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Traiter l’insomnie
les yeux fermés

Mirabilis jalapa

Difficultés d’endormissement, réveils nocturnes fréquents, nuits écourtées... Les troubles du sommeil perturbent nos fonctions organiques et impactent négativement notre vie quotidienne. Afin de combattre les insomnies et de favoriser des repos salvateurs, pourquoi ne pas faire confiance à l’aromathérapie ?

Le sommeil occupe près d’un tiers de notre vie. De fait, l’organisme humain a besoin d’une période de récupération nocturne, qui peut varier, selon les personnes, de six à huit heures par jour. Elle se divise en plusieurs phases : l’endormissement, le sommeil lent léger, le lent profond et le paradoxal (les rêves). Ce temps de repos est un phénomène cyclique contrôlé par des neurotransmetteurs sécrétés par l’organisme tout au long de la journée.

Ainsi, le matin, de la dopamine est produite pour passer à l’action. Elle est suivie de la noradrénaline, qui donne de l’endurance au corps, puis de la sérotonine, autour de 17 h, qui permettra la synthèse de la mélatonine, hormone du sommeil, aux alentours de 20 h. Or la sécrétion de ces neurotransmetteurs peut se trouver bouleversée par de nombreux facteurs : un surmenage, une dysbiose intestinale (déséquilibre du microbiote), un choc émotionnel ou encore un manque d’exposition à la lumière du jour.

Ces perturbations finissent par avoir des conséquences sur nos nuits, aboutissant à des insomnies plus ou moins fréquentes. Selon l’Inserm, 37 % des Français souffriraient régulièrement de troubles du sommeil ou de l’éveil. Une source d’inconfort qui pourrait être éliminée grâce aux vertus sédatives et relaxantes d’huiles essentielles.

La petite nuit sous toutes ses formes

En pratique, certaines insomnies se caractérisent par des difficultés d’endormissement. Celles-ci peuvent résulter d’un déficit de sérotonine, ce neurotransmetteur produit grâce à la lumière du jour et par lequel est synthétisée la mélatonine, qui régule les rythmes biologiques. En période hivernale, la diminution de la luminosité peut impacter cette hormone et rendre plus difficile l’endormissement.

D’autres insomnies se manifestent plutôt par des éveils trop précoces, qui écourtent de ce fait le temps de repos. La plupart du temps, ce sont alors une à deux heures du sommeil profond et/ou paradoxal que l’on perd. Ces éveils peuvent être induits par un taux élevé d’hypocrétine, un neurotransmetteur stimulant l’état d’éveil.

Zoom : stick inhalateur de poche

Pour tomber facilement – et toute la nuit – dans les bras de Morphée, même en déplacement, les sticks inhalateurs de poche sont pratiques. Il suffit d’imprégner la tige tampon d’une dizaine de gouttes d’huiles essentielles anti-insomnie, ou d’une vingtaine si ces dernières sont diluées dans une huile végétale. Recharger le stick dès que le besoin s’en fait sentir.

Quant aux réveils nocturnes, troisième forme d’insomnie, ils ont lieu parfois à plusieurs reprises durant une même nuit, sans qu’il soit toujours possible de se rendormir. Ces derniers peuvent être provoqués par la présence insuffisante d’acétylcholine, un neurotransmetteur activant le sommeil paradoxal et procurant une meilleure qualité du sommeil. Lorsqu’ils ont lieu à heure fixe, vers 2 h du matin (heure solaire), il est fort probable que cela provienne d’un déséquilibre du foie.

Quelles que soient leurs formes, les insomnies peuvent également résulter de carences nutritionnelles (notamment en tryptophane, acide aminé présent dans les oléagineux et les protéines), de dysbiose intestinale (les bactéries de l’intestin sécrètent de la sérotonine), de stress ou encore d’un manque d’activité physique en journée. Ou, pour les difficultés d’endormissemment, à l’abus...

d’écrans et leur lumière bleue. Grâce à leur potentiel d’action polyvalent, les huiles essentielles ciblent un large spectre de troubles – ce qui nous donne plus de chances d’agir sur les trois types d’insomnies.

Les bonnes voies d’administration

En plus de susciter du plaisir olfactif, les huiles essentielles ont la capacité d’agir sur plusieurs origines de troubles du sommeil tels l’anxiété, les problèmes digestifs ou les cauchemars. Afin d’optimiser l’impact des HE sur le système nerveux, combiner l’olfaction avec l’application cutanée est particulièrement efficace.

En effet, respirer des huiles représente une voie thérapeutique puissante, l’information parvenant directement au cerveau limbique (cette zone dans laquelle sont gérées les émotions). Lors d’un stress, d’une angoisse ou encore d’une excitation nerveuse, l’olfaction est donc un moyen naturel d’apporter un effet relaxant instantané.

De son côté, l’application cutanée est intéressante pour traiter divers types d’insomnies : les huiles essentielles, lorsqu’elles sont appliquées en massage de chaque côté de la colonne vertébrale (gouttières paravertébrales), permettent la régulation rapide des neurotransmetteurs inducteurs du sommeil par contact direct avec le tissu nerveux central.

À chaque phase du sommeil, nous avons à la fois besoin d’ancrage et de profondeur comme d’élévation vers l’onirisme. L’aromathérapie propose des huiles essentielles capables de jouer sur ces deux états. Parmi celles à l’action élévatrice, on retrouve la camomille noble (Chamaemelum nobile) et la lavande fine (Lavandula angustifolia).

