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Les racines du bien-être (5/5)

La partie souterraine de la phyto est un monde mystérieux. Si nos anciens prélèvent depuis des millénaires les précieuses racines de nos sous-sols pour en tirer avantage, on commence à peine à mettre au jour leurs fonctionnements et l’immense diversité de leurs vertus thérapeutiques. Vitalité, stress, immunité, digestion, libido, spiritualité... Faites de ces trésors enfouis vos alliés !

Grande gentiane

Digestion et maux de ventre

Les recherches actuelles s’intéressent de plus en plus au ventre et à son rôle dans la santé, tant physique qu’émotionnelle. Mal digérer, au sens propre (les aliments) comme au sens figuré (les épreuves de la vie), limite nos possibilités d’avancer vers le bien-être.

Chinois et Japonais l’ont d’ailleurs bien compris, situant la source de l’énergie vitale dans l’hypogastre. Plus prosaïquement, une bonne digestion alimentaire est une condition nécessaire pour l’assimilation des nutriments, sources de vitalité et de vie. Ici, quelques racines sont à mettre à l’honneur tant elles s’avèrent utiles de la bouche à l’intestin.

On pourrait tout d’abord citer la grande gentiane jaune (Gentiana lutea), cette majestueuse vivace de nos montagnes aux racines très développées. Dès l’ingestion de leur extrait, leur amertume extrêmement prononcée (une des plus importante du règne végétal) stimule nos sécrétions digestives et l’activité de l’estomac. Ceci la rend particulièrement utile pour les personnes à la digestion laborieuse, qui ont tendance à garder les choses «sur l’estomac». Précisons d’ailleurs que certaines des molécules de la racine présentent également une légère action antidépressive. Elle partage en outre, avec la racine de réglisse, une action d’inhibition sur Helicobacter pylori, une bactérie présente dans l’estomac en cause dans nombre d’ulcères.

La réglisse aura plus globalement une action anti-acidité et apaisante des muqueuses irritées, de la bouche (aphtes) jusqu’à l’intestin en passant par l’estomac (ulcères). Attention à ses possibles effets sur la tension artérielle. Pour ce qui est des nausées (grossesse, transports), on se tournera volontiers vers le rhizome de gingembre, en poudre ou en tisane. Ses principes ont par ailleurs démontré leur utilité sur les inflammations. Pour les inflammations intestinales, il se conjuguera bien à son cousin le curcuma. Les rhizomes orangés de cette jolie plante herbacée à fleurs du continent indien, à la fois épice de santé et colorant, sont non seulement protecteurs du foie, mais également utiles en soutien de terrain pour les colopathies fonctionnelles et les intestins irritables.

 

L’impératoire : panacée oubliée des montagnes

 

Connue également comme le « benjoin français », cette montagnarde se rencontre dans les Alpes et les Pyrénées au-dessus de 1 500 mètres. « Longtemps considérée comme un adaptogène et un tonifiant, cette plante est pourtant délaissée en France », regrette Thierry Thévenin, porte-parole du syndicat des Simples. On lui connaît des propriétés digestive – ouvrant l’appétit et aidant à l’expulsion des gaz intestinaux –, circulatoire, anti-hypertensive et anti-inflammatoire. Ses effets sudorifique et expectorant lui donnent une dimension détoxifiante pour l’organisme. Parfois associée aux remèdes vétérinaires des campagnes (par exemple en fumigation contre les abcès du bétail) ou aux « remèdes de charlatan » (le fameux Orviétan raillé par Molière dans « L’Amour médecin ») l’impératoire n’est pas moins une plante à redécouvrir. Une étude de 2004 montrait par exemple qu’un de ses principes actifs, l’impératorine, inhibait la réplication du virus VIH-1.

Le nombril du monde

Réservoir d’énergie et source de rayonnement de notre force vitale, le ventre est mis à l’honneur dans les traditions taoïstes comme source de force et d’équilibre. Ce lieu, appelé Hara par les Japonais et Dantian inférieur par les Chinois, se situe à trois doigts au-dessous du nombril et à quelques centimètres en avant des vertèbres lombaires. C’est d’abord un centre de gravité du corps dans les arts martiaux (qi gong, aïkido, kung-fu...) comme la méditation ou le yoga. Mais c’est également le chaudron du Chi, le lieu de transmutation de l’énergie vitale, par lequel passent tous les méridiens. Lorsque nous sommes déconnectés de notre ventre et de notre bassin, le moindre choc peut nous faire vaciller. Au contraire, rester en lien avec son Hara vous permettra de ne pas vous laisser déborder ou déstabiliser.

À faire

Pour garder ce lien vivant, pratiquez régulièrement des exercices de respirations ventrales lentes associés à de la visualisation, debout ou assis sur une chaise, les pieds bien ancrés dans le sol. Des massages doux de la région (la technique de shiatsu dite «ampuku» s’en est fait la spécialité) sont également bénéfiques. Vous multiplierez votre détente, votre énergie et votre assurance. 

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