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Névralgies, la douleur à bout de nerfs

Ravintsara (Cinnamomum camphora CT cinéole)

Lorsque les nerfs fourmillent ou s’échauffent, la douleur peut parfois devenir insupportable. Même des antalgiques puissants n’en viennent pas à bout. La médecine aromatique, en synergie avec les protocoles conventionnels, peut apporter du réconfort pour gérer l’état douloureux.

Si la gestion de la douleur a fait d’énormes progrès ces dernières décennies, les douleurs neurogènes restent bien souvent rebelles, ne trouvant pas de réponse dans les antalgiques habituels et les anti-inflammatoires. Les nerfs sont des fibres qui peuvent être assimilées au «réseau électrique » de l’organisme. Ce réseau a en charge la connexion et la commande de l’ensemble du corps pour assurer cohérence et homéostasie, nécessaires à l’état de santé. La commande est double: un système volontaire par les nerfs moteurs qui assurent les mouvements et la mobilité, et un autre système autonome pour assurer les grandes fonctions vitales, à savoir la respiration, la digestion et l’activité cardiaque. Ce tissu nerveux, qui véhicule l’information et répond aux stimuli, peut dans certaines circonstances perdre sa fonctionnalité et son intégrité, et exprimer différents symptômes.

Des douleurs neurogènes infectieuses et inflammatoires

Ce qu’on appelle névralgies peut trouver des origines variées. Elles peuvent être infectieuses, mais aussi inflammatoires avec la compression d’un nerf (canal carpien, hernie, sciatique ou cruralgie), ces dernières pouvant être éventuellement soulagées par l’ostéopathie. Elles sont aussi d’origine traumatique, comme les séquelles d’une opération chirurgicale, de séances de radiothérapie, d’une fracture, d’une amputation (douleur des membres fantômes), ou d’origine métabolique comme les neuropathies du diabétique et les déficits en certaines vitamines. Elles peuvent aussi résulter de pathologies cancéreuses ou du VIH. Dans tous les cas, le système nerveux étant celui qui assure la perception et l’adaptation au milieu extérieur, ces déséquilibres parlent toujours du retentissement important qu’ils peuvent avoir sur le quotidien, la mobilité et les fonctions vitales.

Aromatique et analgésique

Lorsque la douleur s’installe, certaines huiles essentielles (HE) possèdent, lorsqu’elles sont mises en contact direct avec les tissus en souffrance, des affinités neuro-musculaires et neuropathiques. Décontracturantes, réfrigérantes, relaxantes des fibres, desclérosantes, elles peuvent étouffer le feu qui ronge, réparer des fibres abîmées et anesthésier la zone. En suivant les conseils ci dessous, on potentialise les traitements allopathiques. Sur les douleurs neurogènes, on choisit plutôt d’appliquer les HE non diluées dans une huile végétale (HV), pour éviter le massage et pour optimiser la rapidité d’action. Le baume de copahu, puissant anti-inflammatoire riche en sesquiterpènes, peut servir de diluant actif. Le menthol est sûrement l’une des premières molécules aromatiques à laquelle on pense. L’HE de menthe des champs en contient encore plus que celle de menthe poivrée. Elle anesthésie la zone qui la reçoit dans l’instant, par réfrigération. Attention, cet effet glaçon est tellement puissant que cette HE, mal utilisée et appliquée sur une trop grande surface ou en trop grande quantité, peut provoquer un malaise. Le suivi des recommandations d’emploi est essentiel.

L’HE de romarin à camphre complète parfaitement la formule. Elle va gérer la douleur pour un soulagement avec un effet retard. L’association menthe/romarin entraîne ainsi un effet...

immédiat et durable. Par ailleurs, il est intéressant de leur associer l’HE de camomille noble et de lavande aspic. La première rafraîchit les terrains chauds et plus particulière- ment le tissu nerveux par sa richesse en esters. Excellente HE du système nerveux, c’est une incontournable de la gestion du stress et du rééquilibrage nerveux, même pour les tempéraments les plus «feu». Dans l’univers des lavandes, le contexte de crise amène à choisir la plus thérapeutique d’entre elles, à savoir la lavande aspic, une antalgique exceptionnelle. Son camphre et son linalol apaisent les névralgies dentaires, les céphalées ou les névrites bien plus efficacement que la lavande fine. En complément de cette approche symp tomatique, les HE peuvent être choisies aussi pour des critères énergétiques et psycho-émotionnels. Identifier le nerf douloureux et paralysé, donner du sens au retentissement sur les mouvements du corps et les capacités d’adaptation et rapprocher ces symptômes du contexte psycho-émotionnel du moment présent permet de tirer un enseignement de sa douleur et offre la possibilité de la dépasser pleinement en décodant le langage du corps et en prenant conscience de ses blocages.

Quand le subtil soutient la matière

Si le corps est tissé par tout un réseau vasculaire (veineux, artériel, lymphatique...) et nerveux, la médecine chinoise rajoute en plus un maillage de points et de fleuves énergétiques, les méridiens. La superposition des deux, matière et énergie, donne du sens aux maux du corps. Chaque méridien alimente les organes et les viscères de l’énergie qui lui est propre. Parfois, à l’image d’un tuyau d’arrosage qui se vrille, l’énergie s’accumule en amont, créant un trop- plein, et donc une stase et un échauffement. En aval, un vide apparaît alors, déséquilibrant l’organe ou le viscère. Ces blocages peuvent venir d’agressions externes (traumatismes, infections, froid...) ou internes comme des excès psycho-émotionnels.

