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À quand une réhabilitation des sorcières?

Sorcières

Cet été, à la lecture du livre « Les chiens du seigneur » de Roger Bevand, j’ai réalisé à quel point notre société est coupable d’un génocide sans précédent. Pas celui des Arméniens, ni celui des Vendéens.

Pas non plus celui des protestants dans les guerres de religion qui les opposèrent aux catholiques. Non, je veux parler ici d’un nettoyage en règle mené tambour battant par une société qui avait besoin de faire place nette et réduire au silence des gens qui dérangeaient : ces gens, c’était les herboristes !

« Comment ? Des herboristes qu’on aurait envoyés à l’échafaud ? » Non, rassurez-vous, le spectacle était tout autre : la guillotine à cette époque n’avait point encore été inventée. «Vous voulez dire qu’on avait envoyé des gens soignant par les plantes aux jeux du cirque, si prisés à l’époque de l’Empire romain ? » Non plus, rassurez-vous encore, à cette époque, ceux qui connaissaient les plantes qui soignent étaient respectés. « Alors, vous voulez certainement parler de ces sorcières du fond des...

bois, qui, il y a belle lurette, au cœur de ce Moyen Âge profond et angoissant, jetaient des sorts à ceux qui, entre famines et guerres, essayaient de survivre tant bien que mal ? » Vous y êtes presque. Les faits que j’évoque ne se déroulent pas au Moyen Âge, mais au début de la Renaissance. Vous savez, cette époque où les savoirs ont pu être transmis d’une façon nouvelle et fort simple : grâce au livre imprimé. C’est l’âge du début de la Renaissance, entre 1470 et 1530. Le lieu ? Ni en Espagne, ni chez les Turcs ; mais en pays d’Oïl et jusqu’en Bavière, de part et d’autre du Rhin. Bref, bien chez nous...

L’objectif: chasser le diable et toutes les peurs qui y sont liées. Mais la vraie raison cachée derrière tout ça ? Accuser de sorcellerie des gens qui, s’ils vivaient aujourd’hui, se verraient reprochés de soigner leurs proches par les plantes. En effet, quoi de plus facile que de faire avouer à quelqu’un qu’il utilise des plantes maléfiques et qu’il use de sorcellerie pour faire ses breuvages (et ses remèdes) ! Quoi de plus légitime ensuite que d’exécuter sur la place publique ces personnes accusées d’activités diaboliques, mais à qui l’on reprochait au fond de déranger le pouvoir en place ? Un pouvoir qui ne cherche rien d’autre que d’avoir la mainmise sur sa population...

C’est ainsi qu’à la Renaissance, aidés par la publication de nombreux livres qui expliquaient leurs soi-disant pouvoirs maléfiques, les inquisiteurs ont fait un travail inimaginable de nettoyage, faisant disparaître les rebouteux, les guérisseuses, les herboristes... Les historiens estiment à plus de 10 000 le nombre de personnes brûlées vives pendant plus de cent ans à travers l’Europe, la France en tête. Quand oserons-nous reconnaître officiellement ce génocide? Celles et ceux qui ont été persécutés par un système aveuglé par ses propres croyances mériteraient à tout le moins d’être réhabilités, et qu’on leur consacre une journée de deuil national.

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