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Chaud devant ! Voici le galanga

Petit galanga

Dès 1918, deux galangas figurent dans la première pharmacopée française : le grand galanga (Alpinia galanga), encore appelé galanga de l'Inde ou de Java, et le petit (Alpinia officinarum), ou galanga de Chine. De ces deux plantes herbacées cousines du gingembre (famille des Zingibéracées), connues pour leurs belles inflorescences et leurs rhizomes aux multiples propriétés, seul le petit galanga a été réinscrit à la pharmacopée française en 1975.

Le galanga au jardin

À l’instar des Zingibéracées, le petit galanga est une vivace. L’origine tropicale de la plante en restreint les conditions de culture, qui est toutefois facile en pot, en véranda ou sous serre hors gel. Son rhizome présente une certaine rusticité (jusqu’à – 10 à – 12 °C), mais ce n’est pas le cas des feuilles, qui sont gélives. D’autre part, la floraison s’effectue sur un cycle de deux ans.

La culture s’effectue à partir du ­rhizome nu, en commençant par l’opération de prégermination favorisant sa reprise. Posez-le à l’horizontale dans un plat creux contenant une poignée de terre et de l’eau à 25 °C, de manière à ce que l’eau ne le recouvre pas entièrement. Dès que les bourgeons apparaissent, transférez le rhizome dans un pot rempli d’un mélange de terre de jardin et de bon terreau, sans omettre de disposer une couche de billes d’argiles (pour le ­drainage) dans le fond. Placez ensuite le rhizome à 2 cm de profondeur. Arrosez suffisamment mais pas trop, car le galanga pousse en terre ­humifère, riche mais bien drainée. Vous ­pourrez ensuite choisir entre ­poursuivre la culture en pot ou en pleine terre dans les régions exemptes de gel. La ­plantation se réalise ­généralement au ­printemps. Prévoyez un emplacement mi-ombre mi-soleil d’environ 1 m de ­diamètre. Dans le trou de ­plantation, ajoutez une bonne ­quantité de ­compost avant d’installer le galanga. La plante dépasse rarement 80 cm de hauteur. Sous nos climats, la floraison (petites fleurs jaune blanchâtre parfumées, disposées en épis) n’est possible qu’entre août et octobre, à condition d’être très patient !

Arrosez régulièrement en vérifiant que le drainage soit efficace. L’apparition de tâches ou de pourrissement signe un surplus d’eau et un manque de drainage. À l’inverse, une atmosphère trop sèche favorise la présence d’­acariens qui rend le feuillage tout ­grisâtre. En intérieur, la culture en pot nécessite une ­luminosité maximale mais tamisée, une brumisation ­quotidienne à l’eau tiède, une température ­minimale de 20 °C ainsi qu’un apport de compost ou de ­fertilisant (bio) tous les quinze jours. En pleine terre, l’adjonction de fumier composté est ­bienvenue à chaque printemps. Puis, en automne, ­rabattez les tiges desséchées, ­réduisez-les en petits copeaux et disposez-les au pied du galanga en même temps qu’une épaisse couche de feuilles mortes ou de paillage épais, en prévision de l’hiver. Si...

nécessaire, protégez-le aussi avec un voile d’hivernage. Ailleurs, il faudra le rentrer dans une pièce chauffée (de 15 à 24 °C) ou l’extraire du sol en le faisant hiberner au sec, à 10-12 °C, enfoui dans de la tourbe.

La division du rhizome constitue le moyen le plus facile. Sortez-le de terre et coupez des morceaux à l’aide d’un couteau propre désinfecté à l’alcool et bien aiguisé. Rempotez aussitôt en prenant soin de rabattre toutes les feuilles molles afin de faciliter la reprise des racines.

La collecte du rhizome a lieu sur des plantes de 4 à 6 ans d’âge. Elle peut se faire à tout moment de l’année mais, traditionnellement, cette partie médicinale apparentée aux racines se recueille de la fin de l’été au début de l’automne, pour favoriser une concentration ­optimale en principes actifs.

