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Par amour de la rhodiole

Andrée Fauchère dans un champs de rhodiole

Dans le Valais suisse, à 2 600 m d'altitude, l'herboriste, enseignante et auteure Andrée Fauchère relève un défi de taille depuis dix ans sur la commune d'Evolène : cultiver la rhodiole en biodynamie.

« Je suis herboriste et je travaille avec les plantes depuis près de quarante ans. J’ai créé, en 2000, l’École de plantes médicinales Homme et nature sans frontières, et j’ai enseigné pendant dix ans l’herboristerie selon la tradition orale.

Je cultivais de nombreuses médicinales dans mon jardin d’Evolène quand, en 2006, une amie m’a rapporté de Suède des comprimés à base de rhodiole. J’étais, à ce moment-là, surchargée mentalement. Je les ai pris sans hésiter et, deux jours après, j’ai ressenti un calme étonnant s’installer en moi, ce qui m’a amené à faire des recherches sur ce végétal. Un peu plus tard, quand la même amie m’apporta un plant entier de rhodiole, j’ai eu un vrai coup de foudre ! Cette plante m’était destinée, j’éprouve pour elle un véritable amour.

J’ai ensuite participé aux essais de plantation conduits par la station fédérale Agroscope de Conthey, centre de compétences suisse pour la recherche agricole. Dans la foulée, nous avons récupéré un alpage à 2 600 m d’altitude, dont nous avons travaillé le sol en zone de production. Le centre Agroscope a aussi réalisé plusieurs croisements pour déterminer la rhodiole la plus adaptée à la mise en culture. Celle-ci commence par le semis des graines, en septembre. En mai de l’année suivante, on les repique en serre ; et à l’automne, apparaît sur la tige la petite marque du rhizome, comme une excroissance. Pour qu’ils passent l’hiver, les jeunes plantons sont mis en jauge et, en juin, on les installe à leur place définitive sur le site. Il faut alors attendre quatre ans avant de pouvoir récolter le rhizome.

La période d’août est intense physiquement, car la récolte et la préparation du rhizome se font manuellement. On le déterre à la bêche, on le secoue puis on le lave et on le brosse beaucoup. Il est ensuite mis en séchage au centre Agroscope, puis conditionné sous forme de tisanes, de comprimés ou d’élixirs pour être vendu par notre entreprise, Les Jardins de la santé. La culture reste difficile mais, à Evolène, la plante bénéficie de longs mois de gel (plus de cinq), ce qui favorise la concentration des principes actifs. Le fait de cultiver si haut, près des glaciers, nous préserve aussi, pour l’instant, de l’impact du réchauffement climatique sur nos cultures. »

À essayer : la tisane de rhodiole

Dans la tradition sibérienne, le rhizome de rhodiole se prépare en tisane. Le soir, déposer un petit morceau dans de l’eau froide, à raison d’une cuillère à café pour deux tasses d’eau. Chauffer jusqu’à ébullition. Verser dans un contenant isotherme. Boire cette tisane le lendemain jusqu’à la mi-journée.

Son goût est semblable à celui de la rose ; sa couleur sera elle aussi rosée. On peut la consommer en cure de trois à quatre semaines en cas de fatigue ou en période de stress.

Andrée Fauchère, https://jardinsdelasante.ch et www.a-fauchere.ch

Aller plus loin : Andrée Fauchère est aussi l’auteure de Ma racine d’or, Rhodiola rosea, éd. Slatkine.

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