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Retour aux sources - L’appel de la nature(3/5)

Les bienfaits de la nature sont désormais confirmés par la science. Se mettre au vert, prendre une bouffée d’oxygène... Les offres de séjours authentiques et insolites se multiplient, de la découverte bucolique au stage de survie. Et s’il s’agissait de renouer un lien indispensable pour les urbains que nous sommes ?

Nature

Cueillette sauvage : Cheminer vers l’autonomie

Autrefois, il était courant de ramener pour son repas ail des ours, pissenlit et autres asperges cueillis à proximité de son habitation. Mais petit à petit, cette activité est devenue synonyme de pauvreté, tandis que l’industrie agroalimentaire étendait son influence.

Heureusement, quelques irréductibles ont résisté et sont aujourd’hui bien dans l’air du temps. L’engouement est tel qu’il a fallu réglementer le ramassage des champignons, et désormais, les stages de cuisine sauvage fleurissent de partout.

L’ethnobotaniste François Couplan fait partie de ces précurseurs. Figure emblématique de ce savoir, il a étudié l’usage alimentaire des plantes sur les cinq continents. Et formé de grands chefs comme Marc Veyrat à la gastronomie sauvage. Guy Lalière, botaniste et naturopathe, est un de ses disciples. Lui aussi est sollicité partout en France par des particuliers souhaitant mieux connaître et utiliser les plantes. « Mes élèves sont toujours étonnés de l’abondance des plantes sauvages utiles, impressionnés de pouvoir manger autant et aussi bien... », témoigne-t-il. Au fil du séjour, le rapport à la végétation change. «Après cette expérience, les stagiaires disent ne plus savoir où marcher de peur de fouler un trésor végétal.»

À chaque région ses spécialités. Anne Richard vous emmènera à la découverte de la salicorne et de l’obione sur la côte atlantique. En Haute-Garonne, Annie-Jeanne Sauvage s’intéresse autant aux plantes des bois et des...

chemins (lierre terrestre, petite oseille, Arum forestier) qu’aux fleurs des jardins (mauve, souci). Charles et Séverine Pioffet, de la ferme Naturellement simples, proposent de découvrir les richesses gustatives des Grands Causses, dans l’Aveyron. Mais au-delà de l’apprentissage pratique, tous misent sur la transmission de valeurs qui s’inscrivent dans ce que François Couplan a appelé « la survie douce ». Par opposition aux expériences de survie « dure » au cours desquelles on affronte une nature hostile, la survie douce vise à découvrir les richesses de notre environnement avec comme seule difficulté, ou opportunité, de se détacher de ses habitudes et de son confort matériel. Et si en fin de compte, « sur-vivre » signifiait mieux vivre ?

Cueillette et bonne conduite

Apprendre la cueillette sauvage, c’est aussi appréhender la variété de la nature, de ses différents écosystèmes (prairies de fauches, berges de rivière, haies vives, marais...), tout en connaissant les règles de préservation du milieu naturel et des espèces. De façon générale, on ne cueille pas la totalité d’une espèce sur un site. On n’arrache pas les plantes et, si on ramasse les racines, on s’assure qu’il y a d’autres spécimens aux alentours. Certaines règles de bonne cueillette varient aussi selon les sites. D’où l’intérêt d’un guide naturaliste.

La nature nous rend bienveillants

Jonathan Czodor (dit John C.) est formateur en vie et survie dans la nature. Il est aussi coauteur de la série « Cuisine sauvage » sur France 5. www.ecoledevieetsurvieenforet.com

Quels changements percevez- vous chez les personnes qui suivent un stage de survie ?
Une profonde prise de conscience s’opère en eux en très peu de temps car ils doivent s’appuyer sur l’utilisation de leurs sens. Cela réveille des choses différentes pour chacun et permet de réfléchir au sens de la vie. Je constate ces changements chez tous les stagiaires, qu’ils soient sensibles à la nature, à un phénomène de mode ou impliqués dans la permaculture ou l’agriculture biologique.

Il n’est pas si fréquent de se retrouver en situation de survie...
Détrompez-vous, les accidents dans la nature ont fortement augmenté. Les gens ne savent plus l’écouter. Et il faut voir les choses à long terme : d’ici une cinquantaine d’années, elle pourrait nous menacer (changements climatiques...). Pour autant, la nature n’est ni bonne ni mauvaise. Ce qui est dangereux, c’est de ne pas la connaître.

Que vous apporte le contact avec la nature ?
J’y ai grandi sans avoir conscience de ce qu’elle m’apportait. Je m’en suis rendu compte plus tard. Il faut mettre son égo de côté, faire preuve d’humilité. Apprendre par mimétisme... Aujourd’hui, dans mes interactions avec les autres, je fais preuve de plus de bienveillance.

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