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Hommage au Dr Pierre Tubéry, découvreur du desmodium (partie 2)

C’est à la fois un passionné de recherche et un grand médecin humaniste qui vient de nous quitter en ce 25 janvier 2017, à près de 88 ans. On doit en effet au Docteur Pierre Tubéry la découverte du Desmodium, qui fait des prouesses quand il s’agit de protéger et régénérer le foie. Si cette médicinale africaine est aujourd’hui considérée comme une des plantes majeures de notre pharmacopée, on a du mal à imaginer la difficulté des conditions dans lesquelles le Dr Tubéry a non seulement fait ses recherches mais aussi soigné d’innombrables personnes au fil des ans. Voici l’un des rares entretiens qu’il a accordé à Bernard de Peufeilhoux de l’association Solidarité pour le Soutien aux malades.


Après plusieurs années passées à étudier sur le terrain la pharmacopée africaine, le Dr Tubéry rentre en France. Commence alors un long parcours afin de rendre l’utilisation du desmodium accessible aux malades. 

B.P. : En 1967 vous rentrez définitivement en France.

P.T. : En effet nous sommes revenus en France, (…) parce que nous avions, en Algérie, confirmé l’intérêt de ce qui devait être la préoccupation du reste de mon existence : l’étude et la valorisation de la pharmacopée africaine. L’intérêt des plantes a été confirméà Villejuif, où l’on a fait des tests sur la leucémie des souris qui se sont avérés positifs (avec la Gnaussia Ndlr) (…). Anne-Marie a eu un rôle fondamental à ce moment-là. Elle a pris un travail – médecine du travail – ce qui a permis une vie familiale et nous a procuré ce qu’il fallait pour vivre. Cela m’a libéré complètement pour faire de la recherche à la Faculté des sciences de Toulouse. J’ai été hébergé par un ancien ami d’études, le professeur Montant, spécialiste des végétaux, des champignons… C’est dans le service du Professeur Montant que j’ai fait la connaissance de Jacqueline Ragot. Elle était chargée de recherche au CNRS. Elle était bardée de diplômes alors que moi j’étais encore tout neuf au point de vue chimie avec un certificat d’immunologie. (…) Un beau jour, elle a abandonné son poste de recherche au CNRS, et pour un petit SMIC m’a rejoint pour étudier la chimie des plantes africaines. (…) À un moment donné, on a eu une descente de police, en 1980, pour pharmacie illégale. Cela a tourné court, car le juge d’instruction, voyant que c’était pour une forte cause et que nous étions de braves gens, a donné un non-lieu, facilité par l’amnistie présidentielle quand Mitterrand est arrivé. Des embêtements, j’en ai eu en pagaille, mais je ne veux pas en parler pour ne pas être agressif (…). Il y a un proverbe africain que j’aime citer : « Si tu ne peux pas marcher sur la tête du serpent, tu ne marches pas sur la queue. » 

B. P. : Pour vous, que veut dire soigner ? Si vous aviez quelque chose à transmettre, que diriez-vous ?

P. T. : Hippocrate disait : « Guérir quelquefois, soulager souvent, consoler toujours. » Je crois que c’est quelque chose qui reste vrai. Chercher à guérir le plus souvent possible est une priorité, et ça, nos produits nouveaux y ont contribué.Quand on a, par exemple, trouvé le Desmodium, on l’a utilisé pour soigner l’hépatite virale. Désir d’apporter du mieux dans l’arsenal thérapeutique. Ce que je peux dire encore, c’est (…) qu’il faut une grande liberté dans les prescriptions thérapeutiques, les options médicales,mais un contrôle de l’efficacité, une évaluation sont nécessaires. Certes, on peut répéter comme l’a dit Pasteur :avoir des hypothèses folles, des espoirs démesurés, mais savoir redevenir de glace quand on fait l’évaluation. On peut avoir tous les enthousiasmes quand on est dans l’hypothèse, mais, quand on arrive à l’évaluation, il faut revenir à la réalité vraie, pas à la petite satisfaction que l’on peut avoir soi-même, être de glace, un observateur indépendant. C’est ce que l’on appelle la vérification scientifique, l’évaluation. Puis, par la conciliation,la prise en compte de la personne dans son ensemble, on sait très bien que le produit que l’on propose est plus ou moins efficace, mais ce qu’on appelle l’effet placebo, qui a un côté peut-être négatif, péjoratif, est en fait une bonne chose. On peut appeler cela autrement : on peut dire que c’est un effet d’entente avec le malade, un effet de communion avec lui. Si vous voulez, la communion avec le malade a une efficacité certaine, c’est en grande partie un facteur de guérison. La communion avec la personne est essentielle. Souvent des gens m’appellent pour une maladie grave ; quelquefois je peux faire quelque chose, mais souvent je ne peux rien ; de toute façon cela fait beaucoup de bien que l’on parle de la maladie, que la personne puisse dire ce qu’elle veut. (…) Il faut arrêter de dire : « Vous en avez pour trois mois. » On n’en sait rien. (…) Dans l’acte de soigner, il y a l’accompagnement qui est fait de l’écoute, de l’attention que l’on porte à l’autre, avec la prise en compte de la personne dans sa globalité.

B.P. : Au bout d’un tel parcours, je vous devine habité par le souci de rendre aux Africains, d’une manière ou d’une autre, tout ce que vous leur devez.

P.T. : Ne vous en faites pas nous ne risquons pas de « rouler des mécaniques ». (…) En effet, les domaines dans lesquels nous souhaitons être utiles nous réservent trop d’échecs pour que nous tirions quelque vanité de notre travail. Cancérologie, hématologie, maladies auto-immunes, etc. nous révèlent la pauvreté de nos résultats. (…) Par ailleurs nous avons eu la chance de travailler dans des structures (Association Solidarité, Centre de recherche phytothérapique) qui ne pervertissent pas leur finalité, (…) à savoir, proposer des remèdes les plus innovants et les moins chers possibles. Mais tout ceci ne serait pas possible sans le cadeau que nous ont fait les Africains de leur savoir ancestral. En effet, tous les peuples de la terre disposent, certes, d’un capital thérapeutique toujours issu des plantes médicinales. Mais l’Afrique, en raison de circonstances particulières et défavorables à la vie humaine (je pense en particulier aux pygmées de la forêt vierge), a été obligée d’avoir une médecine performante même si la structure sociale des tradi-praticiens empêche l’universalisation des connaissances. C’est à la science moderne qu’incombe le devoir de cette universalisation en étudiant scientifiquement la pharmacopée africaine. C’est une justice élémentaire que de rendre aux Africains le bénéfice du partage de leur savoir.

À lire : «  30 années de Solidarité avec les malades », de Bernard de Peufeilhoux, par l’Association Solidarité pour le Soutien aux malades 

Site du Dr Tubéry : tubéry.pierre.free.fr et www.crp-phyto.com

La première partie ici :

Hommage au Dr Pierre Tubéry, découvreur du desmodium (partie 1)

 


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