Plantes et Santé Le magazine de la santé par les plantes

Force et symbolique des végétaux sacrés (6/8)

Symboles sur terre de dieux puissants et inaccessibles, investies de pouvoirs mystérieux, les plantes sont depuis la nuit des temps les messagères des humains vers le monde immatériel, et vice versa.  De l'achillée bénie chez les Celtes aux tagètes vénérées au Mexique en passant par l'iboga,  le bois sacré du Gabon, partons à la découverte de ces végétaux qui nous relient à l'invisible.

L'iboga, le bois sacré  de la connaissance

L'iboga, le bois sacré de la connaissance

L’iboga, arbuste endémique du Gabon, est classé au patrimoine culturel national. Sa racine, riche en alcaloïdes aux effets psychotropes, constitue une des bases du bwiti, principale tradition initiatique au Gabon. L’usage de cette racine remonte à plus de 2 000 ans. Les Pygmées puis les ethnies bantoues ont sacralisé l’iboga en l’utilisant notamment pour faciliter leurs visions mystico-spirituelles dans les cérémonies du bwiti. « À l’origine, on déracinait l’iboga pour gratter un morceau frais de son aubier et le mastiquer en bouche. Aujourd’hui, on sèche l’aubier et on le consomme pilé pour que ses principes psychoactifs passent plus vite dans le sang », explique Yann Guignon, initié au bwiti depuis vingt ans et engagé dans la préservation de l’iboga et de ses traditions avec son ONG Blessings of the Forest.

L’iboga sert à aiguiser les perceptions sensorielles, en complément des danses, chants, bains et autres rituels. Cet état de conscience modifié ouvre « l’accès aux espaces invisibles intérieurs comme l’inconscient, ainsi qu’au monde invisible extérieur des esprits, de la forêt… », confie cet expert. Les guérisseurs ou nganga guident alors les adeptes vers une connaissance profonde d’eux-mêmes, à la rencontre des faiblesses et atouts de leur parcours de vie, pour résoudre les blocages et orienter leur avenir. Un nombre croissant de Gabonais reviennent d’ailleurs à cette consommation spirituelle de l’iboga « pour se réapproprier leur identité culturelle et leurs coutumes », constate Yann Guignon. Cette plante psychotrope est aujourd’hui très prisée des courants new age mystico-spirituels.

Cérémonie du bwiti au Gabon.

Et aujourdhui...

L’iboga sacré, plus riche en alcaloïdes ?

Des chercheurs internationaux ont comparé la composition d’extraits d’iboga achetés dans le commerce à des échantillons cultivés de manière rituelle au Gabon dans la perspective d’essais cliniques contre les addictions et les troubles post-traumatiques. Les tests ont révélé une concentration plus élevée d’alcaloïdes dans les racines gabonaises et une puissance thérapeutique supérieure. Face à ces résultats étonnants, les scientifiques avancent l’hypothèse que les soins sacrés dispensés à la plante durant sa culture pourraient influencer sa composition. L’iboga gabonais équitable, fourni via l’ONG Blessings of the Forest, est planté et récolté en accord avec l’esprit de ce végétal, considéré là-bas comme une conscience vivante.

Le henné du Prophète

Henné, Lawsonia inermisLa khamsa, ou main de Fatma, est une tradition inspirée du Coran. Délicatement tracée au henné sur les mains d’une future mariée musulmane – éventuellement accompagnée de dessins d’animaux (bélier, lézard, serpent…), symboles de fécondité ou d’abondance –, elle la protège du mauvais œil. Dans l’un des hadits, ou récits du Prophète, il est écrit : « Teins tes mains avec le henné, car si l’une de vous délaisse la teinture avec le henné, ses mains ne peuvent pas être distinguées de celles des hommes ». Les femmes sont donc autorisées à orner leurs mains et pieds avec une pâte à base de feuilles de cet arbuste. Il n’est pas rare de voir certains hommes musulmans se teindre ainsi les cheveux et la barbe pour montrer leur ferveur religieuse en suivant ce précepte attribué à Mahomet : « Le henné est meilleur que toutes les substances utilisées pour teindre les cheveux ». Il protège aussi le nouveau-né au Maroc, à qui on applique sur le nombril un onguent à base de henné pour lui souhaiter richesse et bonheur, et lui faire profiter des vertus cicatrisantes de la plante.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Plantes & Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé.
Vous appréciez nos articles, allez plus loin en vous abonnant au magazine en cliquant ici
Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter Plantes & Santé
Recevez chaque semaine nos conseils de bien-être par les plantes, astuces et recettes à faire vous même pour retrouver Equilibre et Santé
Votre inscription a bien été prise en compte 
Politique de confidentialité