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La permaculture en tournée

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Cet été, plus de 200 fermes agroécologiques ont accueilli des milliers de visiteurs en France. Cet événement organisé par l’association Fermes d’Avenir s’inscrit dans un projet plus large de reconquête des terres agricoles par la permaculture.

" On a vingt ans pour changer le monde ", a l’habitude de dire Maxime de Rostolan, coordinateur de l’association Fermes d’Avenir. Dénonçant le modèle économique actuel, qui risque de détruire de manière irréversible la nature en général et les sols en particulier, ce militant et son équipe espèrent infléchir la tendance via la permaculture. Pour faire connaître cette agriculture écologique, Fermes d’Avenir a organisé cet été un tour de France qui s’est terminé à la fin du mois de septembre : tout au long des 3 800 km parcourus (pour certains à vélo), 220 fermes ont accueilli des manifestations destinées à présenter tous les apports de cette technique agricole. Plus de 200 conférenciers ont témoigné, et ce « Fermes d’Avenir tour » a attiré environ 20 000 personnes. « Le regard sur l’agriculture a changé », assure Maxime de Rostolan, pour qui le terme d’« exploitation » agricole appartient au passé : « Exploiter, c’est appauvrir. Cultiver, c’est enrichir. »

Face à une forte déprise agricole (environ 30 000 ha ne sont plus cultivés chaque année), Fermes d’Avenir mise sur la jeunesse. Généralement d’origine urbaine, ces nouveaux agriculteurs sont prêts à répondre à la demande de consommateurs toujours plus nombreux, privilégiant le bio, le local, et un plus grand choix de variétés. « Parmi les nouveaux installés, 40 % sont des néo-ruraux qui ne sont pas issus du monde agricole. Ils n’en ont donc ni l’héritage ni la culture : ils inventent alors leur propre modèle, leur monde idéal, et cela les rend heureux. » L’association pense que l’on pourrait ainsi créer 200 000 emplois dans l’agriculture. Première étape : développer d’ici cinq ans un réseau d’un millier de micro-fermes en les accompagnant en termes d’acquisition du foncier, de financement, de formation en permaculture, de transformation des produits et de commercialisation.

Fermes d’Avenir dispose déjà d’un laboratoire d’expérimentation agricole : depuis 2013, le propriétaire du Château de la Bourdaisière (Indre-et-Loire) a en effet confié à Maxime de Rostolan la tâche de transformer un ancien parking de 1,4 hectare en micro-ferme permacole. « Avec la permaculture, des terres qui ont vécu un traumatisme s’en remettent grâce à des pratiques comme la culture en lasagnes. » La production est écoulée sous la forme de paniers hebdomadaires, de vente à la ferme, à des restaurateurs, à des maisons de retraite, aux boutiques spécialisées (Biocoop, Coop’Nature). Et deux fois par mois, des visites commentées sont organisées pour faire découvrir l’expérience au public.

Des terres à reconquérir

Fermes d’Avenir ne se contente pas d’accompagner la création de microfermes maraîchères. En 2018, trois sites d’environ 70 hectares vont accueillir des cultures maraîchères. Pour l’association, l’enjeu est de montrer que cette approche agricole peut également s’appliquer à de grandes surfaces. La première de ces grandes fermes va éclore à Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne, à moins de 30 km de Paris, sur les terres d’une ancienne base aérienne. Des analyses de sol ont montré que le niveau de pollution n’était pas excessif. Dès le mois d’août, de l’engrais vert (luzerne) a déjà été planté pour enrichir les sols.

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