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La collection remarquable de Robillard d’Argentelle

Cacaoyer

Objet scientifique ou œuvre d’art ? Les sculptures en cire de plantes exotiques réalisées au XIXe siècle par Louis Marc Antoine de Robillard d’Argentelle demeurent inclassables. Longtemps cantonnées dans les réserves du Muséum d’histoire naturelle, elles sortent aujourd’hui de l’ombre pour briller dans différents musées et autres expositions.

Cette branche de cacaoyer et ses fruits à différents stades de maturité semblent aussi vrais que nature. Présentée au Louvre lors de l’exposition « Une brève histoire de l’avenir » (jusqu’en janvier 2016), l’œuvre est signée du botaniste Louis Marc Antoine de Robillard d’Argentelle. Elle fait partie d’une collection unique en son genre de 112 sculptures de cire représentant des plantes exotiques du Pacifique: tamarin, litchi, néflier, avocatier, cannelier, tous en taille réelle, allant de 20cm à 1,30m. Dès sa première présentation en 1829, les botanistes Cassini, Labillardière et Desfontaines en vantent la qualité et la beauté. « Le voyageur sentira renaître ses souvenirs à l’aspect de ces litchis délicieux. Le curieux [...] se familiarisera avec ces végétaux somptueux, si vantés dans les récits des navigateurs...».

Le Carporama de Robillard d’Argentelle est un hommage au travail des explorateurs qui ramenèrent...

nombre de plantes exotiques pour les acclimater en France. Cette œuvre, il la réalise d’ailleurs sur l’Île Maurice. Capitaine de l’Empire, il suit en 1802 le général Decaen parti faire la guerre aux Anglais sur celle qu’on appelle à l’époque l’Isle de France, et finit par s’y établir malgré la défaite. Derrière le militaire se cachent aussi un botaniste curieux, fasciné par la flore tropicale, et un artiste confirmé : les campagnes napoléoniennes d’Italie auxquelles il a participé lui ont permis de se former aux techniques des peintres et sculpteurs romains, florentins et napolitains. Sur Maurice, l’ancien capitaine cherche la manière parfaite de représenter la nature qu’il observe dans les îles alentour. Il utilisera une cire suffisamment solide pour supporter le long voyage jusqu’en France.

Des mystères non élucidés

Préservées par la famille de l’artiste puis, à partir de 1887, par le Muséum national d’histoire naturelle qui en a permis la restauration, ces sculptures sont aujourd’hui sorties de l’ombre. Et presque deux cents ans plus tard, elles restent toujours aussi étonnantes. On peut admirer certains spécimens dans plusieurs musées ou à l’occasion d’expositions ponctuelles comme celle du Louvre, pour laquelle ils ont été mis en scène comme des œuvres d’art à part entière. Bien que la collection soit sortie des réserves du Muséum, elle n’a pas pour autant livré tous ses secrets, comme celui de la composition des cires réalisées avec « du bois, de la tôle, du coton, des résines et peut-être de la pâte de riz.». Des interrogations qui témoignent de la ténacité de l’auteur et qui participent à la beauté de l’ouvrage.

Utilisations locales

En parallèle de sa collection, Louis de Robillard d’Argentelle consigne également certaines utilisations locales. Ainsi, l’arbre à pain (Artocarpus altilis) fournissait de quoi fabriquer de la toile et des pirogues. Quant au tanghin de Madagascar, son amande mise à macérer dans de l’eau est un poison utilisé pour tester les condamnés. Si la personne résistait au poison, c’est qu’elle était forcément innocente.

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