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Simon-Jude Honnorat, médecin encyclopédiste

Simon-Jude Honnorat

Ses contemporains l’appelaient «la providence des naturalistes». Passionné par la botanique, l’entomologie et la géologie, ce médecin a grandement mis à l’honneur la faune et la flore basse-alpine.

Originaire de « la terre promise » des géologues, Simon-Jude Honnorat sut en apprécier les richesses et les faire connaître. Il naît le 3 avril 1783 au HautVillard, l’un des plus petits hameaux de la partie la plus reculée et la plus montagneuse du département des Basses-Alpes (aujourd’hui Alpes-de-Haute-Provence). À l’âge de 18 ans, il se rend à Grenoble pour y étudier la médecine. Nous sommes au tout début du XIXe siècle. Là, il se lie d’amitié avec son professeur, le célèbre botaniste Dominique Villars. Sous la direction de celui-ci, il se livre avec passion à l’étude des plantes et de la chimie et obtient les premiers prix à l’École centrale. Pour honorer leur amitié, Villars lui fait cadeau d’un splendide herbier.

Un chercheur passionné

En 1802, Honnorat quitte Grenoble pour poursuivre ses études à Paris. Le dimanche, lorsqu’il fait beau, il arpente le Jardin des plantes et les galeries du Muséum d’histoire naturelle, ouvert depuis 1793 : déjà, il voue une grande passion à l’histoire naturelle et fréquente assidûment les cours consacrés à cette science, très en vogue à l’époque. Ses excursions hors de la capitale lui permettent de cueillir des plantes et de capturer des papillons qui viennent enrichir les collections importantes qu’il possède...

déjà. Cinq ans plus tard, il obtient son doctorat à la faculté de Paris, après avoir soutenu une thèse sur l’Histoire naturelle, chimique et médicale des cantharides. Il revient alors s’établir dans sa région natale, à Digne, où il finira ses jours.

Médecin des épidémies (la variole en 1828, la petite vérole en 1844) et praticien à l’établissement thermal de Digne, le Dr Honnorat passe ses jours et ses nuits à soigner ceux qui souffrent. Cependant, il trouve toujours le temps de se consacrer à sa grande passion pour les sciences naturelles. La variété du sol des Basses-Alpes et les multiples climats qui rythment la vie sur les hauteurs des plateaux lui permettent de dénicher des plantes rares. Il réussit à constituer un herbier général considérable qu’il alimentera jusqu’à sa mort, en 1852. Hélas, une grande partie de cette collection a disparu, faute d’une bonne conservation. Aujourd’hui, il ne reste de ses travaux que quelques herbiers particuliers, principalement celui de la forêt de Faillefeu, légué en 1912 au musée de Digne et dont la classification est faite d’après «La Flore française» de De Lamarck et De Candolle. Fervent admirateur de sa région natale, Honnorat fut un chercheur passionné. Botaniste, entomologiste (il a notamment découvert le Thaïs honnoratii, une espèce rare spécifique à la région de Digne), il fut aussi paléontologiste et ornithologiste à ses heures perdues...

Des livres références

Les ouvrages du Dr Honnorat  témoignent de son esprit  encyclopédique
Le Catalogue des plantes de Provence
Les Plantes du Dauphiné
Le Dictionnaire provençal-français, dont une large part est consacrée à la flore provençale.
Le Dictionnaire de la Langue d’oc, en partie dédié à l’histoire naturelle de sa région natale.
Les Leçons de botanique de M. Villars, conservé à la  bibliothèque municipale de Grenoble.

Précieux herbiers

Les musées de Grenoble et de Digne-les-Bains sont aujourd’hui les seuls à conserver les rares travaux du Dr Honnorat dont nous sommes encore en possession. Le premier détient l’herbier composé par Dominique Villars à l’attention de son élève : celui-ci comprend deux gros volumes d’environ cent feuilles chacun et présente près de 1 300 espèces. Le musée de Digne, quant à lui, présente le  fameux herbier de la forêt de Faillefeu, réalisé par Honnorat lui-même. Une pièce entière est dédiée à ces deux grands volumes. Le premier contient notamment quatorze espèces de lichens et neuf espèces de mousses. En tout, près de 150 plantes sont présentées, dont  certaines alpines assez rares comme la bérardie laineuse ou le prunier de Briançon.

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