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Sur le chemin du sevrage alcoolique

Angélique officinale (angelica archangelia)
Angélique officinale (angelica archangelia)

La dépendance à l'alcool s'installe de manière insidieuse. Mais lorsqu'elle est là, il devient difficile de boire avec modération. Certaines huiles essentielles peuvent néanmoins vous accompagner afin de limiter votre consommation, et vous soutenir en période de sevrage.

Le mois de janvier donne son nom à une nouvelle pratique venue de Grande-Bretagne, le « Dry January » ou « Janvier sans alcool ». Le principe est simple : ne pas boire une goutte d'alcool durant un mois. Un réel challenge. Notamment parce que l'alcool, et le vin en particulier, est un symbole de la tradition et de la gastronomie française. Ce n'est donc pas un hasard si la France fait partie des pays où la consommation d'alcool est la plus élevée au monde. Mais si boire quelques verres d'alcool le week-end ou à l'occasion d'un événement festif est synonyme de convivialité et de détente, la consommation d'alcool pose problème lorsqu'elle devient difficile à contrôler. Quand on ne peut plus se passer de boire, on parle d'addiction à l'alcool, ou d'alcoolodépendance. Selon le baromètre santé 2017, l'alcoolisme touche 10 % des personnes en France. Mais comment savoir où se situe le seuil d'alcool qui nous fait basculer de l'accoutumance à la dépendance ? Les instances scientifiques ont défini les repères suivants, applicables aux femmes et aux hommes adultes : pas plus de dix verres d'alcool standard, représentant 10 grammes d'alcool (bière, vin ou alcool fort de type whisky), par semaine ; pas plus de deux verres par jour ; et pas d'alcool au moins deux jours par semaine. « Le risque, lorsque l'on dépasse ces seuils, c'est qu'il devient difficile de modérer sa consommation », explique Françoise Couic-Marinier, docteure en pharmacie et aromathérapeute. Or, la consommation régulière d'alcool fait bien des ravages…

Atteintes neurologiques

Destruction du microbiote intestinal, inflammations, agression du foie et des reins, syndrome dépressif, altération de la mémoire… Des troubles cognitifs sont en outre observés chez plus de 50 % des personnes alcoolodépendantes. Certaines maladies sont même exclusivement attribuables à l'alcool, notamment la cirrhose alcoolique ou certaines atteintes neurologiques comme l'encéphalopathie de Gayet-Wernicke (due à une carence aiguë en vitamine B1) et le syndrome de Korsakoff (une forme d'amnésie). Par ailleurs, l'alcool constitue également un facteur de risque de cancers et de maladies cardiovasculaires. Il est donc crucial, lorsqu'on est alcoolique, de prendre conscience de son addiction, afin de se décider à agir et de se donner les chances d'en guérir.

Ma formule

Réduire et espacer la consommation d'alcoolLitsée citronnée (litsea cubeba)

Propriétés : Apaisant, invite au lâcher-prise, aide à prendre de la distance

Indications : Réguler une consommation excessive d'alcool, qu'elle soit ponctuelle ou régulière

Ingrédient :

  • HE de marjolaine à coquilles .50 gouttes
  • Origanum majorana
  • HE d'angélique 10 gouttes
  • Angelica archangelica
  • HE de verveine exotique.10 gouttes
  • Litsea cubeba
  • HE de basilic tropical 30 gouttes
  • Ocimum basilicum var. basilicum
  • HE de bergamote 50 gouttes
  • Citrus bergamia

Préparation : Dans un flacon de 10 ml, verser les gouttes d'huiles essentielles.

Mode d'emploi : Déposer 2 gouttes du mélange sur un mouchoir, ou 15 gouttes sur la mèche d'un stick inhaleur. Respirer profondément les yeux fermés durant 1 à 2 minutes dès que l'envie de boire apparaît, ou pendant la consommation pour limiter le nombre de verres.

Posologie : Respirer jusqu'à 5 fois par jour. En cas de consommation quotidienne d'alcool, à pratiquer pendant 1 ou 2 mois.

Contre-indications : Personnes de moins de...

18 ans et personnes atteintes de psychoses, de par la présence de méthylchavicol.

Quand la dépendance s'installe

L'accoutumance est silencieuse et pernicieuse. En effet, lorsque l'on boit, l'alcool ingéré déclenche une libération de dopamine et de sérotonine dans la zone du cerveau appelée circuit de la récompense, associée à une sensation de plaisir et d'euphorie. « Cette sécrétion dopaminergique procure un état de bien-être, la sensation d'être moins timide et plus libéré, ce qui finit par créer une dépendance psychique à l'alcool », explique l'aromathérapeute. À l'inverse, la diminution de dopamine et de sérotonine engendre stress, anxiété et sensation de manque qui poussent à la consommation. S'il n'existe aucun gène de la dépendance à proprement parler, des facteurs génétiques, comportementaux et environnementaux nous rendent plus vulnérables face à l'alcool : l'exposition pendant l'adolescence, voire in utero ; une personnalité à la recherche de sensations, de prise de risque ; l'absence de supervision parentale… Et lorsque l'accoutumance s'installe, on peut avoir envie de prendre un verre dès le matin au lever. Les conséquences d'un manque peuvent également être physiques et émotionnelles. « Des mains qui tremblent, de la transpiration, une tachycardie, un ressenti anxieux, dépressif ou une agitation mentale », détaille Françoise Couic-Marinier.

« Contrôle-toi toi-même »

En plus de l'aromathérapie, plusieurs techniques peuvent aider à limiter les quantités d'alcool consommées, par exemple le temps d'un mois.

