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Comment choisir son naturopathe ?

naturopathie

Cures détox, cours de cuisine, drainage, massage ou consultations avec un professionnel… La « naturo » fait de plus en plus d’adeptes, aussi bien du côté des clients que des professionnels, qui sont chaque année plus nombreux. Mais comment choisir le bon thérapeute ?

La naturopathie a le vent en poupe. Depuis une dizaine d’années, Dominique Sol-Rolland, co-créatrice du centre de naturopathie « Tout naturellement » à Paris observe une évolution de sa clientèle : « Nous recevons de plus en plus de jeunes, de plus en plus d’hommes, explique-t-elle. Avec l’augmentation des scandales sanitaires (les oeufs contaminés au Fipronil étant le dernier en date), on assiste à une prise de conscience générale. » L’engouement se retrouve aussi du côté des professionnels. Les écoles de formation au métier de naturopathe sont surchargées et les listes d’attente sont longues. Chaque année, ce sont près de 2 000 nouveaux convertis qui ouvrent leur cabinet ou donnent des consultations parallèlement à leur activité professionnelle. Pourtant, contrairement à ce qui se fait dans d’autres pays comme l’Allemagne ou la Suisse, le statut des naturopathes n’est pas clair en France. Les formations ne sont pas reconnues par l’État, et un « vide juridique » entoure la discipline, ouvrant la voie à des dérives de la part de praticiens au sens de la déontologie douteux. Pour éviter les abus, la filière s’est organisée autour de la Féna (anciennement Fénahman), qui règlemente depuis 1980 la formation des futurs praticiens dans six écoles affiliées, dont le Cenatho et l’Isupnat. Un « label » d’éducateur de santé naturopathe leur est proposé par l’Organisation de la médecine naturelle et de l’éducation sanitaire (OMNES), impliquant de respecter un code déontologique strict. Par ailleurs, le Syndicat des professionnels de la naturopathie regroupe d’autres d’écoles et met l’accent sur la diversification des disciplines.

Hygiène de vie et vitalité

Définie par le Larousse médical comme un « ensemble de pratiques visant à aider l’organisme à guérir de lui-même par des moyens exclusivement naturels », la naturopathie repose sur « une théorie selon laquelle la force vitale de l’organisme permet à celui-ci de se défendre et de guérir spontanément ». « Notre rôle est celui d’un éducateur de santé », explique Christophe de Hody, naturopathe, herbaliste et botaniste à Paris. « Nous essayons de faire prendre conscience à notre client qu’il a le pouvoir de mettre des choses en place pour aller mieux, tant sur le plan physique que sur le plan psychique. » Lors de la première séance, ne soyez pas surpris : le praticien ne réalise pas de diagnostic, mais un « bilan de vitalité » qui va lui permettre d’évaluer votre constitution héréditaire, votre tempérament, c’est-à-dire vos prédispositions à certains troubles ainsi qu’aux symptômes qui leur sont associés. C’est sur la base de ces informations que le praticien vous donnera des conseils adaptés à votre cas. « Nous voyons une grande variété de clients », explique Christophe de Hody. En effet, la naturopathie s’adresse autant à ceux qui souhaitent optimiser leur santé et prévenir les maladies qu’aux personnes souffrant de pathologies chroniques comme des problèmes de peau, d’articulation ou des désordres digestifs. « Il nous arrive aussi d’avoir des cas plus graves, comme des cancers ou des maladies autoimmunes, qui cherchent à calmer leur stress ou leur douleur, en complément de leur traitement allopathique », indique le naturopathe.

Mais le naturopathe n’étant pas un médecin, ses conseils ne doivent en aucun cas se substituer à un avis médical. Il ne doit pas non plus vous enjoindre d’arrêter un traitement allopathique sans l’avis de votre médecin. « Le naturopathe ne cherche pas à promettre un résultat. La promesse d’un résultat immédiat est toujours le fait du charlatanisme », explique Alain Tardif, président de l’école de naturopathie AEMN, dans un article paru dans Pluriel Nature. « C’est un métier qui demande de l’humilité », renchérit Christophe de Hody. « Ce n’est pas nous qui faisons les choses, c’est le client ! »

Alors, autant être prévenu : s’adresser à un naturopathe, c’est s’engager dans une démarche de « reprise en main » qui peut être longue, voire éprouvante. Car prendre une plante aux vertus d’élimination si l’on n’arrête pas de fumer ou de boire donnera des résultats limités. La naturopathie prenant en compte l’humain dans sa globalité (alimentation, exercice physique, hygiène de vie), des contraintes en découlent qui mettent en jeu différents niveaux de la vie : famille, travail, vie sociale… Or, moins il y a d’énergie, plus il faut du temps pour voir apparaître les résultats. Soyez patient, « car une fois que les changements sont initiés, il est intéressant de voir qu’ils ont tendance à se multiplier dans tous les domaines de la vie. La globalité, l’holistique, c’est la magie de la naturopathie », explique Dominique Sol-Rolland. C’est pour cela que l’implication et le suivi du naturopathe, parfois appelé « coach de santé » est important. « Il doit vous épauler, vous relancer, sans vous harceler. C’est selon moi, ce qui fait la différence entre les naturopathes : la capacité à garder le lien avec son patient », souligne Christophe de Hody.

Attention aux dérives !

