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Antibiotiques, candidose, intoxication alimentaire... Les huiles essentielles vous aident

Soigner son microbiote avec les huiles essentielles

Notre flore intestinale peut facilement être chamboulée par la prise d'antibiotiques, une alimentation avariée ou encore par le stress. Heureusement, certaines huiles essentielles peuvent rétablir les synergies entre les micro-organismes qui constituent notre microbiote. Suivez nos conseils ciblés.

Le microbiote est, depuis quelques années, connu de tous et même considéré comme un organe à part entière. Il se constitue de milliards de bactéries, de champignons, de virus et autres micro-organismes qui cohabitent. « On retrouve des germes présents depuis ­plusieurs années que l’on appelle flore anaérobie ­(bacteroides, lactobacilles, actinomycètes) et qui sont en majorité logés dans le colon, détaille ­Philippe Colls, chirurgien urologue spécialiste du microbiote au CHU de Nantes . Ils sont très résistants et n’ont pas besoin d’oxygène, comparé aux germes plus récents de la flore dite aérobie : les entérobactères, les staphylocoques ou encore les Escherichia coli qui se trouvent plus haut dans l’appareil digestif. » Hiérarchisées en populations dominantes et dominées, ces flores trouvent leur équilibre et jouent un rôle protecteur contre la colonisation d’organismes potentiellement pathogènes.

Le microbiote en chiffres

  • 100 000 milliards de bactéries.
  • Poids : 1 à 2 kg.
  • Fabriqué aux alentours de 3 ans.
  • Seulement 30 % des souches sont connues des scientifiques.
  • Un individu possède environ 160 espèces de souches.
  • Environ 10 à 15 souches sont communes d’un individu à l’autre.

L’ensemble des germes participe à la ­synthèse d’anticorps responsables de la défense de ­l’organisme. « Les bactéries intestinales vont secréter des vitamines et des enzymes qui vont activer la maturation des cellules immunitaires : les lymphocytes. Ce sont de la nourriture pour fabriquer l’immunité », explique Françoise Couic-­Marinier, aromathérapeute et docteure en pharmacie. D’autre part, la muqueuse intestinale qui borde l’intestin exerce un effet barrière sur les éléments qui le pénètre. Nous avons donc tout intérêt à prendre soin de cette muqueuse et de notre flore afin qu’elles puissent exercer correctement leur rôle ­protecteur, notamment contre les virus…

Le coronavirus dans l’intestin

Les virus font partie de la population de la flore et certains, les bactériophages, régulent même les bactéries de nos intestins. Les recherches récentes ont détecté la présence du coronavirus dans les selles, démontrant son passage à travers la flore intestinale. Une nouvelle qui ne semble pas inquiétante selon Philippe Colls, du moins tant que l’on prend soin de son microbiote. « On n’a pas détecté d’effet pathogène, de modification réelle de la flore ou de véritable problème sur la barrière intestinale liée à la présence du virus dans l’intestin chez des personnes qui ne sont pas à risque, mais il est certain que plus le microbiote est équilibré, plus les possibilités d’action du virus seront limitées », confie le spécialiste.

Un équilibre fragile

L’équilibre entre les populations qui habitent notre intestin peut varier facilement à la suite d’un usage excessif d’antibiotiques ou autres ­médicaments, par l’alimentation industrielle, la pollution, le stress ou encore par une nourriture avariée. Certaines bactéries pullulent et prennent l’ascendant sur d’autres, rompant l’harmonie entre les flores aérobie et anaérobie. Cet état nommé dysbiose peut être responsable de pathologies, tels que l’intestin irritable, la ­cystite ou encore les allergies… Suivant ­l’origine...

du déséquilibre de la flore (colonisation par le ­champignon Candida albicans, prise d’antibiotiques, intoxication alimentaire) on adoptera alors un traitement spécifique.

Des huiles essentielles ont la capacité de ­rééquilibrer les populations qui ­composent le microbiote, en ­écrêtant de manière ciblée les souches ayant ­anormalement pullulé. « Les nouvelles souches perturbatrices sont plus vulnérables que celles qui sont présentes depuis longtemps, précise le chirurgien Philippe Colls. Les huiles essentielles bactéricides riches en ­phénols comme la cannelle, l’origan, le thym, la sarriette ou encore le clou de girofle pénètrent dans la matrice de ces jeunes bactéries et exercent une action destructrice grâce à leur totum, c’est-à-dire toutes les substances qui les composent. »

« D’autres huiles essentielles exercent une action ­antimycosique contre certains ­champignons, renchérit Françoise Couic-­Marinier . Dans le cas d’une prise ­médicamenteuse, elles peuvent aussi ­favoriser la détoxification de l’organisme, en accélérant la métabolisation du foie. » Un moyen idéal pour ­rétablir l’équilibre de notre microbiote ­intestinal perturbé, quand on sait que la prise ­d’antibiotiques détruit notre flore, bonnes et ­mauvaises bactéries ­comprises. ­Néanmoins, nous devons nous montrer ­prudents face à la puissance de ­l’aromathérapie. « Les huiles ­essentielles prises à fortes doses durant une durée trop longue peuvent attaquer la muqueuse ­intestinale et la brûler », avertit l’aromathérapeute. Il faut donc les ­utiliser avec parcimonie. En général, on fait des cures de trois semaines. »

Formule aromatique pour atténuer les effets secondaires des antibiotiques

Cette formule régule les bactéroides, une famille de bactéries qui se développe couramment à la suite d’une prise d’antibiotiques. L’huile essentielle de menthe poivrée et l’essence de citron exercent une action détoxifiante et éliminatrice des résidus antibiotiques. Enfin, le limonène présent dans l’essence de citron possède une action anti-fermentaire et antiacide (les antibiotiques acidifient l’organisme). Quant au thym à thujanol, il permet au foie de se régénérer.

