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Le Plantarium de Gaujacq, une ouverture sur le monde

Le plantarium de Gaujacq

Au cœur du département des Landes, dans les jardins d'une demeure seigneuriale datant du XVIIe se niche le Plantarium de Gaujacq. Dans ce jardin botanique, ce sont des milliers d'espèces originaires des cinq continents qui offrent une belle diversité horticole organisée de façon à valoriser la capacité d'adaptation des plantes et leurs aptitudes « musicales » !

Le luxuriant Plantarium de Gaujacq est le fruit de nombreuses années d'élaboration et de recherches menées par Jean et Frédérique Thoby. « Nous nous sommes installés dans les jardins du château de Gaujacq en 1985, en établissant un bail emphytéotique [bail de 99 ans, NDLR] avec les propriétaires du château. Ceci nous permet de travailler le jardin comme nous le souhaitons, explique le pépiniériste. Nous avons commencé à planter au printemps 1986. Notre motivation, avec mon épouse Frédérique, était d'œuvrer pour la conservation de la diversité végétale. Tous nos efforts ont été concentrés en faveur des plantes en voie de disparition dans le monde entier. » Ainsi est né le Plantarium, ouvert au public depuis 1993 qui n'a cessé d'évoluer depuis. « Comme nous avons un climat très proche de celui du Japon, nous avons beaucoup de plantes asiatiques. C'est aussi un climat similaire aux montagnes sud-africaines, à certaines régions du Brésil. Nous avons donc des plantes venant des cinq continents. »

Voyage immersif en terre inconnue

En commençant à arpenter les 3,5 hectares de jardin, le visiteur ne tarde pas à se sentir en pleine communion avec la nature. Le paysage rural alentour offre déjà un grand sentiment de calme et de sérénité loin du bruit de la ville. Le jardin est dessiné avec diverses allées circulant entre des Lonicera nitida (chèvrefeuilles arbustifs) taillés très régulièrement et à l'aspect très formel, mais aussi de contre-allées passant au milieu des massifs invitant à une plus grande proximité avec la nature. Plusieurs chambres de verdure confèrent une ambiance assez intimiste à différents endroits du jardin. Entre les espaces de pelouses et les allées guidant le visiteur directement entre les végétaux, celui-ci se sent en immersion totale. « Il suffit de prendre son temps et de s'imprégner de la présence des végétaux », précise Jean Thoby.

Avec une belle harmonie entre chaleur et humidité, des compositions atypiques sont possibles. « Nous pouvons réunir des cistes (plantes méditerranéennes) avec des camélias du Japon, poursuit l'inventeur du Plantarium. Nous assemblons les végétaux ayant les mêmes besoins agronomiques. Il est très important de ne pas forcer les plantes dans un climat qui ne leur convient pas. C'est pour cela que nous n'avons pas de protections spécifiques ou de systèmes techniques pour conserver les plantes durant l'hiver ou l'été. Elles vivent toujours dans leur système biologique naturel et en parfaite adéquation les unes avec les autres. » Tout cela contribue à créer une ambiance bien singulière qui ne se retrouve nulle part ailleurs. « Les personnes ayant l'habitude de voyager ont le sentiment d'être ailleurs sans savoir dire où », sourit Jean Thoby. Entre Wisteria (glycine), Cryptomeria (conifère japonais), Acer ­laevigatum (érable à feuilles persistantes), ­ Poliothyrsis sinensis (petit arbre ornemental originaire du centre de la Chine) et les 2 000 espèces et variétés de camélias, le Plantarium de Gaujacq constitue un havre de paix agréable à visiter, ponctué d'événements propres à chaque saison, ­notamment le spectacle des camélias d'automne et ceux du printemps à découvrir dès le mois de février.

