Plantes et Santé Plantes et santé : le site de la phytothérapie

Brûlures d’estomac comment éteindre l’incendie

brûlure d'estomac

De la simple sensation d’inconfort aux aigreurs véritablement douloureuses, les brûlures d’estomac sont un mal bien commun qui empoisonne l’existence et expose au risque de carences, voire de surpoids. Si, dans tous les cas, l’origine de la douleur doit être traitée, les recommandations nutritionnelles peuvent aussi aider à soulager.

Quand nous mangeons, les aliments subissent différents processus de transformation au cours de la digestion, dont le but est d’extraire et d’absorber les éléments nécessaires au bon fonctionnement de notre organisme. L’estomac joue un rôle clé grâce à la sécrétion du suc gastrique qui comprend, entre autres, de l’acide chlorhydrique responsable de son pH très acide. En temps normal, notre estomac est capable de se protéger de cette acidité par différents mécanismes, et nous ne ressentons aucune gêne. Cependant, quand la muqueuse est altérée, les douleurs apparaissent. La gastrite est par exemple une inflammation diffuse de la muqueuse. On la différencie de l’ulcère, véritable plaie localisée soit dans l’estomac, soit à sa sortie, au niveau de la jonction avec le duodénum. Hormis le stress, ces deux affections ont pour origine l’infection à Helicobacter pylori, une bactérie capable de résister à l’acidité de son environnement. Si c’est le cas, un traitement aux antibiotiques sera nécessaire.

En cas de gastrite ou d’ulcère duodénal, la douleur est surtout provoquée par l’arrivée des aliments qui déclenchent la sécrétion du suc acide, et donc l’irritation. On a alors tendance à moins manger. Dans le cas d’un ulcère, c’est le contraire : il y a toujours un peu de suc gastrique dans l’estomac, même entre les repas. Il irrite l’ulcère et provoque des douleurs que l’on essaie de calmer en mangeant. On parle alors de sensation de faim douloureuse.

Autre affection responsable de brûlures, le reflux gastro-œsophagien, qui touche près d’un Français sur trois: à la jonction entre l’œsophage et l’estomac, il existe un sphincter empêchant les remontées acides. Si ce sphincter ne fonctionne pas correctement, le suc gastrique remonte et provoque des lésions responsables de douleurs, en général à la partie supérieure de l’estomac, voire tout le long de l’œsophage.

Gare aux protéines et aux épices

Dans tous les cas, les boissons et aliments irritants sont à éviter. Le café et le thé augmentent la sécrétion de suc gastrique. Ils contiennent des méthylxanthines, substances favorisant le relâchement musculaire au niveau du sphincter inférieur de l’œsophage et provoquant un reflux. Remplacez vos boissons chaudes par des préparations à base de céréales comme la chicorée, l’orge et le seigle. Légèrement amères, elles peuvent être adoucies en ajoutant des laits végétaux à base d’amande ou de châtaigne. Évitez en revanche le lait d’origine animale : pourtant largement recommandé pour...

soulager les brûlures d’estomac, il est en fait à éviter. L’effet ne sera que temporaire et les douleurs reprendront souvent de plus belle. Il contient en effet des protéines – les caséines – qui favorisent la sécrétion d’acide chlorhydrique, ce qui augmente encore l’acidité du suc gastrique et majore les douleurs. C’est vrai pour toutes les protéines, donc pensez à faire des associations : quand vous consommez des légumineuses riches en protéines comme les lentilles, les pois chiches ou les haricots secs, ajoutez des légumes (carotte, betterave, haricot vert, brocoli, chou) qui, outre leur caractère alcalinisant, vont diluer le suc gastrique et faire diminuer l’acidité.

La plupart des épices (piment, curry) ont aussi tendance à déclencher les douleurs car elles sont irritantes. Remplacez-les par des herbes aromatiques (basilic, aneth, fenouil, estragon). Ce n’est toutefois pas le cas du cumin et du curcuma qui calment la douleur et ont une action anti-inflammatoire. Ils se marient très bien avec les légumes, que vous pourrez préparer en jus ou en smoothie. Il vous suffira ensuite d’en saupoudrer une pincée et de mélanger. C’est un véritable concentré apaisant, à boire à température ambiante. En ce qui concerne les fruits, il n’y a quasiment pas de restriction. Privilégiez la banane, la poire et la pomme. La question des agrumes (orange, pamplemousse) est plus problématique : les personnes souffrant de brûlures d’estomac ne les supportent pas très bien, le plus souvent. Consommez-les selon votre tolérance, mais évitez les jus : le fruit entier sera mieux toléré.

