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Les fleurs au champ d’honneur

Camomille

C’est avec une émotion infinie que l’on rend chaque année hommage à ceux qui, seconde après seconde, quatre années durant, rendirent un ultime souffle sur tous les fronts […].

Mais il est une façon parallèle de rendre un hommage sensible à ceux qui, de chaque côté des lignes, firent ces sacrifices : évoquer leurs liens si forts avec une nature qui savait être douce comme une caresse et, plus particulièrement, leurs liens avec l’univers végétal – toujours présent à leurs côtés.

Cet univers, nous le trouvons décrit, mis en scène, parfois simplement suggéré dans les lettres et dans les carnets de route des Poilus : c’est un brin de muguet ou un trèfle à quatre feuilles séchés dans un livre, gages inespérés d’un éphémère bonheur, ce sont les fûts des peupliers éclatés au bord des routes, le couvert protecteur des forêts, le minuscule potager patiemment entretenu au voisinage de la ligne de front, le jardin d’une ferme mutilée par les obus ou le jardin de la maison retrouvée à l’occasion d’une permission…

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Ce sont, au quotidien, les fleurs fraîches se pressant au plus proche du bord des tranchées, se penchant vers les soldats terrés ou se tendant vers le ciel des premiers jours d’un printemps timide encore aux derniers feux des feuillages automnaux, ce sont les chaumes des blés qui, souvent, dissimulent les corps des hommes et des chevaux que révèle avant tout leur odeur dans la touffeur de l’été, ce sont les coquelicots écarlates qui s’empressent de coloniser la terre hâtivement pelletée des tombes de ceux qui ont la chance de bénéficier d’une sépulture. Ce contraste saisissant entre l’omniprésence d’une nature renaissant, saison après saison, et la violence de la guerre est mis en scène d’une façon particulièrement évocatrice dans les poèmes des soldats. Ils en constituent probablement l’une des illustrations les plus puissantes.

Aussi ne peut-on qu’être saisi d’une émotion indicible en retrouvant aujourd’hui ces fleurs séchées, si joliment agencées en manière de cartes postales végétales, ou en découvrant avec quel art empreint de naïveté furent gravées les lianes souples et les corolles délicates, façon « art nouveau », qui ornèrent de motifs floraux les douilles de ces mêmes obus qui furent si meurtriers […].

Il n’est donc pas étonnant, un siècle plus tard, que la mémoire de la Grande Guerre reste étroitement attachée à l’univers floral. Ce sont les bleuets, emblème du souvenir des Poilus en France, ce sont les coquelicots, les fameux poppies de tissu ou de papier crépon, symbole de l’héroïsme des Tommies et des autres soldats du Commonwealth, ce sont les myosotis nous rappelant l’engagement des Terre-neuviens.

Ce souvenir pourrait aussi tenir en un bouquet sec, celui de ces simples fleurs des champs hâtivement réunies et qu’un vieil homme demanda à voir placé dans la tombe auprès de sa dépouille : l’homme était surnommé « Père la Victoire ». Il s’appelait Clemenceau. Ces fleurs lui avaient été offertes dans les tranchées de la Champagne crayeuse par de jeunes Poilus : ils étaient, eux, morts déjà. »

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