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Plantes stimulantes :
faites-en bon usage (2/5)

Pour rester dynamique, booster son intellect et relancer sa libido, l’usage de certaines végétaux stimulants est très en vogue. Argousier, damiana, ginseng, guarana, maca… le choix est large. Mais leur consommation, loin d’être anodine, nécessite quelques précautions. 

Argousier, Hippophae rhamnoides

De la caféine pour un effet coup de fouet

Un petit coup de boost, c’est ce dont vous avez besoin en ce moment. Vous prendrez bien un peu de plantes à la caféine ? Graines de caféier, feuilles de thé, de guarana et de yerba mate concentrent cet alcaloïde. Si ces végétaux se sont mis à fabriquer cette substance, c’est qu’elle agit comme insecticide naturel, paralysant et tuant les insectes qui se nourrissent de leurs feuilles.

Si la caféine ne cause heureusement pas les mêmes interactions dans notre organisme, elle entraîne cependant des modifications physiologiques. Très rapidement assimilée par l’intestin, elle va atteindre le cerveau dans les minutes qui suivent son absorption, pour venir se loger sur les récepteurs de l’adénosine, une molécule produite au niveau cellulaire.

D’un point de vue hormonal, la prise de caféine induit une augmentation de la dopamine et de l’adrénaline. Un niveau plus élevé d’adrénaline va notamment engendrer une accélération du rythme cardiaque. Trois composants de la caféine agissent sur l’organisme. Le premier, la théobromine, va générer une vasodilatation, une tension plus élevée et une hausse du volume d’urine (la diurèse). Le deuxième, la théophylline, relaxe les muscles lisses des bronches. Le troisième élément, la paraxanthine, active quant à elle la vidange des cellules graisseuses (la lipolyse).

 

Mollo sur l’expresso !

Qu’il est séduisant, l’effet boosteur des plantes caféinées ! Mais c’est une arme à double tranchant, car la stimulation retombe après trois à quatre heures, nous donnant envie de reprendre du café, du thé, du maté ou même du guarana. La dose recommandée est de 300 mg par jour de caféine, et il ne faudrait pas dépasser 600 mg par jour. Sachez qu’un expresso en contient déjà 100 mg, qu’une tasse de thé (175 ml) présente 30 à 55 mg de théine (selon que le thé est noir ou vert) et que 0,5 l de maté comporte 100 mg de caféine. Les femmes enceintes ne dépasseront pas 200 mg/j.

Caféine, ou théine, matéine, guaranine…

Bien sûr, la graine de caféier est la plante la plus connue pour sa teneur en caféine. Toutefois, on retrouve cette ­substance dans les feuilles de théier (illustration ci-contre), sous le nom de théine. La rumeur publique veut que le café soit plus riche en caféine que le thé, or à poids égal, c’est le contraire ! Et les thés blancs sont les plus concentrés. Pour autant, comme le thé est moins infusé que le café et qu’on en utilise moins, on trouvera toujours moins de caféine (ou théine) dans une tasse de thé. De plus, les tanins du thé modèrent son action, comme c’est aussi le cas dans les...

infusions de de feuilles de guarana (Paullinia cupana) et d’yerba mate (Ilex paraguariensis), autres plantes riches en caféine.

Théine, matéine, guaranine (ou waranine) : même si les noms changent, il s’agit bel et bien de la molécule chimique de caféine. Avec quelques divergences cependant. Bien qu’il soit la plante la plus riche en caféine, le guarana (illustration ci-contre) semble moins impactant que les autres. « Quand on prend du guarana, on n’observe pas une activité en pic comme c’est le cas avec le café. Sa haute teneur en tanins et en saponine va faire que le corps assimile lentement les principes actifs de la plante. Le guarana est donc dynamisant sans être excitant, tout comme le maté », explique Julie Lannoy, biologiste-experte en phytothérapie et aromathérapie chez Naturactive.

Ces plantes d’Amérique du Sud se consomment généralement sous forme de poudre ou de comprimés, à prendre en complément alimentaire (à raison d’une cuillère de poudre par jour ou de deux gélules d’extraits secs). « Une cure de deux semaines est préconisée, notamment lorsqu’on les consomme en gélules d’extraits secs », précise Julie Lannoy.

