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Connaître le soleil pour bien en profiter

Marguerite

Le coup de soleil est le grand classique de l'été. Pour l'éviter, tournez-vous vers les huiles essentielles de géranium d'Égypte, de niaouli, d'ylang-ylang et de camomille noble. Et si vos précautions ne suffisent pas, le géranium rosat et le lemon-grass aideront à la réparation cellulaire.

La relation que l’homme entretient avec le soleil varie en fonction des modes et du temps. Si jusqu’au 19e siècle, les femmes se cachaient des rayons solaires pour avoir une peau blanche, le bronzage est aujourd’hui considéré, dans les pays occidentaux en particulier, comme un facteur esthétique. Dans un même temps, les recherches scientifiques nous incitent à de plus en plus de prudence face au soleil, même s’il est indéniable que ses rayons nous sont indispensables pour fabriquer notre vitamine D, pour soulager certaines douleurs ou pour lutter contre la dépression saisonnière. Comment appréhender au mieux ce paradoxe ?

Les rayons solaires couvrent une large gamme de longueurs d’onde allant de l’infrarouge (IR) à l’ultraviolet (UV). Les longueurs d’ondes responsables du bronzage se situent dans les UV. Lors d’une exposition au soleil, la surface de la peau réfléchit une partie de ces rayons. Le rayonnement résiduel est diffusé et absorbé en partie par les cellules de la peau engendrant le bronzage. On distingue le bronzage instantané causé par l’action des UVA sur la peau. Celle-ci prend une teinte colorée au cours de l’exposition, mais retrouve graduellement sa teinte naturelle dans les quelques heures ou quelques jours qui suivent. Dans le cas du bronzage à retardement dû aux UVB, la peau met de deux à trois jours avant de se colorer. Ce type de bronzage persiste plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

UVA et UVB chacun ses dangers

Présents même par temps nuageux, les UVA (95% des rayons) sont les principaux producteurs de radicaux libres, ils peuvent entraîner :

  • le photo-vieillissement
  • des intolérances solaires (rougeurs, démangeaisons, lucites estivales)
  • des désordres (masque de grossesse, taches)
  • des cancers cutanés.

Les UVB

Le coup de soleil est le plus connu et le plus immédiat des effets de l’excès du rayonnement ultraviolet sur la peau. C’est une inflammation cutanée, c’est-à-dire une brûlure, causée par un accroissement du débit sanguin sous la peau. Il peut s’attraper en 15 minutes et révèle que la peau a subi des dommages cellulaires. Elle devient douloureuse et pèle le plus souvent. L’excès d’exposition aux UV peut aussi conduire à d’autres types de lésions cutanées : le vieillissement prématuré de la peau et le cancer. Les réactions varient énormément d’une personne à l’autre en fonction de la pigmentation de la peau et de la capacité à bronzer. Parallèlement, plusieurs paramètres font varier l’intensité et le risque d’attraper un coup de soleil : la latitude (plus dangereux à proximité de l’Équateur), l’heure et la saison (risque maximum entre 12 et 16 h en plein été) et la réverbération ambiante (eau, sable, neige.)

Savoir se protéger

La meilleure protection contre l’agression des rayons est d’utiliser des vêtements longs, amples et perméables à la transpiration (coton, lin et tissus non synthétiques). Avant un bain de soleil, quelques bons gestes sont également à retenir. Comme nous le soulignions dans le numéro de mai, une cure de caroténoïdes est toujours bienvenue. Une étude a montré que les compléments alimentaires à base de caroténoïdes préviennent notamment des méfaits des UVA. Souvent, ils contiennent aussi du lycopène de tomate aux propriétés antiradicalaires et antioxydantes, qui stimule la synthèse de mélanine et améliore la tolérance au soleil.

Il convient d&rsquo...

;éviter les produits de beauté, les parfums et les lotions après-rasage car ils favorisent l’irritation. N’oubliez pas non plus que certaines huiles essentielles contiennent des coumarines (celles d’agrumes, d’angélique, de khella, etc.) qui peuvent provoquer des pigmentations définitives. Enfin de nombreux traitements médicamenteux exposent à un risque de photosensibilisation : certains antibiotiques prescrits en cas d’acné chez les adolescents, certains diurétiques, etc. Il conviendra alors de les suspendre le temps de l’été. Protégez plus particulièrement les tâches cutanées ou des grains de beauté de plus de 5 mm de diamètre, avec un bord irrégulier et d’aspect changeant. La peau nouvellement cicatrisée sera recouverte d’une protection solaire maximale pour éviter les tâches brunes.

Quelle protection solaire ?

Ensuite, il est clair que l’exposition au soleil ne peut être conseillé sans une protection, type crème solaire. On la choisira en fonction de son type de peau, de son âge et des conditions d’ensoleillement et la moins toxique possible. Mais surtout, en fonction de l’indice de protection. Si c’est un bon critère, sachez toutefois qu’il n’y a pas une telle différence entre un indice 30 qui stoppe 97% des UV et un indice 50 qui fait barrière à 98% des UV. Ces écarts auront leur importance si vous avez un phototype très sensible. Auquel cas optez pour la protection maximale qui existe également dans les gammes bio. Celles-ci présentent aussi l’intérêt d’avoir supprimé les parabens.

