Plantes et Santé Le magazine de la santé par les plantes

Reflux, dépression, cholestérol... Faites confiance à la phytothérapie (2/4)

Aujourd'hui dans la science médicale, et malgré leurs effets secondaires, les médicaments prennent souvent le pas sur les traitements à base de plantes. Pourtant, on peut utiliser les plantes en première intention pour de nombreuses pathologies. Encore faut-il avoir toutes les cartes en main pour agir en toute sécurité et efficacité. Dans cet esprit, voici nos solutions pour trois pathologies courantes : le reflux gastro-œsophagien, l'athérosclérose, et la dépression. 

Curcuma, Curcuma longa
Curcuma, Curcuma longa

Le reflux gastro-œsophagien, une maladie de civilisation

Comme son nom l’indique, le reflux gastro-œsophagien (RGO) correspond à une remontée anormale du contenu gastrique le long de l’œsophage. Brûlures d’estomac, remontées acides sont les symptômes typiques du RGO qui surviennent après le repas, quand vous vous allongez et quand vous vous penchez en avant. Pour autant, les signes sont parfois trompeurs : modification de la voix, toux sèche, maux de gorge, douleurs thoraciques qui doivent d’abord faire éliminer une autre pathologie. Mais le tableau est souvent typique. Votre médecin généraliste ou gastro-entérologue débute alors en général un traitement médicamenteux reposant sur des médicaments antiacides qui diminuent temporairement l’acidité gastrique, des alginates qui jouent un rôle de pansement sur la muqueuse et les fameux inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) qui diminuent la sécrétion acide de l’estomac.

Bonne conduite antireflux

  • Limiter les aliments favorisant le reflux et fragilisant les muqueuses : café, alcool, tabac, eau gazeuse et sodas, épices, plats ultra-transformés, viandes grasses, fromages, riches en graisses saturés.
  • Veiller à bien mâcher, lentement, pour lancer la digestion qui commence avec la salive riche en bicarbonates à l’effet tampon sur le pH acide. Prendre les repas deux heures avant de dormir (sieste ou nuit).

Bien que souvent efficaces, ces traitements n’ont qu’un effet symptomatique et s’accompagnent d’effets secondaires variés. De nombreuses études scientifiques ont montré que les IPP pris au long cours déséquilibrent la flore intestinale, réduisent l’absorption de calcium, de magnésium et de vitamine B12, augmentent le risque de fractures (vertèbres, hanches). En mai 2019, les résultats d’une étude ayant suivi plus de 150 000 patients sous IPP et plus de 50 000 patients sous un autre ­antiacide ont montré que les premiers avaient une augmentation du risque de décès suite à un cancer de l’estomac, des maladies cardiovasculaires ou des insuffisances rénales chroniques. Bien qu’utiles, ils doivent être prescrits de façon pertinente d’autant que la prise en charge du RGO répond très bien à l’association de la phytothérapie et des mesures hygiénodiététiques, un bon moyen de se passer des médicaments allopathiques dans de nombreux cas.

Que faire en cas d’ulcère à l’estomac ?

Le bourgeon de figuier (Ficus carica) est utile dans les affections gastriques et œsophagiennes en lien avec l’acidité (ulcère, RGO, hernie hiatale), sur la composante émotionnelle, il agit sur le stress associé aux problèmes gastriques. On peut combiner avec le bourgeon de...

figuier diverses huiles essentielles : le citron, antiacide, la menthe poivrée anti-inflammatoire et bactéricide sur Helicobacter pylori, la carotte, cicatrisante de la muqueuse et la camomille romaine, antalgique et anti-inflammatoire.

À faire : Mélanger les HE à parts égales dans un flacon et prendre 2 gouttes dans une c. à café d’huile d’olive ou de miel, 3 fois par jour, en dehors des repas, pendant 14 jours.

Précautions : À réserver à l’adulte, sauf la femme enceinte et allaitante. À ne pas utiliser en cas d’asthme, d’épilepsie, d’antécédents de cancer hormonodépendant, d’affections hépatobiliaires. Ne pas s’exposer au soleil après utilisation.

Certaines plantes médicinales agissent en protégeant la muqueuse par leurs effets anti-inflammatoires, antioxydants, eupeptiques, antiacides. La réglisse (Glycyrrhiza glabra) est la plante de référence en cas d’affections gastro-intestinales, en particulier le RGO, la gastrite et l’ulcère gastro-duodénal en raison de ses effets anti-inflammatoires, cicatrisants, eupeptiques, antiacides et antiulcéreux liés principalement à sa teneur en flavonoïdes, ­glycyrrhizine et polysaccharides. D’ailleurs l’EMA (agence européenne des médicaments) ­reconnaît son usage traditionnel pour soulager les symptômes digestifs incluant les sensations de brûlures et la dyspepsie. C’est une plante utilisée dans le monde entier et on la retrouve dans la pharmacopée de la médecine traditionnelle chinoise.