 

L'emblème de Joséphine de Beauharnais

L'impressionnante collection de camélias de la famille Thoby, qui compte plus de 2 000 espèces, a pris racine dès 1864 à la pépinière Henri Guichard de Nantes. À cette époque, les camélias sont encore méconnus en Occident. Mis au goût du jour par Joséphine de Beauharnais, les camélias étaient surtout cultivés à des fins horticoles pour être vendus en fleurs coupées. Puis ils deviennent l'emblème de Coco Chanel qui lance alors la mode du camélia blanc à la boutonnière. Les parents de Jean Thoby reprennent la succession de la pépinière au milieu du XXe siècle. Et en 2007, suite à une expropriation, les pieds mères sont transférés à Gaujacq. Dans la collection, on retrouve des Camellia sinensis, ou théier et des Camellia oleifera cultivés en Chine pour l'huile que l'on tire de ses graines.

La thérapie des plantes

La particularité de ce jardin réside aussi dans ce qu'il propose sur le thème de la musique des plantes. Tout au long de l'année, Jean Thoby nous invite à écouter les sons émis par le règne végétal lors de conférences-concerts permettant de faire le point sur les découvertes autour de cette thématique. Cet art végétal ne réjouit pas seulement nos oreilles. Le pépiniériste exploite la musique produite par les plantes pour évaluer leur état de santé et leur niveau de bien-être. Cet aspect-là s'avère particulièrement utile pour les plantes médicinales. « Les espèces pures ou les hybrides de première génération ont beaucoup plus d'activité électrique. Plus une plante est hybridée, plus elle est fragile. Le rôle d'un pépiniériste moderne est d'avoir des végétaux avec le plus d'activité électrique sinon ils ne sont pas autonomes, précise Jean Thoby. J'ai constaté lors de mes expériences que les plantes médicinales issues d'hybridation de quatrième ou cinquième génération posent un vrai problème. L'aspect santé s'efface dès lors que l'on est dans une logique de rendement. »

Une préoccupation que Jean et ­Frédérique Thoby s'efforcent de faire passer en sensibilisant à la sylvothérapie et à l'hortithérapie. Si les jardins n'ont pas particulièrement été pensés autour de ces thérapies, les nombreux voyages effectués dans le cadre de recherches botaniques ont influencé les deux créateurs. Ils travaillent notamment avec quelques associations d'aide aux personnes en situation de handicap, et constatent que le simple fait de se promener dans les jardins procure un véritable sentiment de bien-être.

 

Concert botanique

Au Plantarium de Gaujacq, on ne vient pas seulement admirer la beauté visuelle des plantes, on vient aussi écouter leur douce mélodie. Le propriétaire des lieux, Jean Thoby, utilise un boîtier pour enregistrer l'activité électrique d'une plante en réaction à son environnement. Il place une électrode sur une racine et l'autre sur une feuille ou une fleur. Celles-ci sont reliées au boîtier qui transforme la différence de potentiel électrique en signal sonore. Le boîtier, connecté à un ampli diffuse la mélodie des plantes et l'on assiste alors à de véritables concerts nés de l'interaction entre les plantes et le monde qui les entoure.

En pratique

Adresse Pépinière botanique et Plantarium, 125, route de Bastenes, 40330 Gaujacq. www.plantarium.eco

Comment y aller Depuis Paris sept heures en voiture via l'A10, ou trois heures trente en train jusqu'à la gare de Dax, puis 30 kilomètres en voiture jusqu'au Château de Gaujacq, accessible par la D58.

Horaires et tarifs Tous les vendredis et les samedis de 14 heures à 17 heures, ou sur rendez-vous. Tarifs : adultes 7 €, adolescents 4 €, gratuit pour les moins de 13 ans et les détenteurs d'une carte d'invalidité. Prochain concert de plantes le dimanche 8 décembre.

Où dormir Hôtel La Petite Couronne, à partir de 79 € la chambre, petit déjeuner inclus. Tél. : 05 58 79 38 37. www.hotel-lapetitecouronne.com

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