Plantes et Santé Le magazine de la santé par les plantes

Allergies saisonnières : ne les laissez pas vous gâcher la vie ! (1/5)

Yeux larmoyants, rhume des foins, gorge qui pique, éternuements, congestion nasale, les allergies saisonnières se sont multipliées ces dernières années. En effet, si l'hérédité joue un rôle, la pollution de l'air et le dérèglement climatique augmentent le caractère allergisant de certains pollens. Comment lutter contre ces allergènes ? Comment les identifier ? Nous passons en revue les solutions à base de plantes pour diminuer les symptômes et leur récurrence.

Pollen de saule
Pollen de saule

Pourquoi réagit-on aux pollens ?

L’allergie aux pollens touche 10 à 20 % de la population française. Autant de personnes qui connaissent une dégradation de la qualité de vie, une augmentation du stress, de la fatigue, voire une aggravation de l’état de santé. L’allergie peut tous nous concerner, quel que soit notre âge, même si on assiste à une augmentation de sa prévalence chez les plus jeunes. Les manifestations sont variables en termes de symptômes, mais aussi de calendrier, puisque les allergies saisonnières surviennent pendant des périodes déterminées, en fonction du cycle de reproduction de certaines plantes. Il est clair que le changement climatique, qui bouscule ce calendrier complexifie le problème. En outre, pour qu’un pollen soit allergisant, il faut qu’il puisse rentrer en contact avec nos muqueuses. C’est la raison pour laquelle les plantes les plus souvent responsables sont les plantes anémophiles, celles dont les pollens sont transportés par le vent, à la différence des plantes entomophiles dont les pollens sont véhiculés par des insectes pollinisateurs comme les abeilles.

Calendrier des pollens

L’allergie au pollen dépend de la quantité de pollen présente dans l’air, de la sensibilité des individus et du potentiel allergisant du pollen, c’est-à-dire de la même capacité à ­provoquer une allergie pour une partie non négligeable de la ­population. Plus ce po­tentiel est élevé, moins la quantité de pollen ­nécessaire pour provoquer une allergie est i­mportante. À noter également qu’avec le réchauffement ­climatique, le calendrier des pollens est aussi moins marqué que par le passé.

L’allergie est une réaction anormale, inadaptée de notre système immunitaire (SI) en réponse à un contact avec une substance normalement inoffensive, mais qu’il considère comme potentiellement dangereuse. On appelle alors ces substances des allergènes. Même si tous les mécanismes ne sont pas parfaitement connus, on sait que pour qu’une allergie survienne, il faut une prédisposition génétique et des contacts avec l’allergène.

En temps normal, le rôle principal du SI est de nous défendre contre les agressions. Il a donc à sa disposition des armes très variées comme des cellules...

, des anticorps, des cytokines (sorte de messagers circulants).

Pour mieux comprendre, imaginez votre SI comme une armée postée dans un champ qu’elle doit protéger ; un lapin traverse. Normalement, l’armée reconnaît le lapin et le considère comme inoffensif, mais imaginez si sa réaction est de le prendre pour un ennemi. C’est ce qui arrive chez certaines personnes qui enclenchent le mode combat, à mauvais escient. En cas d’allergie, notre SI se trompe : il pense que la substance est dangereuse alors qu’il devrait être tolérant. Tout ceci se passe en deux temps : une première phase sans symptôme qui correspond au premier contact avec l’allergène. Lors de cette phase de sensibilisation, ­l’armée voit le lapin, transmet sa description mais garde sa position. Lors de la seconde phase, une réaction allergique vraie liée à une réaction inflammatoire importante se met en place. Certaines cellules du SI (les mastocytes en particulier) sont activées par des anticorps de type IgE qui ont reconnu l’allergène. En découle alors une cascade inflammatoire, liée à la libération de médiateurs comme l’histamine, à l’origine des symptômes. Si on reprend la métaphore, les soldats se déploient et ouvrent le feu sur le lapin.

Comme leur nom l’indique, les allergies saisonnières surviennent sur un mode épisodique, récurrent quand les allergènes, en l’occurrence les pollens des plantes, sont présents à certains moments de l’année. Mais si la symptomatologie de l’allergie est saisonnière, il faut comprendre que l’on est allergique toute l’année. Ceci explique que l’on a intérêt à agir en amont et à ne pas toujours attendre les symptômes pour se soigner.

La pollution, un facteur aggravant !

La pollution atmosphérique fragilise les muqueuses respiratoires conduisant ainsi à une sensibilité accrue aux pollens. L’ozone, les particules fines irritent les muqueuses et les rendent plus perméables. La réaction allergique est alors amplifiée et ­survient même avec une concentration de pollen plus faible. Ensuite, elle peut ­modifier la période de pollinisation. Le lien entre pollution et réchauffement climatique n’est plus à faire, la pollinisation étant dépendante de la température, sa période de ­survenue et sa durée pourraient ainsi s’allonger. Il semble aussi que la hausse des températures augmente le caractère allergisant de certains pollens. Enfin, la pollution modifie le comportement des plantes et les pollens. Stressées, elles fabriquent plus de pollens. En outre, des études suggèrent que la pollution créée des ­modifications au sein des protéines allergènes. 

Dans Rep. Biochem. Mol. Biol., avril 2018.

Le diagnostic d’allergie saisonnière est en général facile à poser. L’examen clinique éventuellement par un médecin allergologue, est souvent très évocateur. Le diagnostic est ensuite confirmé par des tests cutanés appelés prick tests. On évalue la réaction cutanée (œdème, rougeur) de façon comparative à un témoin positif et négatif. Parfois, ces tests cutanés sont complétés par un dosage sanguin des anticorps IgE spécifiques. On confirme ainsi l’allergie et le ou les allergènes sont identifiés. Les symptômes qui en découlent sont rarement graves – à l’exception de la crise d’asthme qui peut nécessiter une prise en charge en urgence. Le plus souvent, ils sont désagréables, voire très gênants. Il s’agit en particulier de la ­rhinite allergique communément appelée rhume des foins ou de la conjonctivite allergique (les yeux, rouges et larmoyants, sont le siège de démangeaisons et de picotements).

L’introduction de plantes médicinales sous différentes formes permet la réduction des symptômes et possiblement une diminution des recours aux médicaments antihistaminiques. Mais les personnes allergiques ont intérêt à revoir de façon plus globale leur hygiène de vie, et à soutenir leur terrain.

Comprendre l’allergie croisée

Comme si être allergique au pollen d’une plante ne suffisait pas, s’y ajoute la notion d’allergie croisée. Les protéines allergisantes des différents pollens partagent souvent de fortes similitudes structurales. En conséquence, notre système immunitaire les reconnaît comme étant des allergènes. Il n’est donc pas rare qu’une personne allergique au pollen de bouleau soit aussi allergique au pollen de noisetier. S’y ajoutent les allergies croisées avec des aliments : on peut ainsi être allergique au pollen de bouleau et à l’amande ou à la pomme. Reste qu’une allergie à un aliment est plus facile à contrôler qu’une allergie aux pollens.

Ambroisie (Ambrosia artemisiifolia)

Territoire : On la trouve dans la vallée du Rhône où ­l’allergie à ­l’ambroisie touche 20 % de sa ­population, ainsi que dans la Drôme et en Ardèche.

Période : Ses graines se forment dès la mi-août jusqu’à fin octobre. C’est à ce moment-là qu’elle libère son pollen, avec un pic vers la mi-août et septembre.

Allergies croisées : Banane, melon, pastèque.

Potentiel allergisant : Fort, asthmogène, responsable du rhume des foins.

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