• Phytothérapie : traiter l'acné

Acné : quand le foie et les reins grondent

La médecine classique n’offre qu’une alternative aux acnéiques : des traitements locaux, peu efficaces, ou des traitements en profondeur, aux effets secondaires parfois terrifiants. La phytothérapie agit au cœur du fonctionnement des organes, elle stimule le travail du foie et des reins sans les mettre en danger.


Personne ne songerait à éteindre les volcans en soufflant dessus.

Si les volcanologues le pouvaient, c’est au centre de la Terre qu’ils interviendraient pour prévenir les catastrophes. Pour l’acné, le raisonnement d’un thérapeute doit être identique. Les remèdes qui permettent d’arrêter l’éruption ou d’en diminuer les manifestations cutanées doivent s’adresser aux organes excréteurs ou rétablir, de l’intérieur, la santé de la peau.

Quoi de plus commun que l’acné ? Surtout lorsque l’on sait qu’elle touche 85 % des adolescents. Pourtant, si elle est banale, l’acné est loin d’être anodine. C’est une véritable maladie dont les formes sévères (acné papulo-pustuleuse ou nodulo-kystique) sont proprement insupportables à vivre, et dont les causes sont des plus diverses. D’où une certaine faiblesse des traitements allopathiques qui se montrent soit inefficaces (traitements locaux vaincus par la résistance bactérienne), soit marqués par des risques d’effets secondaires parfois graves (atteintes hépatiques, lupus avec arthralgie lors d’un traitement prolongé).

Comprendre l’acné, c’est l’envisager comme l’expression d’une physiologie dont la détresse se manifeste par la peau. La peau, organe du toucher qui transmet toutes les informations de l’extérieur (chaud, froid, douleur, pression, vibrations, etc.) au cerveau, devient le miroir des modifications hormonales, métaboliques et physiologiques d’un individu.

Deux types d’organisation cellulaires sont particulièrement mis en cause dans l’acné : les glandes sudoripares et les glandes sébacées. Dans le meilleur des mondes, les premières sécrètent de la sueur, jouant un rôle important dans la régulation de la température du corps. Les secondes sécrètent du sébum qui lubrifie et assouplit la peau. Qu’en est-il dans le cas de l’acné ?

Le foie et les reins en première position

Nous avons déjà eu l’occasion de préciser qu’il existe une correspondance entre les glandes sudoripares et la fonction rénale. Si en raison de pathologies ou de déséquilibres divers, la fonction rénale baisse sa qualité de travail (c’est-à-dire qu’elle réduit sa capacité à éliminer les toxines par la voie urinaire), les glandes sudoripares peuvent alors fournir un travail qui permettra de compenser ce manque d’activité de la fonction rénale.

Pour les glandes sébacées, il en va de même. C’est le foie qui est en correspondance avec les glandes sébacées. Si la fonction hépatique se retrouve perturbée ou diminuée, les glandes sébacées peuvent (mais ce n’est pas toujours obligé) fournir un travail supplémentaire qui correspondra pour l’équilibre de l’organisme à une tentative d’élimination de toxines.

Le foie, par le biais de la sécrétion biliaire, contrôlera plus facilement des toxines de type « colloïdes » alors que les reins assumeront la gestion et l’élimination de toxines « cristallines ». Le foie sécrète la bile, qui se compose pour une grande part d’éléments lipidiques, composés en partie d’éléments toxiniques.

C’est pourquoi, on retrouvera dans les glandes sébacées une correspondance avec un sébum excessif, sébum qui n’est autre qu’une production d’un corps lipidique (matières grasses). Et comme l’acné est reconnu comme étant la résultante d’une activité excessive des glandes sébacées, on se demande pourquoi la médecine conventionnelle ne prend pas en compte cette correspondance qui est un élément fondamental en médecine hygiéniste et en naturopathie.

Si d’autres facteurs interviennent dans l’apparition de l’acné (des facteurs relationnels, sociaux et psychologiques, mais aussi un excès d’androgènes), la démarche de base sera en premier lieu de renforcer la fonction hépatique et la capacité de l’organisme à drainer les toxines par les organes primaires (foie, reins, intestins), et lui éviter de laisser des voies secondaires s’exprimer (ici nos fameuses glandes sébacées).

La démarche va consister en trois points qu’il faudra suivre ensemble :

  1. un réglage alimentaire,
  2. la recherche dans le passé d’éléments perturbateurs de l’équilibre hépatique,
  3. la stimulation des fonctions du foie.

Nos conseils pour le traitement naturel de l'acné

Une correction alimentaire

En premier lieu, on veillera à réduire les aliments apportant des produits sucrés, d’autant plus si ceux-ci sont des aliments industriels ou raffinés. Il y a en effet un lien entre l’absorption de sucre et une production brutale d’insuline. En conséquence, une élévation d’insuline accentue l’élévation des androgènes et une réaction du système digestif, notamment le pancréas et le foie.

On évitera les sources alimentaires contenant des lipides mal reconnus par l’organisme, notamment des huiles cuites et le lait, même s’il est partiellement écrémé. Ces sources alimentaires demanderont un travail conséquent au foie, ou aux glandes sébacées…

On organisera son schéma alimentaire en fonction de deux tendances :

  • celle initiée par le Dr Kousmine, qui préconisait « un petit-déjeuner de roi, un repas du midi de prince et un dîner de pauvre ».
  • celle du Dr D’Adamo, qui a découvert et fait connaître les liens entre les familles alimentaires et les groupes sanguins (se référer pour cela à son livre "Quatre groupes sanguins, quatre régimes" - éditions Michel Lafon).

