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Le tout-puissant romarin

Rosmarinus officinalis

Sous-arbrisseau de la famille des lamiacées, persistant et vigoureux, facile à cultiver, le romarin (Rosmarinus officinalis) est, à plus d'un titre, l'une des plantes à cultiver dans son jardin.

Attractif, le romarin dégage une odeur aromatique balsamique profonde et fleurit généralement deux fois dans l’année en attirant les insectes pollinisateurs grâce à la sécrétion d’un nectar abondant. Aromate gourmand en cuisine, il est aussi une plante médicinale accomplie utile dans la pharmacie familiale. Alors n’attendez plus, plantez-le !

Ce que dit la science : un grand polyvalent

Plante sacrée de l’Antiquité, le romarin ­accompagnait les rites importants de la vie humaine : festifs, nuptiaux (symbole d’amour) ou funéraires (emblème d’immortalité et de mémoire). Sa contribution médicinale est plus tardive, vraisemblablement au Moyen Âge. On retrouve ses rameaux feuillés dans le vinaigre des 4 voleurs ou la fameuse eau de Cologne ! Aujourd’hui on reconnaît le romarin comme stimulant digestif actif sur le foie dont il renforce l’action ­détoxifiante et la vésicule biliaire ; il calme les douleurs abdominales et les fermentations associées. Ses polyphénols sont impliqués dans la remarquable activité ­antioxydante mise à contribution pour prévenir le cancer et le vieillissement, notamment en préservant les fonctions cognitives. Il a un effet anti-infectieux contre les refroidissements, les bronchites et les cystites. On peut le qualifier de plante régulatrice ­neuroendocrinienne : il stimule la corticosurrénale et le cœur en augmentant aussi ­l’effet parasympathique du système ­neurovégétatif. Par voie externe, le romarin est utilisé pour ­cicatriser les plaies, ­diminuer les douleurs ­articulaires et ­musculaires, améliorer la ­circulation, éloigner les poux.

Le romarin au jardin

Originaire du bassin méditerranéen, le romarin est néanmoins facile à cultiver ailleurs, sauf en ­terrain et zone humide. Si c’est votre cas, pensez à la culture en pot qu’il supporte très bien.

Semis

Ce n’est pas la méthode de multiplication la plus rapide ! En effet, il faudra attendre trois ans avant la première récolte. Semez sous abri de janvier à avril (véranda, serre froide) dans un substrat composé à parts égales de terreau et de sable. Les graines étant petites, mélangez-les à du sable pour ­faciliter leur répartition dans les godets. Éclaircissez ensuite les plantules et repiquez les plus solides à la fin de l’été. Au bout d’un an, vous pourrez les mettre en place.

Plantation

Au printemps, plantez vos semis, vos boutures ou les plants achetés dans une terre bien drainée afin ­d’éviter le ­pourrissement des racines. ­Choisissez un ­emplacement...

­ensoleillé et abrité. Si votre sol est aride et pauvre, c’est encore mieux ! Pour bénéficier de l’effet protecteur du romarin, ­plantez-le en bordure du potager : il possède en effet la réputation ­d’éloigner quelques indésirables comme la mouche de la carotte ! Arrosez juste ce qu’il faut la ­première année ; puis, il suffira de le pailler. En pot, préparez la terre ­en mélangeant deux parties de terre de jardin avec une partie de ­compost et une de sable ou de gravier fin.

Multiplication

Vous pouvez opter pour le bouturage au printemps ou en fin d’été. à l’aide d’un ­sécateur affûté, coupez une tige semi-ligneuse vigoureuse de ­25 centimètres de long ; ­repérez une belle pousse ­latérale semi-lignifiée et prélevez-la en conservant dans le bas un peu de « bois ». Plantez-la en godet dans un mélange de terre de ­jardin et de sable jusqu’à la reprise avant la mise en place définitive. Le ­marcottage s’effectue tout aussi ­aisément en enterrant une branche qui traîne par terre que vous ­séparerez ensuite du pied mère.

Entretien

Le romarin résiste à une température négative de – 5° à – 15 °C. Toutefois, les jeunes plants devront être protégés en cas d’hiver rigoureux. Les pots seront hivernés à l’intérieur. La cueillette constitue une véritable opération écologique, car les romarins dont on ne s’occupe pas ont tendance à vieillir. La taille s’effectue à la fin de l’hiver ou juste après la floraison.

