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Portrait : Christian Michel Lachaud, safranier

Christian Michel Lachaud, La Paradisière

Entre Corrèze et Limousin, Christian Michel Lachaud a créé La Paradisière, une safranerie où il cultive et produit à la main, avec passion, « l’or rouge », le Crocus sativus. Il témoigne ici de son expérience.

Avant d’être agriculteur, j’étais enseignant et chercheur dans le domaine psycholinguistique. Après ma thèse, j’ai travaillé en Californie et en Norvège. Puis, à 40 ans, en 2010, j’ai eu besoin de revenir en France, à mes racines, de retrouver la nature. J’ai repris notre vieille ferme familiale et je l’ai remise en état. J’y ai planté une cinquantaine de plantes aromatiques et médicinales, de la menthe à la verveine en passant par l’arnica, la camomille, la chélidoine, le fenouil, la lavande et le safran...

En 2013, j’ai débuté la commercialisation de mes plantes. Un an plus tard, j’ai préféré me concentrer sur une seule : le safran. J’avais voyagé en Inde et découvert ses nombreuses propriétés : antidépressive, hépato-protectrice, anticancéreuse, antibactérienne, régulatrice menstruelle. Cette épice soigne également les problèmes pulmonaires, intestinaux, digestifs, tendineux ainsi que musculaires, et elle facilite le sommeil. Elle est enfin utilisée en crème pour...

réhydrater et dynamiser la peau. Seule contre-indication : les femmes enceintes, car elle est abortive.

Une culture du safran manuelle

Dans ma ferme, je pratique une culture manuelle, à petite échelle, et mes produits 100 % naturels poussent sans agrochimie. Certaines étapes sont toutefois automatisées, comme la préparation du sol et le désherbage – lorsque le safran est en repos végétatif, en hiver et au printemps. Toute l’année, il me faut faire attention aux ravageurs et aux brouteurs. Quand quelques zones ont des problèmes de fertilité, que la terre s’y est appauvrie, j’arrête de les cultiver pendant deux ans. Une partie de mes terres est donc dédiée à la culture, l’autre à la jachère.

Mon voisin a un élevage bovin et me fournit du fumier naturel, source précieuse de vie microbienne. On ne met surtout pas d’engrais chimique, car cela tue les bactéries et institue une dépendance à cet apport artificiel. Nous favorisons la vie du sol, pour une fertilité douce et naturelle. En juillet, les parcelles sont prêtes, fumées ; on peut planter les bulbes. En octobre, on se rend à la safraneraie et on cueille les fleurs.

Puis l’on travaille en intérieur, à l’émondage : le pistil est extrait de la fleur et les stigmates sont sélectionnés, cette partie rouge que l’on sèche et déshydrate dans un four tiède avant de la conditionner à l’abri de la lumière pour éviter la réhydratation. Je vends ensuite les stigmates entiers, car en poudre le safran s’évente et s’oxyde. J’enseigne tout cela dans mes stages délivrés aux curieux comme aux passionnés.

À tester : un stage de safranier

Sur les terres de la Paradisière, Christian Michel Lachaud dispense des stages d’initiation ou à visée professionnalisante pour ceux qui souhaitent apprendre à cultiver cette épice rare, poussant aussi bien dans le Centre que le Sud de la France. Soit deux fois quatre jours pour faire le plein de conseils à la fois théoriques et pratiques. Et si vous deveniez safranier ?

Aller plus loin : Christian Michel Lachaud est également l’auteur de La Bible du safran et La Bible du safranier.

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