaire en matière de recyclage des déchets verts du jardin : la culture en lasagne. Sur tout type de sol, on commence par aplanir le terrain avec une couche de feuilles de carton et on y accumule une bonne épaisseur de mauvaises herbes, déchets verts, tailles de haies, déchets de légumes, etc. (il en faut au moins 20 centimètres). On recouvre ensuite de bon compost. On peut procéder ainsi sur plusieurs couches. Quand on a une épaisseur suffisante, on introduit ses cultures sous forme de plants, les semis ne convenant pas à la culture en lasagne. Les résultats peuvent être spectaculaires !

Passer au compost

Selon l’Ademe, la mise en place d’un composteur permet de réduire de 30 % ses déchets domestiques, sans compter les autres économies (transport, incinération, etc.). À l’exception notable des pelures d’agrumes, tous les déchets organiques se compostent, y compris le marc de café, les sachets de thé, les coquilles d’oeufs, de noix… Pour le réussir, il faut aussi bien des matières vertes (herbe, épluchures, etc.) que des matières marron (feuilles, paille, branches), les premières représentant le double des secondes. (Retrouvez les conseils de Christophe Bernard dans les no 177 et 178 de Plantes & Santé.) En ville, les mairies et les copropriétés prennent l’initiative de composteurs partagés. Des spécialistes peuvent vous guider dans la mise en place : compostory.fr ou reseaucompost.org.

Témoignage - Pascal Poot, un potager sans eau

Pascal Poot et son épouse cultivent sans eau ou presque depuis trente ans à Lodève, près de Montpellier. Leur potager est réputé pour ses tomates savoureuses et surtout ses semences.

Nous n’arrosions pas, car nous n’avions pas d’eau à proximité de nos terres ! Alors, les plantes se sont adaptées. Nous ne cultivons que des variétés anciennes, car les nouvelles disponibles dans le commerce sont par définition des clones incapables de changer en fonction du milieu. Sans eau – et sans traitement –, nos plantes développent leur système immunitaire et des substances bénéfiques à la santé humaine : vitamines et antioxydants. Les plantes transmettent tout ce qu’elles ont appris au cours de leur vie : la sécheresse en été, l’excès d’eau en automne, le mildiou, etc. Nous gardons donc les semences des dernières plantes de l’année. Pour des espèces comme l’oignon, nous récoltons les graines de plants ayant plusieurs années.
www.lepotagerdesante.com

Cultiver en lasagnes

Il existe une technique de culture exemplaire en matière de recyclage des déchets verts du jardin : la culture en lasagne. Sur tout type de sol, on commence par aplanir le terrain avec une couche de feuilles de carton et on y accumule une bonne épaisseur de mauvaises herbes, déchets verts, tailles de haies, déchets de légumes, etc. (il en faut au moins 20 centimètres). On recouvre ensuite de bon compost. On peut procéder ainsi sur plusieurs couches. Quand on a une épaisseur suffisante, on introduit ses cultures sous forme de plants, les semis ne convenant pas à la culture en lasagne. Les résultats peuvent être spectaculaires !

Témoignage - Les lingettes durables d’Emma Terrier

Emma Terrier a créé sa société de produits destinés à remplacer le coton jetable. La culture de ce dernier est gourmande en eau (5 000 litres pour 1 kg) et en pesticides.

Quand j’ai eu envie de développer des carrés démaquillants durables, je me suis promis que ce serait accessible, pratique et même sympa. Si on veut que les habitudes de consommation changent, les faire évoluer vers un mode de vie plus responsable, produisant moins de déchets, il ne faut pas que ce soit en imposant des contraintes qui finissent par être dissuasives. Il faut dédramatiser un peu ces démarches de consommation responsable. C’est pourquoi je cherche avant tout à accompagner le changement avec des produits qui donnent envie de poursuivre dans ce sens, tout en soulignant l’importance d’une démarche globale respectueuse de la planète. www.tendances-emma.fr

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