À titre d’exemple, le nerf sciatique suit le trajet du méridien de la vessie, en haut de la fesse et derrière la cuisse. Il véhicule donc l’énergie de la vessie qui appartient au principe de l’eau, associé aux notions de calme et de froid. À l’écoute, l’eau est réactive aux moindres changements de l’environnement. Quand elle devient vive et débordante, son principe se déséquilibre, en relation avec des idées noires. Toujours est-il que le méridien s’échauffe et le nerf voisin aussi. Des exemples similaires peuvent être trouvés avec le nerf médian et les douleurs du canal carpien qui se super- pose au méridien du maître cœur (principe du feu), le nerf crural (cruralgie) et le méridien du foie (principe du bois)... On comprend ainsi qu’une bonne séance d’acupuncture complétera notre formule pour non seulement apaiser la douleur, mais aussi faire en sorte que la situation problématique lâche en même temps.

Le zona

Le zona est une réactivation du virus de la varicelle à l’âge adulte, en période de fatigue ou de baisse immunitaire. Cette infection suggère une reprise en main globale pour relever l’immunité et éliminer les scories virales, mais nécessite aussi une gestion de la douleur.

À faire
À mélanger comme suit dans un flacon de 10 ml : menthe 1 ml, ravintsara 5 ml et lavande 4 ml. Déposer 4 fois par jour 2 à 5 gouttes pures sur le trajet douloureux en tapotant légèrement. Les nerfs sont soulagés instantanément. À prendre en complément du protocole de fond immunitaire.

Ma formule - Douleurs neuropathiques

Propriétés analgésique, anti-inflammatoire sur les tissus musculaires, tendineux, nerveux, vasculaires, relaxant musculaire et nerveux.
Indications gestion des phénomènes nociceptifs de toutes origines, névralgies, sciatiques, cruralgies, névralgies d’Arnold, arthrose et arthrite, douleurs neuropathiques.

HECTdecamomillenoble (5ml) 
Chamaemelum nobile
HECTdementhedeschamps (3ml) 
Mentha arvensis
HECTdelavandeaspic (3ml) 
Lavandula latifolia spica
HECTderomarinàcamphre (5ml) 
Rosmarinus officinalis CT bornéone
Baumedecopahu (12 ml)
Copaifera officinalis

Dans un flacon en verre teinté de 30 ml muni d’un bouchon compte-gouttes, verser les huiles essentielles selon les quantités indiquées, compléter jusqu’en haut du flacon avec le baume de copa- hu, refermer soigneusement et agiter.

Mode d’utilisation
Voie cutanée. Déposer 6 à 8 gouttes de cette synergie directement sur le trajet nerveux douloureux, tapoter légèrement jusqu’à pénétration. Ne pas masser. Renouveler toutes les 30 minutes pour un effet d’attaque pendant 2 heures, puis faites jusqu’à 8 applications par jour. Traiter 5 jours sur 7 seulement.

Précautions d’emploi
• L’application sur les muqueuses est contre-indiquée.
• L’application sur le visage doit être diluée à 30 %. Mettre 3 ml de la synergie ci-dessus et compléter jusqu’à 10 ml avec une huile végétale de noyau d’abricot. Appliquer 5 à 7 gouttes sur les nerfs douloureux en faisant attention aux yeux.
• Notre protocole prévoit une utilisation répétée, mais si cela provoque des réactions d’intolérances, ne cherchez pas à poursuivre le traitement.

Contre-indications
Enfant, femme enceinte, allaitante et sujet épileptique.

Sciatique: coup de pouce énergétique

Quand l’existence vous confronte à un événement traumatique, souvent nécessaire à la poursuite de votre chemin (départ, déménagement, rupture, deuil...), une sciatique peut se réveiller en lien avec le méridien de la vessie. Cet organe doit savoir lâcher et évacuer l’urine à la demande. Sous le contrôle du rein, la vessie libère les « eaux usées ». Pour donner un coup de pouce énergétique salvateur, et en association avec les antalgiques, on aura recours à l’HE de vétiver et d’angélique.

À faire

Déposer une goutte de chaque HE dans le creux de la main et, du bout du doigt, masser l’extrémité du trajet du méridien de la vessie sur le bout du petit orteil sur chaque pied, 2 fois par jour. Ces HE de racines, qui vibrent avec les profondeurs matricielles, profondes et fertiles, résonnent avec le principe de l’eau. Elles sauront le rééquilibrer et lui redonner ses qualités, à savoir l’écoute, la décision et la réactivité.

Canal carpien: desserrer l’étau

Le canal carpien est un passage resserré, étroit, en forme de C dans le poignet, constitué de petits os et de ligaments. Les tendons et les nerfs qui contrôlent le mouvement des doigts passent par ce canal, à l’intérieur d’une gaine remplie de fluide qui leur permet de coulisser en douceur. Des mouvements répétitifs de la main, comme dans le cas de la saisie à l’ordinateur, entraînent une irritation des tendons. Elle s’accompagne d’un gonflement et d’une augmentation de la pression contre les os voisins, occasionnant des sensations de pincement ou de compression, des engourdissements et, à terme, de vives douleurs. L’aromathérapie peut aider à donner de la fluidité, de l’oxygène et descléroser.

A tester

Pour tenter d’éviter l’acte chirurgical, la synergie suivante est à tester : HE d’encens 2 ml, HE d’héli- chryse italienne 3 ml, HE de gaulthérie couchée 3 ml, HE de ravensare anisé (Ravensara aromatica) 2 ml, 3 à 5 gouttes toutes les 30 minutes pendant 3 à 4 heures si besoin, puis 3 fois par jour sur le long terme.

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