Attention aussi à tout ce qui va altérer le bon fonctionnement du sphincter inférieur de l’œsophage, laissant alors la porte ouverte au reflux et aux douleurs qui en découlent. Pour optimiser son fonctionnement, bannissez le tabac et l’alcool de votre quotidien. Par ailleurs, veillez à avoir des apports suffisants en calcium : les légumes verts à feuilles (épinard, brocoli, chou, artichaut) mais aussi le persil, la sauge et la marjolaine.

Oméga 3 et cuisson vapeur

Allégez vos repas en matières grasses: les lipides sont les nutriments qui restent le plus longtemps dans l’estomac, ce qui aurait tendance à favoriser le relâchement du sphincter et donc, les remontées acides. Privilégiez plutôt les sources d’acides gras oméga 3, comme l’huile de lin et les noix : ils sont anti-inflammatoires et contribuent à l’apaisement des douleurs. Ne négligez pas non plus le mode de cuisson, qui peut altérer votre digestion : optez pour la vapeur et oubliez la friture.

Buvez suffisamment (au moins un litre et demi d’eau par jour) et préférez l’eau plate. L’eau gazeuse fait gonfler l’estomac qui se remplit d’air, déclenchant ainsi un reflux. De même, les sodas sont à proscrire : outre le gaz, certains contiennent de la caféine. Enfin, on ne le répétera jamais assez, pratiquez une activité sportive et luttez contre le surpoids, deux facteurs favorisants.

« Mon amie Isabelle souffrait de brûlures d’estomac. Tiraillée entre les besoins de sa famille et les exigences de son travail, elle était devenue accro à des médicaments qui soulagent les symptômes temporairement, sans les résoudre. Lorsqu’elle a adapté son alimentation selon les recommandations, ses douleurs ont disparu rapidement. Suite à des écarts alimentaires en vacances, les symptômes sont revenus... Mais depuis qu’elle s’est remise à suivre les menus adaptés, elle se porte fort bien et est très heureuse d’avoir trouvé du même coup réponse à la sempiternelle question : « Qu’est-ce  qu’on mange ce soir ? »

Cinzia Cuneo cofondatrice de SOSCuisine.com

Adoptez un rituel antistress

Le stress est probablement l’un des principaux facteurs favorisants les brûlures d’estomac : les douleurs sont souvent plus importantes en période de stress aigu. Pour y remédier, prenez l’habitude de boire une infusion une à deux fois par jour. La préparation prend alors la forme d’un rituel apaisant et vous bénéficiez des principes actifs des plantes. Les graines d’anis et de fenouil sont réputées pour soulager les maux d’estomac. Vous pouvez y associer des plantes aux vertus sédatives et antistress comme la mélisse ou la passiflore. 

Remplacer le chocolat, c’est possible!

Malgré son goût délicieux, le chocolat accentue souvent les brûlures d’estomac. Cela s’explique par la présence de substances favorisant le relâchement des muscles : l’estomac se vidange moins bien et le sphincter se relâche. Il contient aussi de la caféine qui augmente les sécrétions acides. Tournez-vous alors vers la farine de graines de caroube. Elle a le même goût que le chocolat sans en avoir les inconvénients : pas de caféine et plus riche en calcium. En boisson instantanée, elle remplacera un bon chocolat chaud. Vous pouvez aussi l’utiliser en pâtisserie pour confectionner gâteaux et sablés. Sa saveur étant plus sucrée que le chocolat, divisez les apports en sucre par 3 ou 4.  

La guimauve plus adoucissante que les médicaments

La racine de guimauve contient des substances adoucissantes pour l’estomac et l’ensemble du tube digestif : les mucilages. Ils forment une couche visqueuse protectrice sur les muqueuses et diminuent la sensation douloureuse en formant une sorte de pansement. Il s’agit donc d’une alternative naturelle aux traitements médicaux comme les IPP (inhibiteurs de la pompe à protons). Ces médicaments utilisés pour diminuer l’acidité gastrique et les douleurs sont loin d’être dénués d’effets secondaires, comme celui d’augmenter les risques d’ostéoporose. La guimauve peut tout à fait être utilisée en première intention pour soulager. Vous la trouverez facilement sous forme de poudre de racines séchées. Il vous suffit alors d’en diluer une cuillère à café par jour dans un verre d’eau. Vous pouvez aussi vous en servir en cuisine, elle fera office d’épaississant dans une soupe ou une crème dessert, sans en altérer le goût. 

Cet article est reservé aux abonnés.
Pour lire les 78% restants de cet article,
Inscrivez vous gratuitement à la newsletter Plantes et Santé
Recevez chaque semaine nos conseils de bien-être par les plantes, astuces et recettes à faire vous même pour retrouver Equilibre et Santé
Votre inscription a bien été prise en compte 
Politique de confidentialité