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Le mélilot l’herbe-vanille

mélilot

Parmi les plantes à coumarine, le mélilot est sans conteste la plus abondante et la plus puissante. Il est étonnant qu’il ne soit pas mieux connu, d’autant que ses vertus sont nombreuses !

Je n’ai découvert que tardivement le mélilot. Longtemps, la seule plante à coumarine que j’utilisais était l’aspérule odorante (Galium odoratum), petite plante des bois célèbre pour son parfum de vanille. J’en faisais des boissons et j’en parfumais des flans. Je connaissais, bien sûr, le mélilot, mais je n’en faisais pas grand cas. C’est un restaurateur français installé en Suisse qui m’en fit percevoir le potentiel, lorsqu’il me fit goûter ses tagliatelles fraîches au mélilot, ayant fait infuser ce dernier dans une crème onctueuse dont il nappait ses pâtes. Je me mis alors à explorer les diverses possibilités culinaires que m’offrait cette plante, tellement répandue.

Ce n’est qu’une fois séché que le mélilot dégage son parfum, car la substance odorante est présente dans la plante sous forme d’un hétéroside qui doit subir une transformation chimique pour produire les molécules aromatiques. Si l’on froisse longuement les feuilles entre ses doigts, une odeur de vanille se dégage, qui devient de plus en plus marquée et persiste plusieurs heures. Le mélilot est donc un excellent condiment.

Vertus culinaires

J’aime à l’utiliser pour parfumer des sauces, des cakes, des tuiles ou des sablés, des sorbets et des boissons. Il suffit de le laisser sécher, puis d’écraser les feuilles et les sommités fleuries en retirant les tiges dures pour obtenir une poudre...

verte et parfumée que l’on mélange avec de la farine, du lait ou un appareil pour transformer radicalement le plat le plus classique. Comme j’aime la fraîcheur des plantes, il m’arrive d’ajouter en fin de préparation, dans une sauce par exemple, un peu de mélilot frais qui ravive la saveur du plat.

Et médicinales

Le mélilot est également une plante médicinale qui ne manque pas d’intérêt. Pris en infusion, il apaise le système nerveux et calme les spasmes. Il augmente le volume des urines tout en les clarifiant, et se montre un bon antiseptique des voies urinaires. Il était jadis apprécié contre les inflammations des yeux, sous forme de cataplasmes et de collyres. De nos jours, le mélilot s’emploie particulièrement comme tonique veineux, comme le marron d’Inde, dans le traitement de l’insuffisance veineuse chronique. La plante est efficace en cas de varices et d’hémorroïdes. Elle diminue les risques de phlébite et de thrombose. On l’emploie contre la fragilité capillaire cutanée, par exemple contre les ecchymoses et les pétéchies (petites taches rouges sur la peau).

Il faut veiller à conserver le mélilot à l’abri de l’humidité, car s’il moisit, la coumarine qu’il renferme se transforme en dicoumarol, une antivitamine K qui rend perméables les capillaires et provoque ainsi des hémorragies internes. On s’en servait naguère dans la mort-aux-rats.

Le nom de notre plante, du latin mel, « miel », vient de ce que ses fleurs regorgent de nectar : les abeilles les butinent avec avidité. 

Herbier

Le mélilot officinal (Trigonella officinalis) est une grande plante dépassant souvent le mètre. Ses tiges dressées, rigides, portent des feuilles composées de trois folioles qui, avant la floraison, pourraient le faire prendre pour de la luzerne. Ses petites fleurs jaunes, groupées en épis étroits et allongés, présentent la structure typique des membres de sa famille, les fabacées : un étendard au sommet, deux ailes sur le côté et une carène en dessous. Il est commun au bord des chemins, sur les graviers des rivières ou dans les décombres.

Une espèce voisine, le mélilot blanc (Trigonella alba), lui ressemble beaucoup, à l’exception de ses fleurs blanches, et se rencontre dans les mêmes lieux. Les mélilots, dont il existe une trentaine d’espèces à travers le monde, sont des cousins du fenugrec (Trigonella foenum- graecum), aux graines odorantes.

Recette sauvage
Cake au mélilot

Ingrédients
1 bol de mélilot séché • 80 g de beurre • 100 g de farine • 80 g de sucre • 1 pincée de sel • 100 g de yaourt de soja • 2 oeufs

1. Réduisez le mélilot en poudre et tamisezle à travers une passoire fine.
2. Faites fondre le beurre.
3. Mélangez la farine, le sucre, le sel et la poudre de mélilot.
4. Ajoutez le yaourt de soja et le beurre fondu. Mélangez bien.
5. Battez les oeufs en neige ferme et incorporez-les au mélange.
6. Versez dans un moule beurré et faites cuire au four à 160 °C pendant 45 minutes.
7. Servez tiède, au sortir du four.

Note
La farine de blé peut être remplacée par de la farine de riz.  

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