On veillera à consommer des huiles végétales riches en acides gras essentiels (AGE). Sans que ce soit une liste exhaustive, je citerai à titre d’exemple : l’huile de noix, de noisette, de carthame, d’œillette, de tournesol, de chanvre, de graines de courge. Bien sûr, il faudra les choisir de qualité biologique, à défaut d’être garanties de première pression à froid. On les consommera en alternance pour éviter des stocks importants dans la cuisine, à hauteur d’une cuiller à soupe par repas, midi et soir, avec les crudités. Ces huiles ne supportent pas la chaleur, puisque les AGE sont justement oxydables, donc réactifs, d’autant plus si on les chauffe. 

La recherche d’éléments perturbateurs

  • La puberté

C’est une période ou l’individu change : c’est souvent lors de la puberté que l’acné apparaît. Et c’est aussi à la puberté qu’interviennent d’autres changements qui sont souvent causalistes : la modification des équilibres hormonaux, et l’adaptation que le corps doit faire face à ce changement, demandent une activité hépatique optimale. Le foie est en effet chargé en quelque sorte du recyclage des métabolites hormonaux.

 

  • Le stress

Il est fréquent que des éléments relationnels, propres à l’individu, au sein de sa famille ou dans le cadre de son environnement social (notamment le milieu scolaire) influencent le bon fonctionnement d’organes comme les surrénales. On appelle ce phénomène le stress… On peut donc assister à une phase d’acné qui est tout simplement due à une période de vie relationnelle difficile. La prise de conscience de cet état, autant par la personne qui souffre d’acné que par son entourage proche, permet d’aborder la solution avec une meilleure ouverture d’esprit.
 

  • L’immunité

Parfois l’acné peut se chroniciser et les causes se complexifier. En effet, on peut avoir une phase de stress qui retentira sur le système immunitaire ou le système hormonal. C’est la fameuse relation beaucoup étudiée de nos jours par la psycho-neuro-immunologie. On pourra ainsi voir l’acné apparaître après une maladie de type viral, elle-même consécutive à une fatigue nerveuse, ou un choc émotionnel.

 

  • La pilule

Le raisonnement précédent illustre très bien que l’acné peut parfois apparaître suite à un traitement hormonal. Et très fréquemment avec un traitement hormonal anticonceptionnel (la fameuse pilule). Dans ce cas l’acné est tout simplement la manifestation du corps d’une difficulté à gérer un paramètre qu’il considère comme perturbateur de son équilibre. C’est l’illustration que la pilule n’est pas si inoffensive qu’on le prétend… Le summum d’incompréhension de ce phénomène est l’apparition d’acné à l’arrêt de cette pilule : en réalité, l’organisme qui a été soumis à un équilibre hormonal artificiel doit retrouver son équilibre naturel initial par ses propres moyens sans qu’il soit aidé ni par l’alimentation ni par d’autres facteurs équilibrants. Rien d’étonnant à le voir réagir par une crise dermatologique…

Les solutions par les plantes

On a abordé plus haut le rôle d’une alimentation plus équilibrée. Des compléments nutritionnels pourront facilement être utilisés pour accentuer ces bienfaits et obtenir des résultats plus rapides.
 

Riches en AGE, les capsules d’onagre ou de bourrache, en plus d’accentuer la capacité à contrôler la bonne santé du derme, auront une action complémentaire sur l’équilibre hormonal. Elles contiennent en effet des acides gras précurseurs d’hormones synthétisées par les glandes endocriniennes. Un bon complément est 3 à 6 capsules dosées à 500 mg par jour, qu’on aura soin de prendre en début de repas (par exemple 1 ou 2 le matin, le midi et le soir).

 

  • Le drainage hépatique

Il est souvent l’élément clé dans les conseils du phytothérapeute, mais son action est parfois trop forte et entraîne, au début de la cure, des effets opposés à ceux attendus. On fera donc toujours un test avant de programmer cette cure sur plusieurs semaines. Raymond Dextreit, un naturopathe de renom, préconisait sa fameuse tisane Foie IV :  si celle-ci est bien supportée, on l’utilisera sur trois semaines, et on renouvellera son usage le mois suivant. Dès la deuxième semaine de cure, si la réaction dans le tube digestif est positive (on constate en général une amélioration du transit, ou une atténuation des ballonnements), on pourra également prendre des gélules de plantes en complément à cette tisane.

 

  • Les plantes drainantes complémentaires

La plus connue des plantes anti-acné est la bardane (Arctium lappa) tant par son action sur le foie que parce qu’elle possède aussi des principes antibiotiques naturels dans sa racine. Elle possède une forte réputation de dépuratif. Son action sur le foie est en effet d’une telle force qu’on observe fréquemment de nos jours des « accidents à la bardane ». Ceux-ci se produisent quand la stimulation hépatique est trop rapide ou se fait sur un organe qui n’a pas la capacité à réagir comme il faudrait. En termes énergétiques, on dirait que cet organe n’a pas la vitalité qui lui est nécessaire. Et c’est donc là que des émonctoires secondaires prennent le relais. Ici, ce sont les glandes sébacées qui réagiront et accentueront… la crise d’acné. J’ai déjà eu l’occasion de voir des adolescents en colère ou désespérés après avoir eu une réaction inverse à ce qu’ils souhaitaient. Il fallait donc recommencer le traitement, mais en stimulant dans un premier temps la fonction hépatique avant de prendre la bardane.

Certaines personnes préféreront renforcer l’action hépatique avec d’autres plantes que la bardane. Ils peuvent dans ce cas se tourner vers le pissenlit, la chicorée, le chrysanthellum, le buis, l’aunée ou le lapacho.

Toutes ces plantes peuvent s’utiliser en gélules (2 à 3 par jour associées aux repas) ou en infusion à raison d’une à deux cuillerées à café de la partie de la plante concernée pour une bonne tasse.

À découvrir :