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Le lierre grimpant nourrit et protège une abeille sauvage

Le lierre grimpant nourrit et protège une abeille sauvage

De nombreuses plantes entretiennent une relation privilégiée avec les insectes. Explorons ces interactions complexes, indispensables à la pérennité de la biodiversité. Ce mois-ci, le lierre grimpant, souvent dépeint comme un « bourreau » des arbres, qui nourrit et protège tout un monde, en particulier la collète, une abeille sauvage .

Si le terme de liane évoque de sulfureuses ambiances tropicales, nul besoin est de parcourir des kilomètres pour en observer. Nos climats continentaux abritent par exemple la bryone, la salsepareille, la clématite et… le lierre grimpant (Hedera helix).

Le terme de liane ne se rapporte pas à un classement scientifique, mais désigne les plantes herbacées ou ligneuses (constituées de bois), ayant besoin d’un support pour croître. C’est le cas du lierre grimpant, seul représentant en Europe de la famille des araliacées. Il peut atteindre 30 mètres de haut et prolifère sur son support à l’aide de racines modifiées, dénommées « crampons ». Particulièrement résistant, ce dernier reste vert et fructifie ­quasiment durant tout l’hiver, ce qui en fait le gîte, et le parfait garde-manger de toute la faune ­environnante. Il offre notamment le ­couvert à de nombreux oiseaux en cette période de disette et procure un abri aux micro­mammifères comme le lérot, le ­muscardin ou l’écureuil. Cependant, ne vous y risquez pas car ses jolies baies colorées, contiennent des saponines et un flavonoïde...

qui les rendent ­purgatives et toxiques pour l’homme. De plus, sa floraison automnale est une aubaine pour les insectes, en particulier une petite butineuse qui lui est inféodée : la collète du lierre (Colletes hederae).

Cette dernière fait partie de la famille des abeilles sauvages (dites solitaires), qui ne ­forment pas de ruche et ne vivent pas en colonie. La plupart d’entre elles creusent plutôt leur nid dans les talus et les lieux où la terre se trouve assez meuble ou sablonneuse, et ­s’établissent ainsi en bourgade de nombreux individus ayant chacun leur abri solitaire, dans lequel ils pondent leurs précieux et ­minuscules œufs. La collète du lierre, émergeant de la mi-août jusqu’à la fin du mois d’octobre, profite de la floraison tardive de notre liane, car si le mâle est capable de récolter le pollen de diverses fleurs, la femelle s’approvisionne exclusivement sur le lierre pour nourrir le couvain (ensemble des larves), qui bénéficie de cet apport alimentaire unique. Sachant que la majorité des abeilles sauvages, plus petites et moins ­« entraînées » que nos abeilles ­domestiques, ne peuvent butiner que sur de courtes distances (moins d’un kilomètre de leur logis), la proximité de leur plante fétiche est nécessaire à leur survie. Il règne ainsi une symbiose forte, voire vitale, entre le lierre pourvoyeur de ressources et la collète, qui est son principal pollinisateur. Ainsi fonctionne l’intelligence de la nature.

Nuisible le lierre ?

On le traite de parasite, or le lierre, outre la symbiose qu’il entretient avec la collète, offre de nombreux avantages pour la biodiversité : on estime qu’une association arbre lierre peut abriter plus de 700 espèces animales, soit un véritable écosystème ! Nous parlons bien d’association, car la relation est réellement bénéfique pour son hôte qu’il protège en échange de son accès à la lumière. Le lierre grimpant se « cramponne » en effet à son support, mais il se nourrit par ses racines : il ne prive pas l’arbre de nutriments et l’étouffe encore moins. Ne vous acharnez donc plus à l’éliminer !

Les écosystèmes en danger

Ceci n’est qu’un cas parmi d’autres. De nombreuses interactions que nous ne soupçonnons pas existent dans notre environnement, entre des plantes et les insectes tout à fait ordinaires, notamment chez les papillons, les mouches, les guêpes, ou chez d’autres abeilles solitaires, qui vivent en étroite relation avec des plantes aussi communes que les Arum, les figuiers, ou certaines gentianes. Ces liens complexes qui sont l’expression d’une adaptation synchrone, forgent l’incroyable richesse du monde vivant et régissent l’équilibre des écosystèmes, qui de nos jours, est de plus en plus menacé.

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