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L'héritage des sorcières (2/4)

Potion de sorcière

Sorcières, des femmes magiciennes

Dès l’Antiquité, certaines plantes furent considérées comme magiques. « Abracadabra ! Faites que cette potion agisse sur cet organe malade et qu’elle m’apporte la prospérité ! » Elles étaient utilisées par les sorcières qui leur prêtaient de nombreux pouvoirs surnaturels. Une fonction qui, à l’époque du Moyen Âge, était inextricable de l’aspect médicinal des plantes : purificatrices, protectrices, sacrées, divinatoires, hallucinogènes, psychédéliques. Grâce à leur connaissance du végétal, les sorcières concoctaient des potions qui favorisaient les rêves, des philtres d’amour aphrodisiaques, qui pouvaient devenir des poisons mortels… « Contrairement à aujourd’hui, on n’établissait pas de distinguo entre l’action purement physiologique d’un remède et son pouvoir énergétique, vibratoire, ou émotionnel » explique Odile Chabrillac, naturopathe et auteure de l’ouvrage Âme de sorcière. « C’est réduire le champ des plantes que de les associer à de simples molécules thérapeutiques » confirme Christelle Enault, artiste plasticienne, herboriste et adepte de la magie par les plantes. Par exemple, on faisait appel à la sauge aussi bien pour soigner des maux de gorge ou des troubles digestifs que pour augmenter sa longévité, jusqu’à rechercher l’immortalité. On associait également la confection de tisanes à des incantations afin de charger le remède d’une intention de guérison, de protection, de prospérité ou autres espoirs.

Des femmes reliées aux quatre éléments

Au cours de leurs rituels, ces magiciennes faisaient appel aux quatre éléments : l’air, l’eau, la terre et le feu. Favorisant la créativité, l’intellect et un désir de protection, elles matérialisaient l’air à travers l’utilisation de plumes, de nuages ou de fumées d’encens. Des branches de plantes tel que le romarin étaient allumées puis éteintes afin de diffuser de la fumée purificatrice dans la pièce. La plupart du temps, les plantes séchées étaient réduites en poudre, puis embrasées dans un encensoir sur des charbons ardents. La combustion des végétaux permettait d’élever spirituellement l’esprit et d‘harmoniser toutes les fréquences vibratoires. L’élément eau, employé lors des rituels de bains, de nettoyage du corps et par la prise de boissons, connote quant à lui un désir de se purifier. « Sur le plan magique, on évoque aussi cet élément pour les rituels qui se rapportent aux sentiments, à l’affectif et la réconciliation », souligne Lise-Marie Lecompte dans son ouvrage Encyclopédie des plantes et des pierres magiques et thérapeutiques.

Liée à la passion et à l’énergie vitale, l’utilisation du feu visait à...

; obtenir la force de réaliser un projet qui nous tient à cœur. Pour l’incarner, on brûlait des bougies de cire blanche, en y ajoutant des plantes sèches comme l’acacia, l’aneth, l’angélique, le poivre, le millepertuis ou encore le sureau. Enfin, pour rechercher la prospérité, on faisait appel à la terre : des pierres, des cristaux et des plantes sèches telles que la sauge blanche, l’avoine, ou le cyprès, à porter sur soi dans une petite pochette. Ces talismans pourront aussi être suspendus et accrochés aux portes et fenêtres afin de protéger des mauvaises influences toute la maisonnée.

Rituels magiques

Si les plantes restent les supports principaux des rituels magiques, elles s’associent à d’autres forces naturelles. « Pour moi, la nature va au-delà des végétaux, elle s’étend jusque dans le cosmos », précise Christelle Enault. Ainsi, chaque plante est vue comme énergétiquement liée à un astre, une couleur, une pierre qui vibre sur la même longueur d’onde, et chacun de ces éléments renforce l’efficacité du rituel magique. « Ce sont les plantes qui sont les sorcières. Elles créent le lien entre le sol et l’air, l’ombre et la lumière. Elles font l’intermédiaire entre la sève brute (qui vient puiser l’eau et les minéraux dans les ténèbres du sol) et la sève élaborée à partir de la photosynthèse, de la lumière et de l’air. L’ombre et la lumière existent aussi en nous, et c’est souvent cela qu’il faut rééquilibrer ». On peut considérer que c’est une manière analogique de voir le monde comme un miroir, d’établir un nouveau langage pour mieux comprendre ce qui nous entoure, à commencer par soi. La cueillette des plantes, gardiennes de la terre, suit un schéma magique. « Je fais des offrandes de fruits, de graines ou de pièces de monnaies à la nature, c’est une manière de restituer ce que l’on prend », poursuit l’artiste.