Récolte

La persistance de l’arbrisseau permet une collecte pendant toute l’année, mais il vaut mieux ­récolter les rameaux feuillés de mai à ­septembre. Les rameaux sont séchés à l’ombre en ­atmosphère ventilée ou en séchoir à 35 °C maximum.

Le romarin à l’atelier

Fabriquer votre vinaigre de romarin préventif contre les poux

Les principes actifs du romarin jouent un rôle répulsif vis-à-vis des poux tout en tonifiant les cheveux. Cet effet est également accentué grâce à la légère acidité du vinaigre. Le vinaigre de romarin se prépare à froid ou à chaud ; cette dernière option favorise une concentration supérieure en molécules actives. Il se conserve entre six mois et un an.

Ingrédients :

  • 500 ml de vinaigre de cidre bio
  • Rameaux de romarin frais (de préférence) ou séchés et fleurs de lavande (fraîches ou sèches)
  • Flacon pulvérisateur, casserole, bocal, passoire fine ou filtre en papier.

Préparation :

  1. Effeuillez les rameaux de romarin et jetez les tiges.
  2. Dans un bocal résistant à la chaleur disposez l’équivalent d’une grosse poignée de feuilles de romarin et une petite poignée de fleurs de lavande.
  3. Chauffez le vinaigre jusqu’au frémissement, puis versez-le sur les plantes.
  4. Couvrez et laissez macérer pendant trois semaines à l’abri de la lumière.
  5. Pressez et filtrez.
  6. Remplir le flacon vaporisateur et étiquetez.

Mode d’emploi : vous l’utiliserez tel quel chez les enfants à partir de 3 ans et dilué de moitié dans de l’eau pour les plus petits. En période d’infestation, pulvérisez chaque matin un peu de vinaigre antipoux au niveau de la nuque et sur les tempes, au-dessus des oreilles. L’odeur du vinaigre s’estompe très vite en séchant. Ce vinaigre peut également servir comme dernière eau de rinçage, après le shampooing, en faisant attention aux yeux. Pour cela, mettez l’équivalent d’un petit verre de ce vinaigre répulsif dans un litre d’eau tiède.

Autre idée : en remplaçant la lavande par du romarin, ce vinaigre se transforme en soin tonifiant et embellisseur des cheveux ; utilisez-le en friction douce sur le cuir chevelu et l’ensemble de la chevelure, une à deux fois par semaine.

À noter : l’utilisation des rameaux feuillés frais de romarin présente l’avantage d’une concentration faible en composés aromatiques, autorisant un usage chez les jeunes enfants ou la femme enceinte, contrairement à l’huile essentielle pure de romarin.

Précautions d’emploi : le romarin est une plante puissante. Elle ne doit pas être employée au long cours sans avis médical, en particulier chez les personnes nerveuses compte tenu de son effet stimulant et de son impact sur la corticosurrénale.

 

DIY : une huile solarisée

Préparez-la suivant la méthodologie ­classique : ­remplissez un bocal avec des sommités ­fleuries de romarin fraîches coupées menues et recouvrir entièrement d’huile de tournesol ; laissez macérer au soleil trois semaines puis filtrez.

Utilisation : cette huile utilisée en ­massage allégera vos douleurs ­musculaires et articulaires.

 

Faites votre tisane de romarin

Mettez à peine une cuillère à café de feuilles de romarin séchées (un peu moins si vous ­utilisez du romarin frais) par tasse d’eau bouillante et laissez infuser cinq à dix minutes avant de filtrer. Si le goût est trop fort ou amer, réduisez la dose ou ajoutez un peu de jus de citron ou quelques feuilles de mélisse. Cette tisane bue le matin vous donnera de l’énergie, de l’enthousiasme et drainera votre organisme.

Utilisation : en cure de trois semaines, à ­renouveler éventuellement après sept à dix jours de pause et selon l’avis d’un ­professionnel de santé.

 

Préparez votre macérat glycériné

Préparez-le selon la méthode parue dans le n° 199 de Plantes & Santé au sujet du macérat de framboisier. Le macérat glycériné de jeunes pousses de romarin est utile en cas ­d’insuffisance hépatique, améliorant l’­élimination des déchets. Il agit aussi comme ­stimulant pour lutter contre la fatigue psychique et les pertes de mémoire.

Utilisation : prenez cinq à dix gouttes diluées dans un peu d’eau, matin et midi pendant trois semaines. Attention, ne pas renouveler sans avis médical.

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