Il est également judicieux de limiter sa consommation de thé et de café pendant la prise de maté ou de guarana, et de ne pas les cumuler avec des anticoagulants et des antiagrégants. On évitera, enfin, d’entreprendre des cures longues potentiellement responsables d’effets secondaires désagréables à l’arrêt du traitement : maux de tête, fatigue et léger état dépressif.

Comment certaines toniques sont devenues des drogues

De la plante à la drogue, il n’y a parfois qu’un pas. Auteur du livre Les drogues d’origine naturelle (éd. Favre), le docteur en chimie Kurt Hostettmann évoque les dérives de ces plantes utilisées à l’origine de façon courante pour lutter contre la fatigue.

  • En 1533, lorsque les conquérants espagnols arrivent au Pérou, ils se rendent compte que les Indiens mâchent des feuilles de coca, une plante sacrée. La considérant comme démoniaque, le clergé la fait interdire. Les conquistadors l’autorisent de nouveau en 1569. Entre-temps, les colons ont remarqué que les populations locales travaillaient davantage avec la coca, la plante étant un coupe-faim et un antifatigue remarquable. De sacrée, elle devient profane en franchissant les mers : les Occidentaux la considèrent comme un remède. Deux chimistes allemands, Albert Niemann et Friedrich Wöhler, vont par la suite isoler la cocaïne, l’alcaloïde principal de la feuille de coca. Un autre chimiste, Richard Willstätter, en réalise la synthèse. La cocaïne pure est née. En 1980, une manipulation chimique la transforme en drogue à fumer, le crack. Il suffit d’en consommer une seule fois pour devenir dépendant.
  • Autre plante à mâcher considérée comme un stupéfiant : le khat. Surnommée drogue de l’Islam, la plante se mâche fraîche, car elle perd ses propriétés une fois sèche. Interdite en France, elle apporte une sensation comparable aux amphétamines. En consommer permet de réduire la fatigue, de se sentir infaillible et de ne pas dormir. Considérée à tort comme un aphrodisiaque, elle rend impuissant à long terme.
  • En Asie, une drogue masticatoire fait beaucoup d’émules et de dégâts sanitaires : la chique de bétel, composée de noix d’arec (fruit du palmier à bétel, Areca catechu) et de feuilles de bétel (Piper betle). Pulvérisée et mélangée avec des cendres de bois ou des coquillages, la noix est roulée dans une feuille de poivrier au goût agréable. Dans la plupart des pays asiatiques, sa mastication est autorisée, alors que la consommation de plus de 8 à 10 g de la poudre de cette noix peut induire une intoxication mortelle. Seules quelques villes comme Rangoon, la capitale de la Birmanie, l’ont interdite. Et encore, pour une raison purement esthétique : la mâcher contraint ses consommateurs à cracher une salive rouge qui salit les trottoirs de la ville.

Du miel survitaminé

Et si on privilégiait nos plantes locales ? Endémique dans le sud de la France et sur les dunes atlantiques, l’argousier peut constituer, via son fruit, l’ingrédient d’un miel défatigant. Le Dr Kurt Hostettmann nous livre sa recette :

Préparation Récolter les baies d’argousier. Les laver et les égoutter. Les faire sécher deux à trois jours, si possible au soleil, pour qu’elles ne moisissent pas. Remplir la moitié d’un bocal bien propre de baies. Les couvrir de miel d’acacia bien liquide jusqu’en haut du pot. Refermer le bocal, mettre en réserve durant un mois en retournant le pot toutes les semaines. Consommer une cuillère à soupe de ce miel en période de fatigue.

Retrouver du jus avant le sport

Vous ressentez un gros coup de barre avant votre séance de sport ? Prenez du guarana. Sa caféine va stimuler la vidange des cellules graisseuses dans le sang, ces acides gras étant ensuite évacués lors l’activité sportive. Voici comment préparer cette boisson tonifiante :

Ingrédients pour un verre 

  • ¼ de betterave crue
  • 1 orange
  • ½ cuillère à café de guarana en poudre.

Préparation Presser une orange. Mixer la betterave crue pelée et coupée en morceaux avec le jus d’orange. Ajouter le guarana.

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