Aujourd’hui, ces pratiques perdurent en fonction de la sensibilité de chacun, guidées par l’intuition. « C’est la clé du début de la magie. On peut être plus attiré par une plante que par une autre, ou plus charmé par un arbre que par un autre, il y a un message à écouter » termine Christelle Enault.

En opposition aux fondements culturels dominants plutôt cartésiens, la magie s’inscrit dans la recherche d’une autre manière de se relier à soi et au monde.

Des rituels de superstition toujours actuels

Et si nos petites croyances et nos superstitions étaient une résurgence des rituels pratiqués autrefois par les sorcières ? C’est le constat d’ethnobotanistes qui ont enquêté sur les usages traditionnels des plantes dans un village espagnol jadis considéré comme un repaire de sorcières. Voici quatre rituels qui se pratiquent encore et souvent avec succès !

Le blé  : comme d’autres céréales, il symbolise la prospérité. Pour ne pas manquer d’argent durant toute l’année, couper 13 épis de blé au moment de la moisson. Les lier et les conserver jusqu’à la moisson suivante.

Le chêne : porter un gland de chêne sur soi apporte bien des bonheurs : une protection contre la maladie, les souffrances, la conservation de la jeunesse et une bonne fertilité.

Le citron : boire un verre de jus de citron, à jeun le matin, élimine les parasites maléfiques pour la journée.

Le cèdre : pour éloigner les cauchemars et mieux dormir, glisser un morceau de cèdre sous l’oreiller.

Transformation et purification

Les rituels sont des gestes chargés de sens et porteurs d’une intention de transformation. On voit dans toutes les religions et dans la sorcellerie divers rituels de purification. Leur pratique vise à aider au développement d’une compréhension profonde de soi et à se nettoyer de nos impuretés pour redonner une direction positive à l’énergie. Voici deux manières de purifier son intérieur (soi et sa maison) :

  • Purifier mon être : déposer une poignée de gros sel (de mer non traité, ou sel d’Epsom) dans un gant de toilette et passer celui-ci sur tout le corps humide, lors de la douche. Car le sel est réputé pour avoir la propriété de capter et d’emmagasiner les énergies négatives. Il est également possible de le glisser dans son bain (bien que cette méthode soit moins écologique) et s’immerger dans l’eau.
  • Purifier ma pièce de vie : au Moyen Âge, il était courant de faire brûler de la sauge à l’intérieur de sa maison ou d’en porter sur soi dans une petite bourse. Plus récemment, les bâtons de feuilles séchées fait-maison ou achetés tout préparés sont utilisés dans les rituels de purification. Ainsi, on bouge le bâton du bas vers le haut en parcourant dans le sens des aiguilles d’une montre les pièces, le long des murs, les coins. On tourne ensuite trois fois sur soi-même avec le bâton placé au niveau des genoux, puis du cœur, et enfin de la tête. Une façon de créer une spirale sacrée d’énergie et libérer l’aura.

La morelle noire

Le Solanum nigrum, plus connu sous le nom de morelle noire, était considéré comme une plante sacrée dans les religions vaudoue et santeria. Également utilisée par les sorcières de la Grèce antique et de l’Europe médiévale, on sait aujourd’hui qu’elle est dotée de propriétés toxiques, due à la présence d’un alcaloïde, la solanine, que l’on retrouve également dans les pommes de terre vertes. La consommation du végétal peut engendrer des maux de tête, de la fièvre, voire des hallucinations. On comprend mieux alors, son utilisation dans les anciennes traditions de sorcellerie en Europe, bien que les propriétés psychoactives générées par la solanine étaient connues pour provoquer certains effets secondaires extrêmement désagréables.

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