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Face à Parkinson,
des aliments partenaires
des traitements (1/7)

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative dont la prise en charge doit être globale. L’alimentation en fait pleinement partie, réduisant la symptomatologie et optimisant l’efficacité des traitements. Pour améliorer la qualité de vie des patients, il s’agit d’optimiser leurs apports en protéines, en vitamine B6 et en oméga-3, ainsi que leur synthèse de dopamine, qui se fait en particulier à partir de certains aliments. Analyse des interactions en jeu et sélection de recettes spécialement conçues.

Toujours préférer du raisin bio, car la vigne peut être exposée aux pesticides.

Parkinson : que manger pour booster sa dopamine ?

La maladie de Parkinson (MP) se caractérise par une atteinte d’une zone particulière du cerveau, la substance noire, dans laquelle on observe une destruction progressive des neurones dits dopaminergiques. Ces derniers produisent la dopamine, un neurotransmetteur intervenant principalement dans la régulation de la fonction motrice et des émotions.

D’où les symptômes les plus fréquents : tremblements, rigidité musculaire, trouble de l’élocution et de l’écriture, ralentissement des mouvements. Il est clair que poser le diagnostic le plus tôt possible, quand une partie des neurones dopaminergiques sont encore actifs, sera intéressant afin d’orienter les patients vers une alimentation favorisant la production de dopamine.

La tyrosine, l’atout du fromage

La dopamine est synthétisée à partir d’un acide aminé, la tyrosine, présent dans plusieurs aliments. On rencontre ce dernier principalement dans les œufs et les fromages (parmesan, emmental, mozzarella, édam), mais aussi dans les graines de courge et de tournesol, les cacahuètes, les pois chiches, l’avoine, la menthe verte, la ciboulette, les graines de carvi et de fenugrec.

Il faut aussi savoir que la synthèse de dopamine se fait principalement dans la première partie de la journée, pour ensuite diminuer progressivement. Afin de s’inscrire dans ce biorythme, on consommera des aliments contenant de la tyrosine avant le milieu d’après-midi.

En matière de chrononutrition, les personnes traitées avec de la lévodopa (principal traitement antiparkinsonien) seront attentives à prendre leur médicament une heure avant le repas ou deux heures après. En effet, son absorption digestive se fait en concurrence avec celle des protéines, qui sont, elles, plus facilement assimilées. Cela souligne l’importance, dans cette maladie, de la régularité des heures des repas et des prises de traitements. Tout grignotage est à éviter.

Les protéines sont particulièrement importantes pour préserver le capital musculaire fragilisé à la fois par l’âge et la maladie. Assurez-vous d’avoir des apports conséquents en privilégiant les sources comme le seitan, le tofu et les légumineuses, dont de petites quantités suffisent à couvrir les besoins.

Des sources de vitamines et d'oméga-3

Les légumineuses ont en outre l’avantage d’être une bonne source de fibres alimentaires et de lutter ainsi contre la...

constipation, symptôme très fréquent de la maladie. Associez-leur régulièrement des produits riches en vitamine B6 (noix, noisette, banane, avocat, pistache, ail), car elle intervient dans la synthèse de dopamine.

En outre, pensez à vous hydrater régulièrement. Misez pour cela sur les aliments riches en eau comme les fruits (clémentine, poire, pomme, raisin) et les légumes (carottes, artichaut, céleri), et qui contiennent en plus des fibres : association parfaite pour améliorer le transit. En complément de ce duo fibres-eau, consommez des aliments lactofermentés afin de soutenir votre flore intestinale.

Enfin, il serait bon d’ajouter quotidiennement des sources d’acides gras oméga-3, notamment les acides gras eicosapentaénoïque (AEP) et docosahexaénoïque (ADH). Leur rôle sur la bonne santé du cerveau est démontré depuis longtemps, en particulier dans les pathologies neurodégénératives comme ­Parkinson et Alzheimer. Il est donc pertinent d’intégrer un peu de poisson dans un régime végétarien, car seule une petite partie de l’acide alpha-linolénique renfermé par les sources végétales (graines de lin, de chia) est transformée en AEP et ADH, acides gras qui sont au contraire très présents dans les poissons. Préférez ici les plus petits, tels les sardines ou les maquereaux, afin de diminuer le risque de contamination par les métaux lourds.

