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Aphrodisiaques, réveillez votre désir (1/4)

Les plantes ont toujours été associées à des rituels érotiques pour leur potentiel tonifiant, énergisant, euphorisant. Aujourd’hui, notre recherche d’une sexualité épanouie s’accompagne de spéculations quant à leurs capacités réelles. Si elles sont capables de déclencher différents stimuli, cela ne peut être dissocié de l’équilibre global de notre être. Les vrais aphrodisiaques ne sont pas toujours ceux que l’on croit !

Safran

Des philtres d’amour à la phyto moderne  

Racines, écorces, herbes et fleurs ... les plantes aphrodisiaques se déclinent sous toutes les formes ! Depuis longtemps l’homme attribue à de très nombreux végétaux la capacité de l’accompagner dans sa sexualité. Une enquête ethnobotanique réalisée l’an dernier a recensé 200 plantes aphrodisiaques rien que pour l’Inde. Elles sont aussi très recherchées : le très explicite bois bandé, un arbuste endémique des Caraïbes, est devenu rare aux Antilles en raison de la surexploitation. Sarriette, menthe poivrée, ginseng ou encore maca entrent dans des formules censées « stimuler la libido ». De nombreuses plantes alimentaires ont servi de tonifiants sexuels, notamment le céleri, longtemps considéré comme le meilleur aphrodisiaque de la flore européenne ! Mais que cherche-t-on au juste lorsqu’on recourt à ces plantes du plaisir ? Et surtout, que faut-il en espérer, avec le recul scientifique dont nous jouissons aujourd’hui ?

La réponse à la première question est à la fois simple et compliquée. Trivialement, nous cherchons à ressentir et à donner du plaisir, et lorsque nous n’y parvenons pas, nous recourrons à des moyens extérieurs. Josselin Sebille, médecin spécialisé en sexologie et thérapie de couple, explique : « La sexualité, aujourd’hui émancipée de sa fonction de reproduction, est devenue un domaine en tant que tel et en même temps une composante de l’identité de chacun.» La recherche d’une bonne qualité de vie sexuelle, au cours des différentes périodes de notre existence, n’est pas forcément une quête aisée, et l’on tâtonne parfois avant de pouvoir s’y épanouir pleinement. Dans ce cadre, les plantes servent en premier lieu de messagères, tant les symboles amoureux qu’elles véhiculent sont nombreux. « Elles sont présentes dans les jeux amoureux, par exemple en préparant un plat épicé », propose Josselin Sebille.

Chaudes épices

Depuis longtemps, les épices occupent une place centrale dans la famille des plantes aphrodisiaques. Vasodilatatrices, elles apportent un afflux de sang dans les organes périphériques qui s’accompagne d’une petite bouffée de chaleur entraînant un désir sexuel. Ce faisant, elles créent des sensations supplémentaires amplifiant les stimuli induits par le toucher et l’odorat. Au premier rang de ces plantes chaudes, le gingembre est aussi considéré comme une panacée : une demi-cuillère de gingembre frais râpé, mélangé avec un œuf dur et une cuillère café de miel est un excellent...

tonifiant sexuel. Les épices sont également dotées d’un haut pouvoir antioxydant, notamment la cannelle et le clou de girofle, important pour la tonicité vasculaire et par conséquent la fonction érectile. Comme on le fait communément en médecine ayurvédique, préparez un thé aphrodisiaque en mélangeant du thé noir avec de la cannelle, du gingembre, de la cardamome, des clous de girofle, de la noix de muscade, des grains de poivre et du safran.

On attend évidemment bien plus des plantes dites aphrodisiaques. Et c’est ce qu’on nous promet parfois en parlant de « Viagra naturels ». Or c’est à la fois survendeur et très réducteur car, à l’image d’une sexualité complexe, l’action des plantes est très variée.

«De nombreuses plantes dites aphrodisiaques agissent en fait sur la vitalité », résume Nicolas Wirth, naturopathe chez Natura Mundi. On distingue ainsi en tout premier lieu celles qui sont toniques, agissant sur le système nerveux, les muscles et les vaisseaux. Riches en minéraux, l’avoine et l’ortie entrent dans cette catégorie, mais aussi des aromatiques telles que le romarin et la sarriette surnommée « herbe aux satyres », et de nombreuses épices. Depuis les Égyptiens et les Romains, l’oignon et surtout l’ail sont considérés comme des aliments propres à fortifier notre santé sexuelle ; ils se sont révélés porteurs de principes anti-oxydants qui fortifient le système vasculaire.

