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Se soigner cet hiver avec les arbres (9/11)

L’olivier stimule la fertilité, le chêne renforce, le bouleau purifie… Fascinants à contempler, les arbres nous rendent aussi de fiers services sur le plan de la santé ! En tisanes, décoctions ou macérats de bourgeons, ils déploient pour nous un riche éventail de solutions thérapeutiques à redécouvrir. Des remèdes souvent anciens et éprouvés, particulièrement bien adaptés aux maux de l’hiver.

Le tilleul

Le tilleul, un père de famille

C’est aujourd’hui l’arbre le plus connu en herboristerie. Deux de ses organes, les bractées et l’aubier, sont encore très couramment utilisées. Qui n’a pas sacrifié au rituel de la tisane de tilleul (Tilia cordata) pour tomber dans les bras de Morphée ? Bien que connu il n’est pas pour autant toujours bien utilisé. Ainsi, le dosage de la tisane est parfois subtil. « Une personne sensible ne devra pas trop la doser, au risque de voir les vertus sédatives devenir des vertus excitantes », explique le Dr Jean- Michel Morel. Les inflorescences qui contiennent des flavonoïdes, des mucilages et des molécules aromatiques peuvent provoquer un effet inverse à celui recherché. Si vous avez du mal à trouver le bon dosage, vous pouvez vous orienter vers un mélange associant des cônes de houblon et des fleurs de lavande. Et puis sachez qu’un bain de bractées pourra être très adoucissant en cas de démangeaisons.

Chez le tilleul, l’utilisation de l’aubier, la partie située entre l’écorce et le coeur de l’arbre, est aussi très bien documentée. Cet aubier, provenant de Tilia sylvestris, n’a pas la même composition que les inflorescences. Grâce à ses acides-phénols, c’est un...

draineur des voies biliaires. La cure d’aubier de tilleul est conseillée pour éliminer les calculs rénaux. La décoction est aussi intéressante en cas de migraines hépato-biliaires, éventuellement en cas d’hypertension (attention, la posologie sera alors différente). L’aubier contient aussi un antispasmodique, le phloroglucinol, qui est d’ailleurs à l’origine du médicament Spasfon. Ce composé nous éclaire quant à l’utilisation de l’aubier en cas de coliques néphrétiques, de règles douloureuses, ou quand une grossesse s’accompagne de contractions trop nombreuses. Par ailleurs, l’aubier contient deux coumarines, des principes actifs fluidifiants qui protègent nos vaisseaux et sont légèrement analgésiques. Vous le voyez, cette partie de l’arbre où circule la sève est donc particulièrement bénéfique sur plusieurs systèmes de notre métabolisme.

Cet arbre met aussi à notre disposition ses bourgeons. On se tourne alors vers le tilleul argenté (Tilia tomentosa). Ce dernier a des propriétés régulatrices nerveuses et également antispasmodiques. Il est particulièrement adapté aux enfants qui éprouvent des difficultés à s’endormir. Pour cela, il est possible de leur donner 30 gouttes du macérat glycériné le soir au coucher dans un verre d’eau ou, mieux, dans une tisane de fleurs d’oranger, les deux arbres additionnant ainsi leurs bienfaits.

Faites-le vous-même : décoction contre les calculs rénaux

La cure d’aubier de tilleul a de nombreuses indications, car elle lessive en douceur les reins, le foie et les intestins.

Préparation : mettre 40 g d’aubier dans un litre d’eau ; laisser bouillir 10 minutes à feu doux et infuser une heure.
Mode d’emploi : boire 1 litre par jour pendant 10 jours. Renouveler trois mois de suite.
À savoir : vérifiez que l’aubier ne provient pas de l’aubier du tilleul de Chine, qui est de moindre qualité.

Au coeur des feuilles

Si vous avez un tilleul dans votre jardin ou près de chez vous, partez au printemps à la cueillette au de ses jolies feuilles en forme de coeur. Elles sont en effet riches en protéines, en vitamines et en nutriments variés. Une composition nutritionnelle suffisamment riche qui explique qu’on s’y soit intéressé après la Seconde Guerre mondiale pour pallier certaines carences dues aux privations. N’hésitez pas à les ajouter jeunes et fraîches dans vos salades ; n’en mettez pas trop, car la mastication fait ressortir les mucilages, donnant aux feuilles une texture un peu gluante. Autre solution : faitesles sécher dans un endroit bien aéré pour les transformer ensuite en poudre. On pourra ajouter celle-ci à toutes sortes de plats ou préparer de succulentes recettes évoquant la senteur mielleuse des fleurs du tilleul comme nous y invite François Couplan

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