Pour accélérer les processus de détoxication et de revitalisation, certains naturopathes pourront vous recommander des compléments alimentaires, notamment lorsque la pathologie semble être installée depuis longtemps, par exemple dans les cas de troubles digestifs. Candice Levy, naturopathe spécialisée dans la périnatalité, estime que ce recours à des compléments alimentaires est indispensable. Mais cela nécessite un engagement financier qui doit être discuté au cas par cas. « Les naturopathes travaillent souvent en collaboration avec des laboratoires choisis selon leurs critères de qualité (la présence d’un comité scientifique, études scientifiques régulières…) et bien sûr, cela a un prix. Je fais toujours un petit point avec mes clients au sujet de leur budget, explique la naturopathe. Il y a aussi de bons produits dans les grandes enseignes bio, à des prix plus attractifs. » Attention toutefois aux dérives. « Nous avons déjà vu des personnes ayant consulté des thérapeutes qui leur ont conseillé pour 300 euros par mois de produits sur trois ou quatre mois », note Alain Tardif.

Pour conclure, sachez que bon nombre de naturopathes complètent leur formation initiale par d’autres pratiques complémentaires. Plus intéressés par la phytothérapie, ils suivent les cours d’une école d’herboristerie, ou se spécialisent dans l’aromathérapie, la réflexologie ou l’hypnose, etc. Certains sont aussi sensibilisés à des problématiques particulières (sphère féminine, système digestif, troubles du sommeil). N’hésitez pas à les interroger sur leurs différentes formations, à visiter leur site internet de présentation… et à écouter le bouche à oreilles : c’est encore ainsi que se font les réputations !

Repérages
Une profession qui s’organise

À défaut d’être reconnue par l’État, la profession de naturopathe s’organise afin de protéger ses praticiens et ses clients. Formation initiale de 1 200 heures, formation continue, spécialisation, congrès, annuaires de praticiens… La discipline est dynamique et structurée.

La Féna Vous y trouverez la liste des écoles affiliées, ainsi que l’actualité de la profession. www.lafena.fr
La Fénahman Vous y trouverez des informations très complètes sur la filière et les formations au métier de naturopathe. La charte de la naturopathie et le code de déontologie peuvent être consultés sur www.fenahman.free.fr www.fenahman.eu
L’OMNES Vous y trouverez des détails sur la profession, un annuaire des professionnels labellisés et même une liste des mutuelles prenant en charge les consultations naturopathiques. www.omnes.fr et www.naturopathe.net
Le Syndicat des professionnels de la naturopathie Vous y trouverez un large annuaire incluant des naturopathes, mais aussi d’autres praticiens, issus des écoles affiliées. www. syndicat-naturopathie.fr
Le CFPPA de Hyères a obtenu le titre RNCP d’État pour sa formation en 15 mois de « conseiller en naturopathie ». www.hyeres.agricampus. educagri.fr
La World naturopathic federation Propose des informations sur la naturopathie et son actualité et regroupe les différentes organisations naturopathiques dans le monde. www.worldnatu ropathicfederation.org

Le bilan de vitalité

Lors de la première séance, le naturopathe procède à un « bilan de vitalité ». Celui-ci a pour objectif d’appréhender l’énergie vitale du consultant en évaluant sa constitution et son tempérament, mais aussi son terrain humoral (ses éventuelles surcharges ou carences) et psychologique. Ce bilan va permettre au thérapeute de savoir vers quels conseils en alimentation, activités physiques et autres soins il devra orienter son patient. L’énergie vitale s’exprime à travers les systèmes nerveux, hormonal, immunitaire, psychique…

Le bilan de vitalité comporte plusieurs étapes :
• un bilan de morphophysiologie (étude des formes et proportions du corps et du visage) ;
• parfois, un bilan iridologique (observation détaillée de l’iris avec une loupe grossissante qui permettra d’évaluer les éventuelles surcharges et carences du client) ;
• le bilan se poursuit par un entretien individuel permettant au praticien naturopathe de mieux comprendre votre mode de vie, vos antécédents familiaux, votre personnalité et vos attentes (ne soyez pas timide, car le naturopathe est tenu au secret professionnel) ;
• le bilan débouche sur une synthèse permettant d’expliquer l’origine des troubles, leur place dans le contexte du fonctionnement global de la personne ainsi que les conséquences à long terme de ces troubles sur la santé globale ;
• enfin, le naturopathe établit un programme d’hygiène de vie personnalisé fondé sur la détoxication puis la revitalisation. Un bilan de vitalité dure généralement entre 1 h 15 et 1 h 30 et coûte entre 50 et 90 euros

Éliminer les toxines par le sauna

Il est possible que votre naturopathe vous conseille de pratiquer régulièrement le sauna pour activer l’émonctoire de la peau et éliminer, par le biais des glandes sudoripares, les sels usés ou toxiques, l’urée et l’acide lactique. Pour une séance de sauna « dans les règles de l’art », la cabine doit être chaude (environ 90 °C) et sèche (environ 35 % d’humidité). Suivez les conseils de la naturopathe Sandrine Haton.

1.Prendre une douche chaude pour activer la sudation puis bien se sécher. Ainsi vous entrez dans le sauna « chaud et sec », prêt à suer.
2.Entrer nu avec une serviette et s’installer dans le sauna, assis, les jambes allongées ou repliées pour faciliter la circulation de retour.
3.La position allongée peut être choisie au début de la séance durant quelques minutes. Rester au calme. Sortir dès que vous transpirez sur tout le corps, jambes y compris, et surtout ne restez jamais plus de quinze minutes.
4.Prendre une douche froide rapide puis bien se sécher.
5.Se mettre au repos allongé et bien couvert pour ne pas se refroidir, pour une durée au moins équivalente à celle passée au sauna. Le temps de repos permet au corps de mobiliser les molécules toxiques. www.sandrinehatonnaturopathe.com 

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