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Vinaigre de cidre, sidérant !

Vinaigre de cidre et pommes dans un panier

Fruit du hasard qui fait parfois si bien les choses, le vinaigre est un vin qui a tourné aigre et dont on a expérimenté, pendant des siècles, divers usages : gastronomiques, domestiques, cosmétiques… Fabriqué à partir de liquides sucrés – notamment le cidre – il possède de nombreuses vertus.

Petite, j’associais le vinaigre de cidre… aux poux ! Ma grand-mère m’en frictionnait vigoureusement la tête avant de me faire des shampoings traitants, et je détestais ça. J’en avais plein les narines, au point d’avoir rejeté ensuite tout ce qui sentait le vinaigre en général, comme la salade et sa vinaigrette ou les aliments conservés dans le vinaigre blanc (cornichons, oignons grelots, etc.).

Quel ne fut pas mon étonnement, alors, de découvrir lors d’une rencontre le rituel favori du musicien Bernard Joyet : « Je me rince tous les jours la tête avec du vinaigre de cidre mélangé à un peu d’eau, et ça ne sent rien d’autre que le cheveu propre. Voilà des années qu’entre le bicarbonate de soude et le vinaigre de cidre, je n’achète plus d’autres produits pour les cheveux. »

Une question d’acidité

C’est le pourcentage d’acide acétique qui détermine l’acidité du vinaigre. Il est de 5 % en moyenne pour celui issu du cidre, d’au moins 6 % pour le vinaigre de vin rouge et de 8 à 14 % pour le blanc, aussi appelé vinaigre d’alcool, cristal ou ménager. Du fait de son acidité, ce dernier est ­principalement utilisé en désinfectant (par exemple pour ­nettoyer les légumes), ou en dégraissant et détachant. Sa fabrication, obtenue par acétisation du maïs ou de la betterave, est quasiment toujours industrielle.

Une multitude de parfums

Le vinaigre, quel qu’il soit, est toujours le produit d’une double fermentation. Sa teinte – blanche, dorée, rousse, rouge, bordeaux – et ses arômes varient principalement selon l’ingrédient de base ayant servi à la première fermentation, dite alcoolique : le maïs, le riz, la pomme, le houblon, le miel, le raisin… Les sucres qu’ils contiennent sont d’abord transformés en alcool (vin, cidre, bière), et cet alcool est ensuite transformé en acide acétique par une bactérie contenue dans l’air, l’acétobacter. Les bactéries acétiques, qui se rassemblent à la surface du vin en une membrane visqueuse, forment ce que l’on appelle une « mère de vinaigre ». Si elle surnage, elle témoigne d’un bon processus de fermentation et peut servir à la fabrication ultérieure d’autres vinaigres.

Le vinaigre de cidre étant très peu acide, c’est aussi le mieux toléré par l’organisme. De fait, il est couramment utilisé, brut ou mélangé, tant en cuisine que pour les petits maux du quotidien. Le docteur Charrié, exerçant à La Rochelle, le recommande ainsi en cas de piqûres de méduses : « Il faut toujours avoir une petite bouteille de vinaigre de cidre dans son sac de plage – une habitude qu’ont prise les Australiens – de manière à mettre du vinaigre sur la zone piquée, juste après l’avoir frottée avec du sable fin. Il diminue immédiatement la sensation de brûlure et, s’il est tiède, c’est encore mieux, car le venin est thermolabile. »

Quatre voleurs et un remède

Le vinaigre de cidre est également à placer dans sa trousse de secours avant de voyager dans des zones à risque élevé de parasitoses (infestations par les poux, les morpions, les gales…). « Dans ce cas, nous conseille le Dr Charrié, il faut se frictionner le corps avec le vinaigre de cidre et attendre quelques minutes avant de prendre une douche. Comme le vinaigre de cidre est légèrement kératolytique, il est capable d’attaquer les carapaces des parasites tout en adoucissant la peau humaine. »

Selon les us et coutumes, certains produits, notamment des plantes, sont ajoutés au vinaigre de cidre pour en augmenter les vertus. Hippocrate, célèbre médecin de l’Antiquité, y associait du miel pour soigner, par voie interne, les infections respiratoires et soulager les maux de gorge. Au Moyen Âge, lors de l’épidémie de peste noire, on raconte que quatre coquins avaient mis au point un mélange de vinaigre et de plantes (petite absinthe, sauge, rue, etc.) pour se protéger de la maladie et en profiter pour voler les dépouilles des pestiférés. De cette légende est née la fameuse recette du « vinaigre des quatre voleurs », encore proposé aujourd’hui. Le Dr Charrié en reconnaît d’ailleurs les vertus antiseptiques, augmentées par la macération de plantes aromatiques.

Et Bernard Joyet de me révéler que, s’il en avait le courage et le goût, il boirait tous les matins un verre de vinaigre de cidre avec du gros sel pour conserver une voix aussi claire et vigoureuse que ses cheveux… Ce à quoi nous ajoutons un dernier conseil : évitez le vinaigre pur, prenez-le dilué

Recettes de mère Nature : des eaux et masques vinaigrés pour la chevelure

  • Sur des cheveux secs et bouclés, le rituel de Bernard Joyet

L’idéal est de se laver les cheveux une fois par semaine avec du ­bicarbonate de soude alimentaire (le plus fin) mélangé à un peu d’eau. Masser le cuir chevelu avec la solution, laisser agir deux minutes et rincer avec un mélange d’un tiers de vinaigre de cidre et deux tiers d’eau.

  • Pour donner du volume, un masque au miel

Mélanger du vinaigre de cidre et du miel à proportions égales dans un peu d’eau tiède. Appliquer la pâte obtenue sur la chevelure et laisser agir dix minutes avant de rincer avec une eau vinaigrée ou claire.

  • Quand les cheveux regraissent trop vite, un rinçage à la fleur d’oranger ou à la lavande

Pour lutter contre les cheveux gras, compléter systématiquement votre shampoing par un rinçage au vinaigre de cidre additionné d’eau de fleur d’oranger bio (à quantités égales), ou par une solution obtenue par macération d’une tasse à café de grains de lavande séchée dans 75 cl de vinaigre de cidre pendant trois semaines. Si le résultat est trop odorant, rincer délicatement à l’eau claire.

  • Contre les pellicules, un massage à la menthe

Pour améliorer la qualité du cuir chevelu, rien de tel qu’un massage avec un vinaigre de menthe – obtenu par macération d’une douzaine de feuilles de menthe fraîches dans 75 cl de vinaigre de cidre pendant au moins deux semaines. Faire ensuite un shampoing doux et rincer à l’eau claire.

Attention : les cheveux permanentés ne réagissent pas toujours bien avec le vinaigre de cidre. Évitez un usage trop fréquent.

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Plantes & Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé.
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