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La Fumeterre, une amère tonique

La Fumeterre

Les plaques de neige ont à peine fondu, et voici que pointent les jolies fleurs de la fumeterre (Fumaria officinalis), ces taches mauves sur fond blanc. C’est l’une des premières annuelles à s’offrir à nous à la sortie de l’hiver, à un moment où l’on devrait penser à faire la traditionnelle cure dépurative. Si les goûts amers ne vous font pas peur, je vous invite à me suivre.

Vous avez dit médicinal ?

Le mois dernier, nous évoquions les talents de la bardane en matière de cure dépurative, visant à évacuer les toxines accumulées dans l’organisme. J’aimerais ce mois-ci attirer votre attention sur la fumeterre. Cette plante excelle également dans cette tâche, en stimulant le foie et les reins. Galien, médecin grec de l’Antiquité, la recommandait déjà pour les obstructions et affections hépatiques. Comme avec la bardane, la cure se pratique sur une dizaine de jours à raison de deux petites tasses d’infusion par jour. En effet, il ne faut pas stimuler sans cesse les organes d’élimination. Le docteur Henri Leclerc nous confirme ceci, expliquant que la fumeterre, « tonifiante au début, devient par la suite  hyposthéniante, antipléthorique » (« Précis de  Phytothérapie », 1973). En d’autres termes, elle finit par fatiguer la personne qui la consomme sur le long terme. Il ne faut pas non plus envisager une cure dépurative si vous vous sentez particulière- ment fatigué par une série de maladies hivernales, ou après une longue...

convalescence, par exemple. Il y a un moment pour rebâtir, et il y a un moment pour dépurer et drainer. La fumeterre se prend plutôt lorsque vous vous sentez dans des états d’excès, avec une impression de lourdeur digestive constante et en cas d’apparition ou d’aggravation de maux de tête ou de problèmes de peau.

Au jardin 

La fumeterre est une annuelle que je n’ai jamais vue en jardinerie. Il faut donc avoir recours aux graines, ce qui n’est pas difficile car elles germent facilement.

Semer en évitant les pertes
Semez-les en fin d’hiver ou au tout début du printemps. En effet, la plante commence à fleurir dès le mois de février ou mars, et elle n’apprécie pas les grosses chaleurs. Elle a donc tendance à disparaître vers la fin du printemps selon les régions. Chez moi, en Provence, elle fait une première montée en graines vers mars ou avril, puis meurt, germe une deuxième fois à l’automne pour donner une deuxième montée avant l’hiver. Les graines sont grosses, il est donc facile de bien les disposer afin d’éviter les pertes par éclaircissement plus tard. À l’aide de votre doigt, quadrillez le bac de plantation de petits trous d’une profondeur d’un demi-centimètre, espacés de cinq centi- mètres. Placez une graine par trou, puis recouvrez délicatement de terreau, tassez bien et gardez humide jusqu’à germination. En suivant ces conseils, vous n’aurez pas besoin de sacrifier les plants qui poussent trop près les uns des autres. Repiquez ensuite les plantules en godet, puis en pleine terre lorsqu’elles sont solides.


Terre et arrosage
Dans mon jardin, la plante apprécie une exposition plein soleil les mois froids, puis mi-ombre mi-soleil lorsque les jours plus chauds arrivent. Elle se satisfait d’une terre pauvre et d’un arrosage occasionnel. Gardez-en un plant afin de récupérer les graines. Vous pouvez arracher les autres dès que la plante a fini de produire toutes ses fleurs. La fumeterre reste relativement petite, prévoyez donc une vingtaine de pieds pour une consommation personnelle. Récoltez la plante entière. C’est une annuelle, vous pouvez donc la couper à ras car elle ne disparaîtra pas.


Ramasse et séchage
Faites-la sécher soit en bouquets la tête en bas, soit à plat sur des grilles de séchage, dans un endroit ombragé et bien aéré. Une fois sèche, vous pouvez soit couper les branches en petits morceaux pour les stocker, soit les garder entières. La plante est stable au séchage et se garde plus d’un an si vous la conservez à l’abri de l’humidité. Dès que les graines commencent à tomber du plant que vous avez gardé, coupez les grappes et faites-les sécher entières. Les graines tombent ensuite plus facilement.

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