Reste à trancher la question des filtres de protection : on aura tendance à préférer les filtres minéraux (naturels) aux chimiques, ces derniers étant de potentiels allergènes et perturbateurs endocriniens. Toutefois, le principal filtre minéral utilisé, le dioxyde de titane, n’est pas exempt de reproches. Cette substance naturelle est suspectée d’être cancérogène quand elle est ingérée sous forme de nanoparticules. D’ailleurs le E 171 devrait être interdit dans les aliments. Qu’en est-il de la voie cutanée ? En 2011, l’ANSM avait émis des recommandations : elle conseille de ne pas utiliser de produits contenant du dioxyde de titane « nano » sur une peau lésée, à la suite de coups de soleil par exemple. Si une crème solaire contient des nanoparticules, la mention « nano » doit être indiquée après « dioxyde de titane ». N’oubliez pas les zones très exposées que sont le nez, les pommettes, les oreilles, le dos des mains et des pieds. De plus, l’utilisation d’une crème solaire n’autorise pas une exposition prolongée : privilégiez une exposition progressive, en particulier si vous êtes une personne ayant un phototype sensible.

En aromathérapie, plusieurs huiles essentielles agissent en préventif. L’HE de géranium d’Égypte aide à la régénération cutanée et au renforcement des défenses. Celle de niaouli protège du stress oxydatif entraîné par les rayons solaires. Celle d’ylang-ylang inhibe une enzyme – l’élastane – qui casse les fibres élastiques du derme. Utilisez-les diluées dans une huile végétale d’argan, qui pénètre jusqu’au derme et le régénère, dans les proportions que nous vous proposons dans la formule ci-contre.

Apaiser de l’intérieur

Si malgré vos précautions, le soleil a dardé ses rayons sur votre peau et que le coup de soleil se dessine, employez l’HE de lavande officinale qui soulage les brûlures. Rappelons que le chimiste René-Maurice Gattefossé lui doit la guérison spectaculaire de ses brûlures suite à une explosion dans son laboratoire. En pratique, appliquez quelques gouttes de lavande officinale sur de petites surfaces brûlées ou cloquées toutes les 15 minutes, tant que l’inflammation est vive, 5 à 6 fois par jour si nécessaire, jusqu’à apaisement total. Appliquer de la lavande vraie pure sur la peau d’un adulte ou d’un enfant ne pique pas plus que d’y verser de l’eau. Comme indiqué dans notre formule ci-dessous, on peut l’associer à l’HE de géranium qui assure la réparation de la peau par régénération des cellules. Ses propriétés astringentes permettent au tissu épidermique de retrouver son équilibre en termes de tonicité, d’hydratation, d’aspect et de texture. On terminera avec l’HE de lemon grass aux propriétés anti-inflammatoires. En complément, l’HE de camomille noble apaise la brûlure de l’intérieur : prenez une goutte sur un comprimé neutre, à renouveler si nécessaire le soir du coup de soleil, puis 2 fois par jour jusqu’à disparition des symptômes.

Enfin sans vouloir dramatiser, si le coup de soleil est associé à d’autres symptômes : mauvais état général, fièvre, nausée, maux de tête, n’hésitez pas à consulter votre pharmacien, voire votre médecin, si la brûlure est sévère, étendue avec la présence de cloques de grande dimension ou infectées.

(5% des UV) sont arrêtés par les nuages et le verre. Ils sont responsables du bronzage mais aussi des coups de soleil, ainsi que de réactions allergiques et de cancers cutanés.

Ma formule aroma pour apaiser le coup de soleil

Propriétés : apaisante, cicatrisante, régénérante cutanée, anti-inflammatoire.

Indications : coups de soleil et brûlures

Huiles essentielles :

  • HE de lavande officinale (Lavandula angustifolia) : 4,8 ml
  • HE de géranium rosat (Pelargonium graveolens var. Bourbon) : 2,4 ml
  • HE de lemon-grass (Cymbopogon flexuosus) : 2,4 ml
  • HV de millepertuis : qsp 50 ml

1 ml = 25 gouttes. HECT : huile essentielle chémotypée. QSP = Quantité suffisante pour.

Préparation : prendre un flacon en verre teinté de 50 ml muni d’un compte-gouttes, y verser les huiles essentielles selon les quantités indiquées, ensuite compléter jusqu’en haut du flacon avec l’huile végétale. Refermer soigneusement et agiter.

Mode d’utilisation : masser la brûlure toutes les 15 min puis 3 à 6 fois par jour, pendant 2 à 3 jours.

Précautions : attention car l’huile végétale de millepertuis est photosensibilisante : il ne faut donc pas exposer au soleil la zone massée avec cette préparation dans les 3 heures au moins après l’application. Vous pouvez sinon utiliser de l’HV de calophylle inophyle, également anti-inflammatoire et non photosensibilisante. Son seul inconvénient est son odeur.

Éviter la lucite

La lucite est une éruption cutanée qui se produit en général quand on s’expose à nouveau au soleil. Elle apparaît le plus souvent le 2e ou 3e jour de première exposition solaire intense et prolongée. Elle concerne environ 1/4 de la population adulte, surtout les femmes jeunes. Les huiles essentielles pourront être mises à profit pour renforcer les principes antioxydants de la peau.

À faire

Propriétés : régénération cutanée, renforcement et apaisement immunitaire

Huiles essentielles :

  • HE de géranium d’Égypte (Pelargonium asperum) : 90 gttes
  • HE de camomille noble (Chamaemelum nobile) : 60 gttes
  • HV d’argan : qsp 50 ml

Préparation : prendre un flacon pompe en verre teinté de 50 ml, y verser les huiles essentielles selon les quantités indiquées, ensuite compléter jusqu’en haut du flacon avec l’huile végétale. Refermer soigneusement et agiter.

Mode d’utilisation : appliquer tous les soirs 3 pressions du mélange sur le visage mais aussi sur le corps, notamment aux endroits plus fragiles, sujets à l’allergie solaire ou qui seront plus exposés au soleil.

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