Dotées de fragrances aériennes par la présence d’esters, elles possèdent aussi des vertus relaxantes musculaires et offrent une détente du corps dans sa globalité. L’huile essentielle d’encens (Boswelia carterii) est également harmonisante du système nerveux. Elle favorise les états méditatifs et l’élévation spirituelle. L’huile essentielle de ravintsara (Cinnamomum camphora) vient en synergie pour recharger le système nerveux épuisé.

Somnifères et aroma font-ils bon ménage ?

Si vous êtes déjà sous somnifères, les huiles essentielles peuvent très bien s’utiliser en association avec ces derniers – particulièrement en relai durant votre sevrage allopathique. Après quelques semaines d’utilisation, ces HE ne provoqueront pas les effets secondaires générés par les benzodiazépines des somnifères (accoutumance, troubles de la mémoire, anxiété, diminution des capacités physiques et cognitives, états dépressifs, maladie d’Alzheimer et diabète…). N’hésitez pas à en parler à votre médecin et à accompagner le protocole de sevrage ci-dessous d’autres démarches telles la méditation, la sophrologie, etc.

Protocole de sevrage

  • Prendre la synergie insomnie en plus du somnifère.
  • Après quelques nuits, quand la qualité du sommeil s’améliore, couper le somnifère en deux et n’en prendre qu’un demi, en continuant la synergie pendant une semaine.
  • Un jour sur deux, diviser en deux le demi-somnifère et prendre la synergie en parallèle durant quinze jours, selon votre ressenti.
  • Cesser totalement la prise de somnifère et poursuivre la synergie d’huiles essentielles.

Des huiles d’ancrage

À l’inverse, d’autres huiles très puissantes et évocatrices de la terre grâce à la présence des sesquiterpènes et sesquiterpénols, apporteront de la profondeur au sommeil. On pense à celle de vétiver (Vetiveria zizanoïdes), issue de la racine de la plante, dont les notes boisées et terreuses favorisent l’ancrage. Stimulante des messagers chimiques, cette HE est à la fois tranquillisante, rassurante et réconfortante.

L’huile essentielle d’angélique (Angelica archangelica), quant à elle, calme les troubles digestifs et fait preuve d’un fort effet sédatif sur le système nerveux, en plus de ses propriétés apaisantes et anxiolytiques. Enfin, on pourra se tourner vers le patchouli (Pogostemon patchouli), à l’action sédative, ou encore vers le cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica), qui aide à recentrer l’énergie sur soi.

Pour agir autant sur l’ancrage que sur l’élévation, on misera sur la marjolaine des jardins (Origanum majorana). Présentant des monoterpénols, cette huile essentielle régulatrice neurovégétative restaure l’énergie du système nerveux tout en favorisant l’endormissement et le repos des nerfs.

Afin de rééquilibrer le sommeil, le mieux reste encore de mixer ces différentes huiles comme dans la formule spéciale insomnie proposée. N’oublions pas non plus que les troubles du sommeil sont multifactoriels, et que d’autres champs d’action contribuent au rééquilibrage. On ne négligera pas la nutrition, à l’impact potentiel conséquent sur la production de mélatonine, et les extraits de plantes (pavot de Californie et coquelicot) ayant des effets complémentaires à ceux de l’aromathérapie.

Ma formule aroma contre les troubles du sommeil

Propriétés : rééquilibrante du système nerveux, relaxante, apaisante, sédative.

Indications : traitement des insomnies sous toutes leurs formes, en synergie possible avec la prise de somnifères.

Huiles essentielles

  • HE marjolaine des jardins (Origanum majorana) : 0,5 ml
  • HE vétiver (Vetiveria zizanoides) : 0,5 ml
  • HE camomille noble (Chamaemelum nobile) : 0,5  ml
  • HV noyau abricot : QSP 10 ml

Préparation : mélanger les huiles essentielles et l’huile végétale dans un flacon en verre teinté.

Mode d’emploi

  • En olfaction : au moment de dormir, déposer deux gouttes à l’intérieur des poignets et respirer profondément au moins cinq fois de suite.
  • En cutané : masser, avec 20 gouttes de cette synergie, de chaque côté de la colonne vertébrale. À défaut de pouvoir atteindre ces zones, se reporter sur le plexus cardiaque.

À faire tous les soirs au coucher durant trois semaines, avant de stopper une semaine. Reprendre à l’identique le mois suivant si nécessaire.

Précautions d’emploi : réaliser au préalable un test allergique. Éviter l’huile essentielle de vétiver en cas d’antécédent de cancer hormonodépendant.

1  ml = 25 gouttes. QSP =  Quantité suffisante pour.

Synergie anti-cauchemars

Certaines périodes sont plus enclines aux mauvais rêves. Pour apporter de la bienveillance dans son sommeil, on utilisera de l’huile essentielle d’angélique, qui procure une énergie très maternelle. Issue de la racine de la plante, cette HE permet de se recentrer sur soi, son corps, son histoire, sa lignée. Pour compléter son action, on y ajoutera de l’huile essentielle de fragonia, dont le parfum fleuri donne délicatesse et subtilité, en plus d’un effet oxygénateur. Un tel cocktail aromatique réconcilie, pacifie et favorise l’activité onirique.

À faire : mélanger, dans un flacon en verre teinté :

  • HE d’angélique (Angelica arcangelica) : 0,5 ml
  • HE de fragonia (Agonis fragrans) : 0,5 ml
  • HV de noyau d’abricot : QSP 10 ml

Déposer la synergie à l’intérieur des poignets et la respirer au moment du coucher, ou via une diffusion sur un galet près du lit.

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