• La consoude est très utilisée pour soigner les conséquences d’agressions cutanées telles que les petites brûlures et blessures, les cicatrices, coupures, gerçures..

La consoude : un solide appui

Magnifique et plantureuse, la consoude officinale possède de nombreuses vertus thérapeutiques. Un de ses principes actifs la classe parmi les plantes vulnéraires même si on tenta plusieurs fois de la discréditer. Il faut l’utiliser avec discernement.


La consoude a un long passé thérapeuthique. Elle est connue depuis des millénaires pour ressouder les os. Cette propriété lui a d'ailleurs valu son nom, mais ce n'est pas la seule. Les Grecs de l'Antiquité, persuadés qu'elles refermaient les plaies ouvertes, utilisaient ses racines juteuses en applications externes. Dioscordie et Gallien connaissaient aussi la consoude, et s'en servaient contre les problèmes respiratoires et gastro-intestinaux. Ces emplois de la plante, utilisée également au Moyen-Âge en cuisine, s'ajoutèrent à de nombreuses autres médications. Hildegarde de Bingen le recommande chaudement au XIè. Le sirop de consoude pour lutter contre les maladies de poitrines a fait la renommée de Fernel, médecin d'Henri II.

De multiples utilisations de la consoude se propagèrent ainsi jusqu'au XVIIè siècle, puis l'engouement pour cette plante déclina. L'arrivée du plâtre, plus fiable et surtout plus pratique, l'éclipsa. Mais en 1912 l'identification de certains de ses principes actifs, tels l'allabtoïne, qui accélère la multiplication cellulaire, la remit sur le devant de la scène. Le docteur Henri Leclerc l'utilisa à bon escient pour soigner les brûlures des soldats de la Première Guerre mondiale. Pourtant, dans les années quatre-vingt-dix, des études scientifiques mettent en cause ces pratiques millénaires. L'une d'entre elle, portant notamment sur des rats, fait état de nuisance hépatique pouvant se traduire par un cancer du foie. Mais la polémique s'éteint et le IIIè millénaire confirme son retour en grâce.

Adoucissante, vulnéraire, astringente, pectorale… 

  • La consoude n’est plus utilisée pour réparer les os mais elle soulage encore bien des maux inflammatoires tels que les rhumatismes, l’arthrite et les douleurs musculaires.
  • La consoude est aussi très utilisée pour soigner les conséquences d’agressions cutanées telles que les petites brûlures et blessures, les cicatrices, coupures, gerçures… ses propriétés cicatrisantes et vulnéraires sont très appréciées.
  • Autrefois, les nourrices s’enduisaient le mamelon de racine de consoude pour soulager et guérir les gerçures dues à l’allaitement.
  • À noter : en phytothérapie, on utilise les racines récoltées au printemps et les feuilles recueillies de juin à septembre.

Conseils de culture

La majestueuse consoude nourrit et soigne les autres végétaux. Il est impératif de choisir très soigneusement son emplacement : ses racines vont à plus d’un mètre de profondeur et émettent des rejets à surveiller de près, la plante peut vivre au moins vingt ans !

Où ?

Les consoudes ont une très nette préférence pour les sols frais, riches et humides à exposition ombragée mais peuvent supporter une situation ensoleillée et moyennement sèche.

Quand ?

La consoude se multiplie par divisions de racines au printemps et à l’automne ou par semis de printemps. On la trouve en pépinières, dans les bonnes jardineries et elle peut être prélevée dans les bois. Les principales variétés de consoude sont la grande consoude (Symphytum officinale), très fréquente en raison de sa dissémination par graines. C’est surtout elle qui colonise nos sous-bois et zones humides. 

La consoude hérissée (Symphytum asperum). La consoude de Russie (Symphytum uplandicum) provient de l’hybridation des deux premières. Elle ne donne pas (ou très rarement) de graines et n’est donc pas envahissante.

Comment ?

Gourmande en eau, la consoude est également vorace. Engrais, compost et/ou fumier, même frais, sont des menus qu’elle apprécie grandement. Couper ses fleurs a deux avantages : vous favoriserez ainsi la croissance des feuilles, et vous limiterez les semis spontanés…

Les loches, limaces et autres escargots raffolent de la consoude : gardez-les à l’œil. En fin d’été, la rouille et l’oïdium peuvent aussi attaquer cette plante.

Le tour de main de l’herboriste

  • Bain douceur : 2 litres d’eau, 300 g de racine fraîche, 2 grosses poignées de feuilles
  1. Coupez la racine en fines tranches et les feuilles en 2 ou 3 trois morceaux.
  2. Mettez les tranches de racine dans l’eau froide et faite-les chauffer jusqu’à ébullition.
  3. Ajoutez alors les feuilles, couvrez et coupez le feu.
  4. Laissez infuser 30 minutes. Filtrez et versez dans l’eau du bain.
  • Cataplasme adoucissant : 2 c. à s. soupe de feuilles finement hachées, 1 c. à s. de fécule de maïs, 1 c. à c. de miel
  1. Mélangez tous les ingrédients. Étalez sur une peau irritée ou sèche. Laissez poser 30 minutes et rincez à l’eau tiède. Mieux, une infusion de feuilles de consoude ou de mauve. À noter : faites bien sécher les feuilles puis conservez-les dans un carton. L’hiver, lorsque vous en aurez besoin, vous broierez ces feuilles, y ajouterez un peu d’eau pour obtenir une pâte épaisse et vous l’utiliserez en cataplasme comme ci-dessus.
  • Bain pour pieds abîmés : 250 g de racine fraîche (ou 120 g de racine sèche), coupée en tranches fines, 1 litre d’eau
  1. Mettez la consoude dans l’eau froide et faites chauffer jusqu’à ébullition.
  2. Laissez infuser jusqu’à refroidissement. Filtrez.
  3. Ajoutez à l’eau tiède de votre bain de pied et barbotez 20 minutes.

Plantes et Santé vous aide à découvrir le trésor caché dans votre jardin, qui rend la vie belle et joyeuse.


Ces conseils ne vous dispensent pas de consulter en premier lieu un médecin pour établir un diagnostic. Vous pouvez également vous faire accompagner par un thérapeute en médecine complémentaire. Pour en trouver un près de chez vous, rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com