Il est pertinent de lui associer le curcuma (Curcuma longa). Sa richesse en curcuminoïdes lui permet d’agir en synergie avec la réglisse par ses effets anti-inflammatoires. C’est aussi un bon antiulcéreux qui, de plus, accélère la vidange gastrique. Il soulage les symptômes du RGO et de la gastrite, et améliore la digestion. Même si la biodisponibilité de la curcumine n’est pas optimale, vous pouvez l’ajouter en cuisine sous forme de poudre à raison de 3 à 6 g par jour, suffisants pour soulager les symptômes digestifs. Ne l’associez pas au poivre qui augmente sa biodisponibilité, mais favorise la perméabilité intestinale et le reflux.

En outre, n’oubliez pas qu’on ne peut réduire une plante à une seule molécule. Tant que vous êtes dans les épices, pensez au gingembre qui, comme le curcuma, est un antibactérien pour Helicobacter pylori, une bactérie qui favorise la survenue de gastrite et d’ulcère. La racine de guimauve offre une douceur protectrice. Ses mucilages qui forment un gel lors de sa préparation sont à l’origine de ses effets protecteurs, un peu comme un pansement qui viendrait tapisser les muqueuses fragilisées.

Les mucilages de l’orme rouge

L’écorce interne de l’orme rouge (Ulmus rubra) est adoucissante, cicatrisante et anti-inflammatoire. Elle a toujours fait partie de la pharmacopée traditionnelle des Amérindiens pour soulager les inflammations digestives : elle est donc bien adaptée en cas de reflux, d’ulcère ou de gastrite. Elle soulage les douleurs et participe à la cicatrisation des lésions. Facile d’emploi, bien tolérée, l’écorce d’orme rouge n’est pas contrindiquée pour la femme enceinte. Il faut alors la prendre à distance des médicaments.

Si le RGO est associé à de l’anxiété ou du stress, comme c’est souvent le cas, il faut vous tourner vers la mélisse (Melissa officinalis) car elle combine des propriétés digestives (protection de la muqueuse, amélioration de la digestion, effet antiulcéreux) et neurologiques (sédative, calmante et anxiolytique). Il n’en demeure pas moins, qu’en cas de RGO, il faut commencer par perdre du poids, car il est favorisé par le surpoids et l’obésité. Côté alimentation, identifiez les aliments que vous ne supportez pas et supprimez-les temporairement. Si vous souffrez de constipation, prenez les mesures adéquates pour régulariser le transit car elle favorise également le reflux. Privilégiez une alimentation riche en fruits et légumes, céréales complètes, légumineuses. Hydratez-vous bien tout au long de la journée en évitant de trop boire au moment des repas. Cuisinez avec des herbes aromatiques

Le RGO est donc l’exemple typique de la pathologie qui nécessite que le patient soit acteur de sa prise en charge : les propriétés des plantes se combinant à une bonne hygiène de vie, pour traiter le problème.

Plantes sur ordonnance

Réglisse, Glycyrrhiza glabra

Extrait fluide de plantes fraîches standardisé (EPS) 2,5 ml deux fois par jour en dehors des repas.

Ou décoction de racines : 3 g par tasse à laisser frémir à couvert 5 minutes puis infuser 15 minutes feu coupé avant de filtrer, 2 à 3 tasses par jour, après les repas.

Sous forme de cure de 4 à 6 semaines, 5 jours sur 7.

Précautions : À réserver à l’adulte, sauf femme enceinte et allaitante, à ne pas utiliser en cas d’allergie, de prise de corticoïdes, contraceptifs oraux, digitaliques, diurétiques. Sur avis médical en cas d’hypertension artérielle, de maladies rénales et de troubles de la kaliémie. Ne pas dépasser 100 mg par jour de glycyrrhizine.

Gingembre, Zingiber officinale

Infusion : Une demi-cuillère à café de gingembre en poudre par tasse à laisser infuser 10 à 15 minutes. Filtrez et sucrez au miel.

Précautions : Contre-indiqué en cas d’allergie.

Guimauve, Althaea officinalis

Décoction froide de poudre de racines : 7 g dans 200 ml d’eau froide à laisser reposer une heure en remuant de temps en temps. Un gel se forme que l’on recueille à la cuillère, 1 cuillère à soupe 4 fois par jour (après les repas et au coucher).

Précautions : Contre-indiqué en cas d’allergie, et à prendre à distance de tout médicament.

Mélisse, Melissa officinalis

Infusion : 2 g par tasse, 2 à 3 tasses par jour.

ou EPS : 5 ml 2 à 3 fois par jour.

Précautions : Contre-indiquée en cas d’allergie, de dysthyroïdies ou de glaucome. Sur avis médical en cas de traitement hypnotique ou anxiolytique associé.

Bourgeon de figuier, Ficus carica

Macérat concentré :

5 à 15 gouttes dans un verre d’eau, deux fois par jour à distance des repas, en cure de trois semaines par mois à renouveler au besoin.

Précautions : Contre-indiqué en cas d’allergie, chez la femme enceinte, sur avis médical en cas de traitement anticoagulant.

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