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Agnès Varda ou
l’utopie de la patate

Agnès Varda,  « dame patate »

C’est déguisée en pomme de terre qu’Agnès Varda a fait son entrée dans l’art contemporain. Pour cette photographe, cinéaste et artiste visuelle décédée le 29 mars dernier, le tubercule était une source d’inspiration peu commune. Rendons hommage à cette créatrice inclassable, facétieuse « dame patate » dont les créations reflètent le regard bienveillant mais direct sur le monde et ses transformations.

Ainsi, à partir d’une simple question – « Qui sont ceux qui mangent ce que nous jetons en ces temps de surconsommation ? » –, Agnès Varda se lance en 2000 dans le tournage Des glaneurs et la glaneuse. Un peu partout en France, elle suit ceux qui, par nécessité, choix ou hasard, ramassent les restes. Interrogeant la tradition ancienne du glanage, son documentaire filme les glaneurs des temps modernes, en ville ou à la campagne. Certaines séquences agissent comme des révélateurs de nos choix agricoles, comme ce passage où une femme montre un champ complètement « propre », c’est-à-dire où les moissonneuses n’ont pas laissé le moindre épi. Et ce moment où on l’on voit des pommes de terre de toutes les formes jetées, parce que non conformes…

Patatutopia : une exposition à l'éfigie de la patate

C’est d’ailleurs après avoir filmé ceux qui récupéraient les rebuts que la réalisatrice a eu ce véritable coup de cœur pour la patate. « Le deuxième jour du tournage, on a suivi les gens qui venaient ramasser ces patates, trop grandes ou trop petites, mais évidemment mangeables ! Ce deuxième jour, un type m’a sorti des patates en forme de cœur : on jette ça, c’est tellement symbolique… Je les ai ramenées à la maison ; et puis tout le monde m’a donné des patates en forme de cœur, alors je les ai mises sur des verres, sur des pots – je les ai regardé vieillir, si j’ose dire. Et c’était épatant. J’en ai mis dans des boîtes en cartons, à la cave, à la lumière, dans le noir… J’ai exploité artistiquement toutes les façons dont les patates vieillissaient et regermaient. Et cette force, cette beauté de toujours recréer de la vie m’a beaucoup fascinée. »

Agnès Varda photographie, filme les radicelles, la peau ridée, leur « monstruosité », comme on disait au XVIIIe siècle. En 2003, à la biennale d’art contemporain de Venise, elle exposera Patatutopia, un triptyque photographique installé devant un parterre de 600 kilos de patates, tandis qu’en fond sonore sont égrenés les noms des multiples variétés du modeste tubercule. « Je célèbre ainsi la résistance de ce légume. J’ai l’utopie de penser que l’on peut voir la beauté du monde dans une patate qui a germé », explique-t-elle alors. Et si, en ce printemps, nous renouvelions nous aussi cette utopie et laissions germer quelques pommes de terre ?

Aller plus loin : trois œuvres d’Agnès Varda sont présentées dans la Cour des Jardiniers du château de Chaumont-sur-Loire jusqu’au 3 novembre : La serre du bonheur, L’arbre de Nini et À deux mains, une série de photo de mains entourées d’une guirlande de toutes petites patates en forme de cœur ! Plus d’infos sur www.domaine-chaumont.fr

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