Propriétés : Purifiante, régulatrice, élimine les xénobiotiques.

Indications : Juste après la fin du traitement antibiotique.

  • HE de thym à thujanol Thymus vulgaris L. Thujanoliferum 1 goutte
  • HE de menthe poivrée Mentha piperita L. var. piperita 1 goutte
  • Essence de citron Citrus limonum 1 goutte
  • Huile végétale d’olive ou de pépins de raisin 1 c. à soupe

Posologie : Déposer sur une boulette de pain et avaler matin et soir à la fin du repas pendant trois semaines.

Précaution d’emploi : Contre-indiqué chez la femme enceinte et allaitante, les enfants de moins 6 ans, les personnes épileptiques, en cas d’insuffisance hépatique.

À savoir : La flore intestinale se rétablit entre trois semaines et un an selon les antibiotiques.

Les formules sont réalisées par Françoise Couic-Marinier, docteure en pharmacie et aromathérapeute.

Réensemencer avec les probiotiques

Au traitement à base d’huiles essentielles, le Dr ­Philippe Colls conseille d’ajouter la prise de probiotiques afin d’optimiser le retour à ­l’équilibre de la flore. « L’aromathérapie va balayer ce qui semble désordonné, puis les ­probiotiques vont réensemencer la flore. C’est vraiment un travail d’équipe ! » L’urologue précise toutefois qu’aucun traitement ­probiotique n’est idéal. « Chaque individu possède sa propre flore. Les bactéries diffèrent même selon les ­individus d’une même population ! Actuellement, les probiotiques présents sur le marché ne contiennent que 20 % des souches existantes dans nos flores ­intestinales. Nous travaillons sur les analyses de selles afin de créer des traitements plus riches en souches, mais nous ne sommes encore qu’au début de la recherche scientifique sur le microbiote », confie-t-il.

En attendant les traitements sur-mesure ­permettant de soigner chacun d’entre nous, sachez qu’il est possible d’obtenir le détail des souches de votre microbiote en ­réalisant une analyse de selles dans certains laboratoires ­spécialisés. Comptez ­toutefois la somme de 250 euros environ pour cet ­examen !

En cas d’intoxication alimentaire pour éliminer les mauvaises bactéries

Après une consommation de nourriture avariée, il est probable qu’une espèce de bactérie de la famille des firmicutes type listeria, salmonelle ou staphylocoque se développe anormalement dans la flore. Pour soigner, on utilise l’huile essentielle de cannelle de Ceylan écorce, antibactérienne, de laurier noble, anti-fermentaire, et celle de lemongrass aux propriétés antiseptique, intestinale, anti-inflammatoire et antispasmodique.

Propriétés : Antiseptique, antispasmodique.

Indications : En cas d’intoxication alimentaire.

  • HE de cannelle de Ceylan écorce Cinnamomum zeylanicum 1 goutte
  • HE de laurier noble Laurus nobilis L. 1 goutte
  • HE de lemongrass Cymbopogon flexuosus 1 goutte
  • Huile végétale d’olive 1 c. à soupe

Posologie : Avaler le mélange 4 fois par jour à la fin du repas pendant deux à trois jours dès les premiers signes d’intoxication.

Précaution d’emploi : Pas avant 12 ans, ni chez les femmes enceintes et allaitantes, les épileptiques, les hypertendus.

Des synergies prêtes à l’emploi

Si vous préférez les synergies déjà préparées, voici des formules, à retrouver en pharmacie, recommandées par l’aromathérapeute Françoise Couic-Marinier.

  • Contre la candidose intestinale : Oleocaps 2, une synergie d’huiles essentielles d’origan vulgaire, de cannelle de Chine, de menthe poivrée et de citron.
  • Après une prise d’antibiotiques : Gouttes aux Essences composées de menthe poivrée, girofle, thym, cannelle de Ceylan et lavande.
  • En cas d’intoxication alimentaire : Capsules Force, associant les huiles essentielles de sarriette des montagnes, de girofle, de cannelle, de citron et de menthe poivrée.

En cas de candidose intestinale

Dans cette formule, on mise sur les huiles essentielles qui contiennent des phénols, molécules chimiques tueuses du Candida albicans, telles que les huiles essentielles de thym à thymol, d’origan compact, de clou de girofle et de cannelle de Ceylan. L’essence de citron va, quant à elle, éviter les brûlures d’estomac grâce à sa teneur en limonène.

Propriétés : Antifongique, antimicrobienne.

Indications : Personnes sujettes aux candidoses intestinales.

  • HE de clou de girofle Eugenia caryophyllus 30 gouttes
  • HE de thym à thymol Thymus zygis L. 60 gouttes
  • Essence de citron Citrus limonum 60 gouttes
  • Huile végétale d’olive 5 ml

Posologie : 10 gouttes du mélange matin et soir à la fin du repas pendant cinq jours. Renouveler la cure sur les conseils d’un aromathérapeute.

Précaution d’emploi : Contre-indiqué chez les femmes enceintes et allaitantes, ou les personnes sous antiagrégants plaquettaires (dont l’aspirine), en cas de brûlure d’estomac et chez les enfants de moins de 10 ans.

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