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Un fortin rendu à la nature

  • Serre du jardin suspendu du Havre
    Serre du jardin suspendu du Havre
  • Yuca au jardin suspendu du Havre
    Yuca au jardin suspendu du Havre
  • Jardin suspendu du Havre
    Jardin suspendu du Havre
  • Serre du jardin suspendu du Havre
    Serre du jardin suspendu du Havre

Des jardins botaniques, perchés sur les hauteurs du Havre, habillent un ancien fort militaire. Les lignes géométriques de ce dernier ont laissé place à la fantaisie des explorateurs et naturalistes ayant défriché la biodiversité, tandis que les serres invitent aux voyages lointains.

C’est une belle histoire qui se raconte dans les Jardins suspendus du Havre : un édifice de guerre, construit au XIXe siècle sur le modèle des forts Vauban, est devenu l’un des endroits les plus paisibles de la ville grâce à sa couverture végétale. C’est en 2000 que la municipalité acquiert ce site, désaffecté depuis les années 1970 par l’armée française. En 2008, un jardin et de grandes serres y voient le jour, procurant des espaces de détente et d’évasion. Les lignes géométriques du lieu rappellent ses origines militaires : la promenade s’effectue sur les arrêtes d’un grand carré, dont la surface représente au total 17 hectares. Lors de cette balade « suspendue », le visiteur bénéficie d’un point de vue exceptionnel sur la cité, son port et la baie de Seine. C’est pourtant vers l’intérieur du fort que le regard se tourne, happé par les vastes serres et leurs trésors naturels.

Au sein des édifices en verre, on est immédiatement saisi par la chaleur artificielle simulant différents types de climats chauds. La première des douze enclaves, nommée serre Poivre, captive notre intérêt : elle est consacrée aux plantes « ressources », soit des espèces qui nous sont à la fois familières – on les emploie au quotidien – et lointaines – elles poussent dans les pays tropicaux –, tels que le caféier, le cacaoyer ou encore le curcuma. On y apprend que Pierre Poivre était un botaniste du XVIIIe siècle à qui l’on doit la présence de nombreuses cultures d’épices sur l’île de La Réunion : il y acclimata en effet le clou de girofle, la muscade, l’anis étoilé, le poivre, la cannelle mais aussi le litchi.

À la rencontre des filles de l’air

La visite se poursuit à travers huit autres petites serres thématiques abritant des collections de bégonias, d’orchidées, de plantes carnivores et de tillandsias. Ces dernières, appelées aussi « filles de l’air », n’ont pas besoin de terre pour vivre : elles se nourrissent de l’humidité ambiante. Puis l’on découvre la plus grande des serres, où les amateurs de forêts tropicales restent subjugués par la luxuriance des végétaux. Au milieu des feuilles opulentes et des lianes, on admire des fleurs spectaculaires comme celle de l’hibiscus ou encore la rose de porcelaine.

On arrive ensuite dans une serre dite « zone intermédiaire », recréant les conditions environnementales des îles atlantiques, Canaries et Madère, aux températures et précipitations modérées. Elle accueille une grande variété d’arbres : olivier sauvage, palmier des Canaries, lentisque pistachier ou encore genévrier de Phénicie. De la touffeur humide de la serre tropicale, on passe progressivement à une chaleur sèche, puisque la toute dernière enclave est consacrée aux déserts d’Afrique du Sud et d’Amérique du Nord. Elle est baptisée serre Dombey, du nom d’un naturaliste du XVIIIe siècle spécialiste des cactus.

Plantes rares

Le pin de Wollemi (Wollemia nobilis) a été découvert, en 1994, dans une vallée située à 150 km au nord de Sydney par un garde-forestier australien. Or on croyait disparues toutes les espèces du genre Wollemia ! Pour le préserver, de nombreux jardins botaniques accueillent désormais cet arbre, à Paris, Amsterdam et donc également au Havre.

La rose de porcelaine (Etlingera elatior) est une fleur tropicale à la texture étonnante, d’où son nom. Ses fleurs sont recherchées pour la composition de bouquets, tandis que ses tiges, ses boutons floraux et ses graines sont employés dans les cuisines indonésiennes et malaisiennes.

Sauvegarde des espèces menacées

Après ce voyage en terres lointaines, l’évasion continue dans les jardins extérieurs, perchés au sommet des remparts. Le premier, occupant le grand angle situé à gauche de l’entrée principale, est dédié aux explorateurs botaniques contemporains. Ces derniers contribuent à une meilleure connaissance des plantes depuis ces dernières décennies. On observe de nouvelles variétés d’acacias, de sorbiers et de jasmins, avant d’admirer l’une des espèces végétales les plus rares au monde : le pin de Wollemi. On n’en dénombre en effet qu’une centaine de spécimens à l’état naturel. Les Jardins suspendus du Havre, comme d’autres jardins botaniques dans le monde, participent à la sauvegarde des espèces menacées.

On reprend notre cheminement le long des remparts jusqu’à découvrir un second jardin, niché dans un autre angle. Celui-ci regroupe des végétaux d’outre-Atlantique, arbustes des prairies et des forêts nord-américaines. Ici poussent plusieurs plantes à usage médicinal comme l’hamamélis de Virginie, indiquée dans les problèmes de circulation sanguine ; l’échinacée, stimulant l’immunité ou encore la pétasite arctique, employée contre la toux.

Des jardins écoaménagés

Les deux derniers angles des remparts nous font vivre de nouveaux voyages botaniques. Le jardin d’Asie orientale voit s’épanouir des rhododendrons, des érables japonais, des bambous, des pivoines et des glycines. Le jardin austral, lui, nous transporte au cœur de paysages australiens et tasmaniens, peuplés d’eucalyptus et de véroniques arbustives. L’aménagement des Jardins suspendus du Havre, labellisés « Jardin remarquable » depuis 2014 et « Jardin botanique » depuis 2017, reflète un réel souci pour la protection de l’environnement avec récupération des eaux pluviales, chauffage par géothermie, emploi de panneaux solaires…

Ce lieu de promenade est également un site de production horticole pour les massifs fleuris de la ville. Les jardiniers n’y utilisent pas de pesticides, mais des insectes auxiliaires pour lutter contre les nuisibles. Des ateliers d’initiation au jardinage écologique y sont organisés. Au final, les jardins suspendus sont un exemple de réhabilitation de site très réussi, où les remparts de l’ex-fort abandonné protègent aujourd’hui des plantes plutôt que des équipements de guerre.

En pratique

Leur site : www.lehavre.fr

Comment y aller ?  À la mairie du Havre, marchez trente minutes (ou dix minutes à vélo) jusqu’à la rue d’Étretat, tournez à droite rue Cochet puis à gauche rue du Fort.

Tarifs et horaires : L’entrée des jardins est gratuite, celle des serres coûte 2 €. Les premiers sont ouverts toute l’année, et les secondes, tous les jours du 15 juin au 30 septembre et seulement les week-ends et jours fériés du 1er octobre au 14 juin.

Où dormir ? L’Hôtel des phares, en contrebas des jardins suspendus, propose des chambres à partir de 50 € la nuit. www.hoteldesphares.com

Un jardin participatif trop « fort »

Non loin des jardins suspendus se trouve le Fort de Tourneville. Depuis 2013, cet ancien site miliaire, laissé longtemps à l’état de friche, a été réinvesti par 25 associations culturelles. Ces deux dernières années, des projets agroécologiques se sont ajoutés, dont une « forêt jardin » en permaculture. Pas moins de 250 espèces végétales différentes ont été sélectionnées afin de sensibiliser la population à la diversité alimentaire.

www.fortdetourneville.com

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