  • Se fixer un nombre de verres maximum par jour, et tenir un agenda de consommation pour se motiver à respecter cette limite.
  • Décider de boire de l'alcool uniquement le week-end, ou définir les jours de la semaine où l'on s'accorde le droit de boire.
  • En cas de soirée ou d'événement festif durant la semaine, boire lentement, en mangeant et en alternant avec de l'eau ou des boissons sans alcool, tels que des cocktails soft.
  • Prendre rendez-vous avec une association de patients ou un groupe de parole si l'on sent qu'un soutien psychologique nous est nécessaire pour tenir.

Un accompagnement au sevrage

Passé un certain seuil, il devient difficile d'arrêter ou de réduire sa consommation. S'il existe plusieurs méthodes de sevrage (centre spécialisé, médicaments, hypnose, etc.), on peut questionner l'efficacité des huiles essentielles sur ce type de maladie. Effectivement, aucune étude scientifique n'a démontré leur action bénéfique sur les addictions à l'alcool. Pour autant, au sein de certains hôpitaux, elles peuvent accompagner le sevrage et aider à limiter le nombre de verres consommés… Plusieurs produits aromatiques sont aussi commercialisés dans ce but. En effet, par le biais de l'olfactothérapie (respiration profonde d'huiles essentielles), certaines agissent sur les neurotransmetteurs impliqués dans la consommation d'alcool. « Les molécules aromatiques miment les effets de l'alcool sur le système dopaminergique, permettant un sevrage en douceur », explique Françoise Couic-Marinier. D'autres contribuent à réguler les émotions (colère, anxiété, tristesse…) à l'origine du besoin de boire. « Les molécules odorantes volatiles des huiles essentielles entrent en contact avec des récepteurs olfactifs, qui transmettent, par la suite, un influx nerveux au cerveau limbique qui gère les émotions », décrit l'experte. Celles-ci étant régulées, le phénomène de compensation par l'alcool s'en trouve alors amoindri.

Ma formule

Antirechute

Basilic (ocimum basilicum)Propriétés : Apaisant, relaxant, équilibrant émotionnel

Indications : Accompagnement du sevrage alcoolique

Ingrédient :

  • HE de camomille romaine 30 gouttes
  • Matricaria recutita (L.)
  • HE d'angélique 30 gouttes
  • Angelica archangelica
  • HE de petit grain bigarade * 30 gouttes
  • Citrus aurantium ssp aurantium
  • HV de jojoba QSP 10ml

* Ou, selon l'émotion ressentie, HE de lavande officinale (Lavandula officinalis L.), HE de bergamote (Citrus bergamia), HE demarjolaine à coquilles (Origanum majorana), HE de laurier noble (Laurus nobilis), HE de basilic tropical (Ocimum basilicum var. basilicum).

Préparation :

  1. Dans un roll-on de 10 ml, verser les deux premières huiles essentielles
  2. Puis ajouter 30 gouttes d'une à deux (2 fois 30 gouttes) HE selon l'émotion ressentie : petit grain bigarade en cas de colère ou de violence intérieure ; lavande pour l'anxiété ; bergamote ou marjolaine à coquilles en cas de tristesse ; laurier noble dans un contexte de timidité ou de manque de confiance en soi, basilic tropical si l'on n'arrive pas à être raisonnable et à se fixer des limites. Compléter avec l'huile végétale.

Mode d'emploi : Quel que soit le moment où le sevrage a commencé, faire 2 à 3 ronds avec le roll-on sur un poignet, puis respirer profondément en fermant les yeux durant 1 à 2 minutes.

Posologie : Masser et respirer dès que survient l'envie de boire.

Précautions : Contre-indiqué pour les femmes enceintes ou allaitantes ; pas d'exposition solaire si l'on choisit l'HE de bergamote dans la formule ; ne pas utiliser le laurier noble pour les personnes épileptiques.

Angélique, la star antiaddiction

« L'huile essentielle star contre l'addiction, c'est l'angélique. Anxiolytique, calmante grâce à ses monoterpènes et coumarines, on la respire pour agir directement sur les récepteurs à la dopamine du cerveau et mimer l'aspect euphorisant de l'alcool », explique l'aromathérapeute. Elle est utilisée par des addictologues en milieu hospitalier à Toulouse, Colmar ou Marseille. Afin de mieux gérer les émotions, on la complétera par la marjolaine à coquilles, « qui reproduit l'effet joyeux de l'alcool, évitant la baisse de moral ». Celle de bergamote dégage une odeur positivante de par sa teneur en coumarines, dont le bergaptène. Pour faire face à l'anxiété, la camomille romaine, la verveine exotique, au parfum très frais grâce à ses citrals, invitent à la légèreté. « Le basilic tropical possède un petit effet “planant” du fait de sa molécule psychoactive, le méthylchavicol. Il incite à prendre de la distance avec l'addiction », justifie Françoise Couic-Marinier. Enfin, le laurier noble sera utile pour pallier la timidité. « La synergie d'action des molécules de cette huile essentielle, notamment les lactones, permet d'augmenter la confiance en soi », selon l'experte. Ces huiles, après dilution dans une huile végétale adaptée, pourront également être massées sur les poignets avant d'être respirées profondément, apportant une action assez complète pour contrer la dépendance.

Faites le test !

Si vous vous posez des questions sur votre propre rapport à l'alcool, certains tests élaborés par l'OMS permettent d'évaluer votre niveau d'addiction. C'est le cas du test « Face » (Fast Alcohol Consumption Evaluation). à télécharger sur Alcool-info-service.fr

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