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Adoucir la douleur avec le saule

saule

Apprécié pour ses propriétés médicinales, le saule l'est également pour les multiples usages domestiques de ses rameaux souples (vannerie, fourrage, tuteurage, teintures). Il se plaît dans les lieux humides. Si ce n’est pas le cas de votre jardin, vous pourrez – sans mettre en péril la vie de l’arbre – prélever dans la nature l'écorce des rameaux qui est considérée, à juste titre, comme une véritable aspirine végétale !

À l’origine de l’aspirine

Arbre emblématique des Assyriens, le saule est connu des médecins de l’Antiquité (grecs, romains et chinois) pour ses propriétés médicinales. Grâce à la théorie des signatures qui consistait à attribuer les propriétés médicinales des plantes en fonction de leur apparence et de leur ­environnement, le saule a vite été considéré comme actif sur les troubles ­engendrés par ­l’humidité (fièvre, refroidissements). Au XIXe siècle, cet usage empirique a pu être ­expliqué par la présence, dans l’écorce, de ­composés salicylés à l’origine de la synthèse chimique ultérieure de l’aspirine (acide acétylsalicylique).

Le saule possède des qualités remarquables. Il inhibe les voies enzymatiques productrices d’éléments pro-inflammatoires (prostaglandines, TNF alpha). Par rapport à l’aspirine, il agit à dose plus faible grâce à la combinaison de deux facteurs. Les dérivés salicylés se combinent avec les autres ­composants tandis que certains salicylates deviennent actifs après intervention du microbiote intestinal et du foie. Ceci explique son action durable. Le saule est donc employé avec succès contre les états fébriles et pour soulager la plupart des douleurs : maux de tête, névralgies, douleurs dentaires et lombaires ainsi que celles des articulations. Enfin, contrairement à l’aspirine, l’écorce du saule n’a qu’un faible pouvoir fluidifiant sur le sang.

Au jardin

Le saule affectionne les lieux humides et les emplacements ­ensoleillés. Placé près d’un plan d’eau, l’arbre ­retiendra les berges grâce à ses racines. Installez-le aussi à bonne distance de la maison du potager ou d’autres plantes, à cause de l’ombre qu’il fournit.

Il existe plus de 400 espèces de saule. Le saule blanc (Salix alba), est considéré comme le chef de file des espèces médicinales. Cependant, d’autres espèces sont dotées de propriétés identiques, en ­particulier le saule pourpre (Salix purpurea), le saule faux-daphné (Salix ­daphnoides) et le saule fragile (Salix fragilis). Les autres espèces, dont notamment le saule pleureur...

(Salix babylonica), moins étudiées peuvent toutefois être utilisées. Le saule des vanniers (Salix viminalis) est surtout employé pour la vannerie et les haies tressées.

Plantation

La plantation s’effectue à l’automne en motte ou à racines nues, car la reprise est facile. Creusez un trou assez profond en ayant soin de bien ameublir ­préalablement la terre pour favoriser la bonne implantation des racines. Déposez un peu de compost bien décomposé au fond du trou. Positionnez le plant en ajoutant éventuellement un tuteur, rebouchez avec la terre, tassez et arrosez. Paillez le pied.

Entretien

La taille régulière du saule permet de régénérer sa ramure et d’obtenir de nouvelles pousses. Intervenez en automne, lorsque le ­végétal est au repos. Les premiers temps, optez pour une taille de « formation » en supprimant uniquement les branches latérales jusqu’à ce que l’arbre atteigne la hauteur voulue. Puis, entretenez l’arbre en coupant les branches mortes et celles qui envahissent trop le centre. Sachez qu’ensuite le saule supporte bien le rabattage franc de toutes les branches, en opérant au-dessus des bourgeons. Ceci est d’ailleurs la base de la taille en têtard.

Récolte

L’écorce, collectée au printemps sur les branches âgées de 2 à 5 ans, est la partie médicinale principale. Récoltez les rameaux. Rincez et essuyez-les bien. Incisez-les ­longitudinalement pour les peler. Séchez les morceaux au soleil ou au déshydratateur, sans dépasser 60 °C afin de préserver tous les principes actifs. Les chatons du saule sont cueillis au mois d’avril ou au mois de mai et sont séchés rapidement à l’ombre, en couche mince dans une pièce ventilée.

Recyclage Le saule est d’un grand intérêt écologique. Les rameaux procurent de bons tuteurs également utilisables en haies tressées vivantes tandis que les rameaux feuillés broyés serviront de paillage avantageux. Enfin, la macération de rameaux écrasés dans l’eau fournit une préparation gélifiée capable d’activer l’enracinement des autres plantes !

À l’atelier

Décoction antalgique d’écorce de saule

Grande simplicité alliée à une véritable efficacité, la décoction douce de saule permet de disposer de la majorité des principes actifs. Toutefois, certaines conditions opératoires sont à respecter. En effet, certains des composés salicylés sont sensibles à la chaleur et volatiles. Voici notre mode d’emploi pour une tisane antidouleur. Efficace aussi pour faire baisser la fièvre.

Mode d’emploi

  1. Prévoyez 10 g d’écorce séchée coupée en petits morceaux par demi-litre d’eau ou une à deux cuillères à café par tasse (environ 150 ml).
  2. Mettez l’écorce séchée dans l’eau froide et montez doucement en température, en couvrant le récipient. Laissez frémir deux à trois minutes avant de retirer du feu.
  3. Laissez infuser, toujours à couvert, pendant dix minutes puis filtrez.

Posologie : Buvez deux à quatre tasses par jour jusqu’à amélioration, sans dépasser trois semaines dans le cas de douleurs articulaires.

En association : Le saule s’associe volontiers à d’autres plantes selon les besoins, suivant le même mode opératoire.

Refroidissements ou états grippaux : Mélangez à parts égales l’écorce de saule, la reine-des-prés (sommité fleurie), le sureau (fleur ou fruit) et l’eucalyptus (feuille).

Douleurs articulaires, rhumatismes, tendinites : Mélangez à parts égales l’écorce de saule avec du cassis (feuille) et de la prêle (tiges stériles) ou du frêne (feuille).

Précautions d’emploi: Comme l’aspirine, le saule est contre-indiqué en cas d’hypersensibilité aux salicylés, d’asthme, d’ulcère et durant le troisième trimestre de la grossesse.

À savoir

Et avec les chatons de saule ?

On peut aussi utiliser les « fleurs » du saule en tisane, mais pour des indications différentes. Bien que la composition chimique soit mal connue, des composés œstrogéniques auraient été mentionnés. La tisane de chatons est principalement préconisée comme antispasmodique, notamment contre les douleurs menstruelles et comme sédatif. Mais attention, sans l’avis d’un professionnel de santé, l’action hormonale potentielle exclut un usage au long cours.

Autres préparations

Poudre d’écorce Une fois bien séchés, les morceaux d’écorces peuvent être broyés et pulvérisés dans un moulin. Conservez la poudre (un an) dans un récipient hermétiquement fermé, à l’abri de l’humidité. Posologie Une à trois cuillères à café par jour (on trouve la poudre aussi en gélules).

Teinture mère Suivez le mode ­opératoire classique (voir Plantes & Santé n° 201). Prenez 30 à 40 gouttes diluées dans un demi-verre d’eau, deux à trois fois par jour, sans dépasser trois semaines.

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