• Aude Maillard, intestin irritable

Apaiser l'intestin irritable avec l'aromathérapie

VIDEO - Le syndrome de l’intestin irritable, très proche de la maladie de Crohn, laisse la médecine occidentale dans l’impasse thérapeutique. Pour la personne concernée, cette maladie implique de revoir totalement son hygiène de vie. L’aromathérapie va l’aider dans ce chemin tout en la soulageant. Voici les conseils d'Aude Maillard


En position centrale dans le corps, sur une zone vulnérable car non protégée par une structure osseuse, les intestins sont un carrefour de santé. Ce sont les piliers du tonus général de l’organisme, acteur principal du métabolisme, de l’immunité et de l’équilibre psychique.

Les dernières avancées scientifiques soulignent le lien étroit, complexe et subtil qui existe entre les sphères digestive, immunitaire et psycho-émotionnelle. On parle d’un deuxième cerveau. L’immunité est active à tout instant du jour et de la nuit, permettant de reconnaître l’altérité et de s’harmoniser avec l’environnement. Les émotions, elles aussi, et les neurotransmetteurs qu’elles stimulent impactent instantanément le carrefour digestif et son rempart immunitaire.

De la transformation des aliments et de ce qu’en font ensuite les intestins découle un précieux équilibre, au plus profond de chaque être humain, propre à chacun. Il est représentatif de ses empreintes les plus intimes, à savoir ses compétences immunitaires, mais aussi son aptitude à gérer ses émotions. Lorsque les intestins sont en déroute inflammatoire, c’est le sujet dans sa globalité qui perd pied, et il comprend que le chemin de guérison nécessite une remise en question complète. Tout cela s’apparente à une quasi-quête identitaire.

Ce tuyau ne se contente pas d’être long (plus de 7 mètres). Il est aussi largement déployé du fait des nombreuses villosités qui constituent sa paroi. Ainsi, sa surface étalée atteindrait 400 m2 ! Cette interface a un rôle crucial : faire barrage à l’ennemi et laisser passer les alliés vers la circulation sanguine, mais aussi stimuler en permanence l’immunité pour la maintenir en veille et réactive.

Intolérances alimentaires et inflammation 

Lorsqu’il arrive au niveau des intestins, le bol alimentaire est déjà transformé en matériaux reconnaissables et assimilables. Mais tous ces nutriments peuvent potentiellement constituer une menace et ne pas être reconnus. En effet, cette douane est constituée d’une troupe d’agents de combat : globules blancs (leucocytes), cellules dendritiques, plaques de Peyer, lymphocytes… Au cas où un antigène – autrement dit un ennemi – serait détecté, ces cellules sortent des munitions pour le neutraliser. C’est la réaction inflammatoire, avec tout ce qu’elle peut occasionner comme dégâts collatéraux.

Or l’alimentation moderne, pauvre en produits frais et crus venant de la terre, mais riche en produits laitiers, en gluten issu d’hybridation, en céréales raffinées, en molécules de synthèse comme les médicaments, les conservateurs et autres additifs alimentaires, draine bon nombre de molécules étrangères et non reconnues au niveau de la sphère digestive.

Cet apport toxique excite l’immunité intestinale et crée de multiples micro-foyers inflammatoires au niveau de la paroi intestinale. On parle alors d’intolérances alimentaires, et cette altération fonctionnelle s’accompagne systématiquement d’un grand bouleversement : ballonnements, troubles du transit plus ou moins invalidants, douleurs intestinales soulagées par l’évacuation des selles, troubles psycho-neuro-émotionnels dans un quotidien perturbé. Car le système digestif est directement relié au cerveau via le nerf vagal ; il impacte donc l’humeur et le comportement. Le premier réflexe en cas d’intolérances alimentaires est le retour aux sources et à la nature.

Des huiles essentielles bien adaptées à l'intestin irritable

Apparues sur la planète il y a 300 millions d’années, les molécules aromatiques, issues pour la plupart de plantes alimentaires aux qualités gustatives évidentes, sont destinées à être ingérées par l’homme et les animaux. La flore aromatique et la flore bactérienne intestinale ont donc co-évolué depuis des millénaires, gage d’une reconnaissance et d’une bonne assimilation au niveau intestinal. Si le microbiote s’ensemence grâce aux bactéries ingérées présentes sur les végétaux crus, les plantes aromatiques alimentaires apportent un soutien physiologique aux fonctions digestives.

L’homme a donc un intérêt évident à consommer ces molécules aromatiques (plantes ou huiles essentielles) et à les amener au niveau de son interface digestive immunitaire. Toutefois, les huiles essentielles (HE) offrent des actifs plus concentrés que les plantes dont elles sont issues, pour un effet non plus physiologique mais thérapeutique. Pour relaxer les muscles lisses et rafraîchir les intestins trop chauds, certaines HE aux propriétés anti-inflammatoires et régulatrices neurovégétatives sont particulièrement adaptées.