Tradition et science : digestion, fièvre, douleurs

Le rhizome du petit galanga fait partie – comme le gingembre – des fameuses herbes « ­réchauffantes » de la médecine traditionnelle chinoise. Il est prescrit pour stimuler les ­digestions difficiles ou évacuer les gaz intestinaux, mais surtout contre les douleurs abdominales avec sensation de froid, en cas de vomissements et de diarrhées. Ses applications digestives sont à l’origine d’un usage ­condimentaire qui s’est largement développé en Europe dès le IXe siècle. Très prisé par Avicenne (980-1037), il est ensuite loué par Hildegarde de Bingen (1098-1179), qui le conseille contre la fièvre et les douleurs ou en association avec d’autres plantes (muscade, fenouil, etc.) contre l’haleine fétide et les affections des poumons. De plus, à l’époque, on le vante comme aromate aphrodisiaque. Plus près de nous, ­différentes études montrent que certains composés du galanga sont actifs in vitro contre des virus (grippe, herpès, virus syncytial respiratoire…). Plus intéressant, la simple décoction inhibe la croissance de plusieurs bactéries (tel le staphylocoque doré). Le galanga est aussi un antiulcéreux actif contre Helicobacter pylori. Il contribue à empêcher la première altération cellulaire à l’origine du ­processus de cancérisation. Anti-inflammatoire et analgésique, il soulage les douleurs.

À l’atelier : une poudre santé cinq-épices

Le rhizome charnu du petit galanga possède une odeur aromatique épicée. Sa saveur combine celles du gingembre, du citron et de la cardamome. Quand il est bien sec, on peut en faire une poudre, certes plus grossière que ce que recommande la tradition chinoise, mais très intéressante pour ses apports santé. Seule ou en association avec d’autres épices, elle relève très bien les plats.

  1. Dès que le rhizome est collecté, débarrassez-le des feuilles résiduelles et des radicelles. Nettoyez-le soigneusement à l’eau tiède puis essuyez-le.
  2. À l’aide d’un couteau affuté et propre, tranchez le rhizome en lamelles fines.
  3. Faites sécher les lamelles de galanga en monocouche, au soleil ou bien dans le four, à chaleur tournante (40 °C). Les morceaux prennent une couleur brun rougeâtre. Réservez-en une partie qui servira à réaliser de futures décoctions.
  4. Réduisez en poudre – la partie la plus difficile à réaliser soi-même – à l’aide d’un appareil bien costaud, du type mixeur ou moulin à moudre. La granulométrie « maison » restera grossière par rapport à une poudre du commerce.
  5. Ensuite, laissez place à votre imagination… La poudre de galanga peut s’utiliser seule ou avec d’autres épices ou aromates dont le rôle préventif et bénéfique sur la santé n’est plus à prouver. Voici un exemple de mélange cinq-épices : • 1 cuillère à café de galanga en poudre • 1 cuillère à café de gingembre en poudre • 1 (ou 1,5) cuillère à café de clou de girofle mixé • 2 (ou 2,5) cuillères à café de noix de muscade râpée • 1 cuillère à café de poivre blanc moulu.

Quelques autres préparations

  • Vinaigre médicinal de galanga

Préparation : faites macérer 45 g de rhizome frais ou séché de galanga dans 100 ml de vinaigre de cidre bio. Laissez en contact deux à trois semaines à l’abri de la lumière, en agitant régulièrement. Au bout de ce temps, le vinaigre est utilisable en tant que vinaigre de table, sans forcément filtrer la préparation.

Utilisation :

  • Contre la fatigue, versez deux cuillères à café de vinaigre de galanga et deux cuillères à café de miel dans un verre d’eau tiède, et buvez-le à petites gorgées le matin à jeun pendant trois semaines.
  • Contre les affections respiratoires (rhume, toux, mal de gorge, bronchite) et ­inflammations urinaires : prenez deux à trois verres de la recette précédente (en diminuant de moitié la ­quantité de miel), avant ou pendant les repas pendant cinq à sept jours.
  • Décoction de galanga

Préparation : mettez une demi-cuillère à café de morceaux séchés ou trois rondelles fines de rhizome frais dans une tasse d’eau (150 ml), en décoction pendant dix minutes.

Utilisation : suivant les cas, buvez deux à trois tasses par jour. La décoction s’emploie pour ses vertus digestives ou respiratoires.

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