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L’ortie et ses bienfaits

Ortie

On connaissait les vertus médicinales et gustatives de l’ortie. On connaît moins celle de sa proche cousine, la pariétaire, omniprésente le long des murs de nos villes et de nos campagnes. Réhabilitons-la !

Tout le monde la côtoie et personne ne la voit. Pourtant, l’humble pariétaire mérite mieux que le mépris en lequel on la tient. Cette cousine de l’ortie se cuisine et peut même soigner… J’ai toujours bien aimé la pariétaire, car lorsque j’étais enfant, c’était une plante à ma taille. Je la rencontrais souvent, puisqu’elle abonde le long des murs, mais je ne connaissais pas son nom. Je m’en méfiais tout de même un peu : sa tendance à pousser là où les chiens lèvent la patte me paraissait un peu suspecte… J’appris plus tard qu’il s’agissait de la pariétaire et son nom me parut justifié : c’est effectivement la plante des parois, du latin paries, mur.

L’un de mes souvenirs les plus mémorables remonte à l’année dernière, un jour ensoleillé du début de printemps, où je me promenais le long des quais qui bordent la Seine sur l’Île de la Cité, à Paris : les hauts murs de pierre exposés au soleil étaient littéralement couverts de buissons de pariétaire dont les plus grands, inaccessibles et tranquilles depuis de nombreuses années, mesuraient plus d’un mètre de diamètre avec une épaisse base ligneuse. J’ignorais que cette plante habituellement modeste pouvait atteindre de telles dimensions. La nature réserve bien des surprises lorsqu’on lui permet de s’exprimer !

Des vertus qui restent à étudier

La pariétaire possède plusieurs surnoms. On l’appelle « herbe au verre » parce que sa tige se brise facilement, avec une cassure nette. Quand j’étais petit, je l’appelais l’« herbe aux galons » : ses feuilles sont couvertes de poils...

très fins qui leur permettent de s’appliquer sur les vêtements pour former divers motifs. J’aimais bien cette particularité, et me montrais créatif ! Ce peut être source de jeux sans fin pour les enfants que n’a pas encore frappés la manie des jeux vidéo…

La pariétaire est une proche parente de l’ortie, de la famille des Urticacées. Sa parenté peut se vérifier lorsqu’on observe les petites fleurs verdâtres, assez semblables chez les deux plantes. Mais contrairement à sa cousine, elle ne pique pas car elle ne possède pas ces poils creux qui se brisent, incisent la peau et infligent de douloureuses brûlures. Elle peut donc se cueillir sans crainte. Tant mieux, puisque notre plante s’avère un bon légume. J’ajoute parfois ses feuilles aux salades, surtout lorsqu’elles sont jeunes, bien qu’elles restent tendres même à un âge avancé et peuvent être récoltées pendant presque toute la durée de vie de la plante. C’est surtout aux soupes que je les ajoute, mais je ne dédaigne pas un soufflé de pariétaire. Et je suis persuadé que les vertus nutritionnelles de notre plante s’avéreraient intéressantes si quelqu’un prenait le temps de les analyser. Mais qui s’en préoccupe ?

Par le passé pourtant, la pariétaire avait retenu l’attention des médecins, puisque l’espèce la plus fréquente est qualifiée d’« officinale », c’est-à-dire qu’elle était vendue dans les officines des pharmaciens. On la considérait comme un excellent diurétique, grâce à sa teneur en nitrate de potassium. Le docteur Henri Leclerc la nommait « casse-pierre » pour sa capacité à favoriser l’élimination des calculs rénaux. Que ces vertus soient pleinement justifiées ou non, je pense souhaitable de prêter davantage d’attention à cette compagne de nos villes.

Herbier

La pariétaire est une plante herbacée de 20 à 80 cm de hauteur. Ses tiges sont dressées, velues, souvent rougeâtres et très cassantes. Elles sont peu ramifiées et portent des feuilles alternes, pétiolées, largement lancéolées et aiguës au sommet comme à la base. D’un vert mat, elles sont couvertes d’une dense toison de poils ras. Les petites fleurs sont verdâtres et peu apparentes. Elles sont réunies par 3 à 7 en inflorescences globuleuses à l’aisselle des feuilles. Les fleurs mâles redressent brusquement leurs étamines en dispersant un nuage de pollen. Attention, la floraison des pariétaires peut provoquer des allergies.

Il existe en France deux autres espèces de pariétaire : Parietaria judaica, répandue dans toutes nos régions, et Parietaria lusitanica, dont l’aire de répartition est restreinte au Midi.

Recette sauvage
Soufflé de pariétaire

Ingrédients 400 g de feuilles de pariétaire • sauce béchamel • 50 g de fromage râpé • 4 oeufs.
1. Faire cuire les feuilles à la vapeur. Les réduire en purée.

2. Préparer une sauce béchamel (30 g de beurre, 30 g de farine, 50 cl de lait, sel, poivre et muscade). Y ajouter le fromage râpé.

3. Hors du feu, casser les oeufs et les mélanger à la sauce un par un. Ajouter ensuite les feuilles et bien mélanger. Rectifier l’assaisonnement.

4. Verser la pâte jusqu’aux trois-quarts dans un moule à soufflé graissé et fariné.

5. Placer dans un four chaud et laisser cuire 30 à 40 minutes jusqu’à ce que le soufflé soit bien gonflé et doré. Servir immédiatement. 

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