L’intérêt du pois mascate

Originaire des régions tropicales d’Inde, le pois mascate (Mucuna pruriens) est une légumineuse traditionnellement utilisée en médecine ayurvédique dans le traitement de la maladie de Parkinson. Plusieurs études sur modèle animal ont montré une réduction de la symptomatologie. Chez l’homme, les résultats semblent prometteurs, mais restent à confirmer. Sa teneur en lévodopa, précurseur de la dopamine, participerait à ses effets positifs – mais pas seulement : on suppose que c’est sa richesse en différents principes actifs qui joue, comme le suggèrent les études comparant l’apport du pois mascate à celui de la lévodopa seule. Non seulement le taux plasmatique de la lévodopa était augmenté, mais une réduction de certains symptômes très gênants, comme les dyskinésies, a été observée. On trouve du pois mascate en gélules et en poudre, et certains lecteurs de Plantes & Santé ont même réussi à en faire pousser dans leur jardin.

Perrier et smoothies pour tous

Les personnes malades rencontrent très souvent des troubles de la déglutition, eux-mêmes causes de dénutrition. Voici donc quelques astuces nutritionnelles : remplacez l’eau plate par de l’eau pétillante, les jus de fruits par des smoothies (qui sont épais et ont une meilleure qualité nutritionnelle, préservant les nutriments et les fibres), et préparez des plats en sauce. La béchamel se fera au lait de châtaignes et farine de pois chiche (ou de soja, lupin pour leur teneur en tyrosine) ; ces farines peuvent d’ailleurs être utilisées pour épaissir tout bouillon. Si le goût vous dérange, optez pour la farine de riz, très neutre. En dessert, misez sur les gelées de fruits, les yaourts au lait de soja ou de chèvre, les crèmes à la vanille ou au chocolat.

Il est important de conserver la notion de plaisir quand on mange, d’autant que la maladie s’accompagne d’une perte de l’odorat qui modifie le goût – pour certains scientifiques, cette perte de l’odorat pourrait d’ailleurs être un signe précurseur de la maladie. Enfin, relevez vos plats avec des épices et des herbes aromatiques à la saveur plutôt puissante comme le curcuma, le safran, la cannelle, le basilic, l’origan ou le raifort. Les marinades sont une délicieuse solution : du tofu mariné dans le miel, le vinaigre balsamique et le thym fait des merveilles sur les papilles !

Et en prévention ?

La maladie de Parkinson touche principalement les hommes de plus de 65 ans. Si les formes héréditaires sont plutôt rares, faire des choix alimentaires protecteurs au plus tôt est toujours pertinent, et d’autant plus s’il y a des cas dans la famille. Pour optimiser les effets anti-inflammatoires et antioxydants des oméga-3 tout en limitant ceux, pro-inflammatoires, des oméga-6, mettez à votre menu des noix et des salades de pourpier, et privilégiez les huiles de colza, de lin et de chanvre. En parallèle, consommez des fruits rouges et des fruits des bois (mûre, framboise, myrtille, fraise, cassis), riches en anthocyanes, ces antioxydants de la famille des flavonoïdes qui ont apporté la preuve scientifique de leur efficacité dans la prévention de la maladie. Une délicieuse protection.

Les pesticides, des facteurs de risque

Le rôle des pesticides dans ­l’apparition de la maladie de ­Parkinson est démontré depuis plusieurs années. D’ailleurs, ­Parkinson est reconnue en maladie professionnelle pour les ­agriculteurs depuis 2013 du fait de leur exposition accrue aux ­pesticides. Différents mécanismes (dégénérescence neuronale, stress oxydant, dysfonctions ­mitochondriales) aboutissent à la destruction des neurones ­dopaminergiques, entre autres. Une étude publiée en 2017 a ­montré que l’incidence de la maladie dans la population ­générale ­augmente avec ­l’importance des surfaces ­cultivées, notamment de vignes. Sachant que la viticulture est très « gourmande » en produits ­phytosanitaires, cela corrobore leur responsabilité dans la genèse de la maladie. Et nous donne une raison de plus de privilégier les produits issus de l’agriculture biologique.

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