D’autres plantes dites aphrodisiaques éveillent le désir en stimulant les sens. C’est le cas de la vanille, dont la gousse charnue évoquant une verge en érection a guidé les Amérindiens sur la piste de ses vertus érogènes, de l’ylang-ylang dont les fleurs sont parsemées sur le lit des jeunes mariés en Indonésie et de l’aspérule odorante, cette petite reine des forêts de hêtres avec laquelle on prépare en Allemagne un « vin des amoureux ». Ces plantes contiennent des composés volatils qui, en agissant sur certains médiateurs du système nerveux, aident aussi à la relaxation et modulent la sphère nerveuse et émotionnelle.

Messages floraux

Les fleurs sont de puissantes séductrices. Elles attirent des insectes, mais aussi des oiseaux et même des mammifères qui ne résistent pas aux charmes de leurs couleurs, de leurs formes et de leurs parfums. Nous y succombons également : la rose permet de déclarer sa flamme, le jasmin nous ouvre à la sensualité et le drapé de l’ancolie symbolise l’amour fou ! Un bouquet de fleurs agit comme une sorte de préliminaire aux préliminaires. 

Enfin, de nombreuses plantes aphrodisiaques doivent leur réputation à leur action adaptogène, c’est-à-dire qu’elles augmentent la résistance de l’organisme et permettent de retrouver l’équilibre des organes perturbés par un stress ou une contrariété. En l’occurrence, le ginseng, littéralement la « racine-homme », s’est imposé dans le monde entier comme la plante permettant de conserver une activité sexuelle dans la durée. Une synergie de composés – acides aminés, minéraux, vitamines et notamment les ginsénosides – procure à la racine cette place de choix. Si on comprend mieux aujourd’hui pourquoi ces plantes sont qualifiées d’aphrodisiaques, elles gardent ce pouvoir évocateur qui de tout temps a fait rêver les hommes et les femmes.

Allô Docteur

La phytothérapie de l’amour n’exclut pas de rechercher la cause profonde du trouble sexuel qui peut être d’ordre psychologique, lié à la prise de certains médicaments (psychotropes, anticholestérols ou antihypertenseurs) ou entraîné par une pathologie telle que le diabète. « Quoi qu’il en soit, on accompagne  alors les traitements d’une prise en  charge psychocorporelle, permettant de  s’interroger sur ses pratiques sexuelles », témoigne Josselin Sebille, médecin spécialisé en sexologie et thérapie de couple. « La pratique très fréquente de  la masturbation ou l’utilisation régulière  d’un vibromasseur peut fausser la façon de s’épanouir sexuellement à deux », illustre le thérapeute. Mais saviez-vous qu’un problème de durabilité de l’érection peut être lié aux vertèbres lombaires et qu’un ostéopathe est susceptible de le résoudre ? Les causes d’un problème sexuel ne sont pas évidentes à identifier et comme, dans nos sociétés, les clefs d’une sexualité épanouie ne font pas l’objet d’une transmission, mieux vaut demander conseil plutôt que de s’enfermer dans des frustrations. Il serait dommage de ne pas se donner tous les moyens de profiter du cercle vertueux de l’activité sexuelle : elle stimule la production d’endorphines, sources de plaisir et de relaxation, et qui aident à diminuer le stress.

Maudites aphrodites

C’est au XVIIe siècle que le mot « aphrodisiaque » serait apparu, inspiré d’Aphrodite, la déesse grecque de l’amour, qui possédait une ceinture renfermant une panoplie de charmes magiques. Il désigne des substances propres à exciter le désir ou à faciliter l’acte sexuel. À la même époque paraît le premier traité sur les aphrodisiaques : y figurent bon nombre d’épices et de recettes sous forme de breuvages, mais aussi des plantes alimentaires comme l’asperge et surtout des substances animales comme la corne de rhinocéros... Bien avant, les premières aphrodisiaques étaient des narcotiques ou hallucinogènes : mandragore, datura, etc., procurant une sensation d’euphorie qui n’était pas sans danger.

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