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Les pouvoirs des fleurs(4/5)

Forme la plus aboutie du règne végétal, les fleurs dominent nos écosystèmes. Présentes dans nos mythes fondateurs comme dans nos médecines traditionnelles, elles ont su devenir des partenaires puissants et subtils auprès desquels l’homme a de longue date puisé inspiration et ressources : santé, beauté, gastronomie, spiritualité. Et si nous allions voir si la rose, la passiflore, le gattilier, le lotus…

Orchis mâle Fleur rare

Les fleurs précieuses

En raison de leur rareté, leur beauté ou leur caractère précieux, certaines fleurs ont de longue date fascinées. Mais c’est souvent leurs odeurs enivrantes et séductrices, leur valant d’entrer dans la confection de parfums rare ou d’onguents sophistiqués, qui les ont placées au rang de stars indétrônables. La rose de Damas (Rosa damascena) et la fleur d’oranger bigaradier (Citrus aurantium) font figure de cas d’école. Car si les précieuses huiles essentielles de rose et de fleurs d’oranger ont en commun des propriétés équilibrantes nerveuses et antidépressives légères, ainsi qu’une affinité pour la peau, leur valeur tient aussi au fait qu’elles sont rétives à la distillation. Il ne faut pas moins en effet d’une tonne de fleurs d’oranger et de 3 à 5 tonnes de fleurs de roses (soit environ 200 millions de pétales) pour obtenir un kilo d’huile essentielle, dont les prix varient de 3 000 à 5 000 euros le kilo pour la première, et de 5 000 à 7 000 euros pour la seconde.

Associée dans la mythologie grecque à la naissance de la déesse Aphrodite, la rose de Damas n’a pas pour seule vertu sa beauté. Vers le Xe siècle, des...

alchimistes s’essayaient à la transmutation en utilisant des roses rouges et blanches. De leurs alambics naissaient de précieuses essences et eaux de rose à la fois purificatrices et curatives qui trouveraient peu à peu leurs places dans de nombreux remèdes. « Quand on leur ajoute de la rose, les remèdes sont meilleurs que sans. Cela vient de ses bonnes forces », expliquait déjà au XIIe siècle la sainte Hildegarde de Bingen. C’est à la fin du XVIe siècle que la distillation des roses pour produire de l’huile essentielle démarre à grande échelle, notamment à Gênes et à Grasse.

Les deux cités se fournissent en matière première dans l’Empire ottoman, en particulier dans les régions des actuelles Bulgarie et Turquie, qui restent aujourd’hui les principaux pays producteurs dans le monde.
Le bigaradier, lui, nous vient de Chine méridionale. Il se répand dans les pays méditerranéens via l’Empire romain après être passé par l’Inde orientale, l’Irak et la Syrie. Son odeur unique devient à la mode à la cour du roi Louis XIV qui transfère de Fontainebleau à l’orangerie de Versailles le bigaradier « Grand Connétable ». On faisait alors de ses fleurs, additionnées d’eau et distillées, la fameuse eau de Naphe, dont Marie-Anne de La Trémoille, princesse des Ursins et de Nérola, raffolait. L’utilisant pour parfumer son corps, son bain et ses vêtements, mais aussi les tentures de son palais romain, elle la popularisera dans la bonne société parisienne et romaine. C’est ainsi que l’essence de néroli acquit son nom.

Orchidées pour se soigner

La famille des Orchidaceae, la plus large et la plus évoluée des plantes fleuries, comprend entre 25 000 et 35 000 espèces. Présentes partout dans le monde à l’exception des brûlants déserts et du continent antarctique, elles ont été utilisées très tôt comme plantes médicinales, notamment en Europe. On en trouve la première référence chez Théophraste (IVe et IIIe siècle av. J.-C.) qui les désigne sous le terme Orchis, en référence à la forme leurs racines ressemblant à une paire de testicules. On croyait alors que la forme des fleurs d’orchidées se calquait sur les animaux dont la semence avait été répandue précédemment sur le lieu de pousse de la plante, et que la consommation d’orchidée augmentait la virilité. À partir du XVIe siècle, des herbalistes réputés comme Turner ou Langham décrivent leur utilité pour l’estomac, l’intestin, comme diurétique ou contre la fièvre. Après avoir été oubliées au profit de leur valeur ornementale, les orchidées réintéressent la médecine occidentale pour leurs constituants phytochimiques.

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