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L’ethnologie et les antibiotiques

Antibiotique

Depuis quelques années, les campagnes se succèdent : « les antibiotiques, c’est pas automatique », « les antibios, point trop n’en faut »… Et il faut bien le dire, sans vraiment de succès.

Ces médicaments antimicrobiens continuent d’être prescrits à tort et à travers, aussi bien en santé humaine qu’animale. Mais peut-être les choses vont-elles changer, car une alerte à l’échelle mondiale vient d’être lancée par les Nations unies. L’antibiorésistance est « une menace fondamentale à long terme pour la santé humaine, la production durable de nourriture et le développement », a déclaré fin septembre le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, tandis que les chefs d’État se sont engagés à adopter des mesures pour s’attaquer aux causes fondamentales du phénomène. Une première.

Cette déclaration de bonne intention, aussi rassurante soit-elle, doit également être suivie de décisions permettant d’améliorer réellement une situation susceptible de nous laisser complètement démunis face aux bactéries. Or, dépendants que nous sommes du pouvoir de ces molécules, nous avons beaucoup de mal à penser la période postantibiotique

>. Pourtant, avant d’être récupérés par la chimie de synthèse, les antibiotiques ont été produits à partir de micro-organismes naturels.

Il est intéressant de se souvenir que la pénicilline a été identifiée en 1928, quand le médecin et biologiste britannique Alexander Fleming étudia un champignon microscopique. Il est nécessaire de garder à l’esprit que, si la nature accueille de très nombreuses espèces de microbes pathogènes, c’est aussi grâce à elle que nous avons pu trouver les solutions pour juguler leur développement.

« La nature est un super chimiste. Et ce travail a commencé avant même que nous, les hommes, ou même les animaux, soyons présents sur terre. On peut dire que les plantes font de la chimie depuis 400 millions d’années ! », expliquait récemment dans le New York Times le phytochimiste Simon Gibbons. Si cette idée était plus largement partagée, non seulement dans les laboratoires pharmaceutiques, mais aussi dans les sphères politiques, cela aiderait à orienter les recherches dans la bonne direction. Une science aujourd’hui trop marginalisée pourrait ainsi être beaucoup plus sollicitée : l’ethnopharmacologie.

En étudiant les utilisations des plantes faites par les peuples indigènes un peu partout dans le monde, ces chercheurs font apparaître des fonctions biologiques très pertinentes. Compiler cet immense savoir et le tester leur permet de mettre en lumière de nouvelles façons de soigner. Par exemple, des travaux réalisés aux États-Unis soulignent la capacité de certaines plantes à empêcher les bactéries de se recouvrir du biofilm les rendant adhésives à certains tissus ou accessoires médicaux, comme les cathéters. Par un stratagème spécifique, le végétal casse la machinerie assurant à certaines bactéries leur survie et leur potentiel envahissant.

Après plus de soixante-dix années d’antibiotiques, l’illusion que nous pourrons venir à bout des bactéries nocives a fait long feu. Si l’on veut vraiment éviter la crise sanitaire imminente qui nous menace, il convient d’imaginer d’autres scénarios de lutte. Commençons par ouvrir le champ de nos recherches à des logiques de renseignements, et soyons convaincus du génie humain comme celui de la nature !

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