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Voyage au pays des épices qui soignent (2/7)

Un soupçon d’histoire, une pincée de botanique et une bonne dose de phytothérapie : on ne saurait parler des pouvoirs thérapeutiques des épices sans évoquer leur riche passé et sans s’émerveiller devant leurs formes végétales. Presque toutes sont dotées des propriétés digestives. Mais certaines se distinguent comme la cannelle, le curcuma, le clou de girofle et le safran, car leurs vertus les rendent indispensables aujourd’hui quand on veut se soigner par les plantes.

cannelle

La cannelle, une écorce tonique

La cannelle est l’une des plus anciennes épices connues. Les Égyptiens l’employaient pour l’embaumement des corps ! Les bâtons de cannelle proviennent de plusieurs espèces de canneliers, des arbres tropicaux dont on prélève la partie vivante de l’écorce, le « liber ». Son nom dérive du latin « canna », qui signifie roseau : en effet, après la récolte de l’écorce et son découpage en tronçons, la cannelle s’enroule sur elle-même en séchant, formant ainsi de petits tubes.

Malgré son origine tropicale, la cannelle n’évoque pas forcément les destinations lointaines, tant elle fait partie de notre culture, notamment des saveurs de Noël et de l’hiver. C’est l’un des ingrédients essentiels pour préparer du vin chaud ! Pas étonnant : la cannelle réchauffe l’organisme, ce qui est bien utile durant la saison froide et en cas d’affection de la sphère ORL (rhume, angine, stomatite, pharyngite). Pour cela, on la prend en tisane, avec du citron, du miel ou encore du thym. Une boisson à prendre aussi pour booster l’énergie et la vitalité, stimuler la circulation sanguine et renforcer le métabolisme.

En médecine chinoise, elle est aussi employée pour soigner le rhume, mais également contre les nausées et...

les douleurs menstruelles. Dans la médecine ayurvédique, la cannelle est un remède contre le diabète et pour combattre les parasites intestinaux. Cette épice contient de nombreux principes actifs : des alcools aromatiques (alcools cinnamique, phényléthylique, benzylique), des phénols (eugénol, isoeugénol, phénol, vinylphénol), des aldéhydes aromatiques (cinnamaldéhyde) et des coumarines. Cette composition favorise la régulation du taux d’insuline et donc de la glycémie. Elle freine la prolifération des bactéries, non seulement dans notre organisme, mais aussi dans nos aliments. En outre, elle nous aide à garder la ligne, car elle apaise l’envie de sucré.
Privilégiez les bâtons de cannelle entiers. Ils conservent les huiles aromatiques jusqu’à un an, alors que dans la cannelle en poudre elles s’évaporent en quelques mois. Mâcher un morceau de cannelle après le repas protège des caries et de la mauvaise haleine due aux résidus de nourriture. Ce simple geste arrête efficacement les débuts de pharyngite et soulage les gorges enrouées. En rouleau ou en copeaux, elle est commode pour les infusions. On peut la réutiliser en la réduisant en poudre, pour parfumer du sucre ou du sel.

Décoction de début de printemps

Ingrédients
• 1/2 citron • 1 bâton de cannelle de Ceylan • 3 clous de girofle
Préparation
1. Faites bouillir les épices 10 minutes dans 1,5 tasse d’eau.
2. Coupez en quatre le citron et écrasez-le à la fourchette dans l’eau de cuisson.
3. Filtrez et buvez le plus chaud possible en cas de fatigue ou dès que vous sentez les premiers symptômes d’un refroidissement.

La bonne cannelle pour se soigner

Saviez-vous qu’il n’y a pas une, mais plusieurs cannelles ? La plus réputée est la cannelle de Ceylan, la « vraie » cannelle (Cinnamomum verum ou C. zeylanicum). Elle est originaire du Sri Lanka (nom actuel de l’île de Ceylan) et est aujourd’hui cultivée dans toute l’Inde ainsi qu’à Madagascar. C’est sur son île d’origine qu’elle donne le meilleur d’elle-même sur le plan gustatif. L’autre grande cannelle en termes de production est celle de Chine (Cinnamomum cassia) appelée aussi « casse » : elle est moins sucrée et légèrement amère, mais surtout elle contient beaucoup plus de coumarine. Or, cette molécule présente une relative toxicité pour le foie, ce qui a d’ailleurs conduit l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) à la pointer du doigt en 2014. Même s’il faut en consommer de grandes quantités pour atteindre le niveau de toxicité, on préférera pour se soigner la « vraie » cannelle, qui contient quant à elle très peu de coumarine. Comment la reconnaître ? Elle est de couleur ocre, et les bâtonnets sont faits de fines couches d’écorce facilement friables. La cannelle de Chine est plus foncée et plus épaisse. 

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