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Hypertension, hyperglycémie, hyperthyroïdie… Quand le corps s'emballe (4/6)

Hypersensibilité : comment mieux la gérer et l'accepter ?

Hypersensibilité : comment mieux la gérer et l'accepter ?

Selon une étude parue en 2018, 20 à 30 % de la population serait hypersensible. Définie dans les années 1990 par la psychologue américaine Elaine Aron comme une sensibilité plus élevée que la moyenne, l’hypersensibilité désigne une forte réactivité au niveau des émotions, mais aussi des sens. Ce trait se traduit généralement par des émotions décuplées face à une situation, une grande empathie, une attention particulière portée aux détails, une tendance à la rumination mentale ou encore une perception aiguë des stimuli extérieurs (bruit, lumière, odeurs, etc.). Il n’existe actuellement pas de diagnostic officiel de l’hypersensibilité. Freud l’assimilait à de l’hystérie, le psychanalyste Carl Gustav Jung à un trait de personnalité, les psychologues américains Peter Salovey et John Mayer parlaient plutôt d’intelligence émotionnelle… Récemment, les publications scientifiques ont permis de montrer que l’hypersensibilité découle de particularités cérébrales. Cathy Assenheim, neuropsychologue et auteure de Mon cerveau est hyper (éd. DBS), explique que chez les hypersensibles, « la région droite du cerveau qui traite les informations liées aux émotions et aux stimuli extérieurs est hyperactive, d’où une grande sensibilité émotionnelle et sensorielle ». Par ailleurs, les progrès de l’imagerie médicale ont permis d’attester que les neurones dits « miroirs » situés dans le cortex frontal sont nettement plus actifs chez les hypersensibles. Or ce sont ces neurones qui interviennent dans notre capacité à traiter et à interpréter les émotions des autres. Voilà pourquoi les hypersensibles ont une empathie particulièrement développée. « Ce qui érafle les autres me déchire », résumait bien Gustave Flaubert, qui se disait « doué d’une sensibilité absurde ». Enfin, l’insula, petite région du cortex qui réunit nos pensées, perceptions et intuitions, est elle aussi plus active, contribuant à augmenter la conscience de l’environnement extérieur (lumière, sons, odeurs…). D’où une grande richesse de perception. « On évoque souvent chez ces individus un genre de “sixième sens” hors du commun ».

Mais comment expliquer l’apparition de cette hypersensibilité ? Une étude de 2021 a montré que l’on pourrait hériter en partie d’une sensibilité accrue aux stimuli extérieurs. Aussi, des associations ont été établies entre un environnement peu sécurisant chez l’enfant hypersensible (maltraitance, insensibilité des parents, événements de vie négatifs…) et le développement de souffrances psychologiques et de troubles de l’adaptation sociale.

Le moyen de savoir si vous êtes hypersensible consiste à répondre à des tests en ligne. Ceux établis par Elaine Aron, le docteur en psychologie Saverio Tomasella et le chercheur Michael Pluess, font figure de référence. Quoi qu’il en soit, de plus en plus de psychologues s’accordent...

aujourd’hui sur le fait que l’hypersensibilité ne constitue pas un trouble psychique, mais qu’elle peut néanmoins être difficile à vivre. Lorsqu’elle n’est pas identifiée et acceptée, elle est souvent vécue dans la gêne face aux jugements négatifs qu’elle peut faire naître en société.

Êtes-vous hypersensible ?

Voici trois tests en ligne établis par Elaine Aron, le docteur en psychologie Saverio Tomasella et le chercheur Michael Pluess, qui font figure de référence. Ces questionnaires visent à déterminer si vous êtes hypersensible, et quel est votre degré d'hypersensibilité :

De plus, « le fait que le cerveau droit capte et traite constamment des informations favorise le risque d’un débordement émotionnel et d’un épuisement qui induisent des troubles du sommeil, de la glycémie, un burn-out », prévient la neuropsychologue. Aussi, pour prévenir un état de fatigue chronique, l’experte conseille la prise de minéraux, tel le bisglycinate de magnésium (250 à 500 mg par jour) pendant un mois, mais aussi le recours aux plantes adaptogènes. « En attendant un diagnostic médical, l’ashwagandha (200 à 300 mg le soir après le repas en cure de six à huit semaines) est indiqué pour réguler le stress et les troubles du sommeil qui vont de pair ». Afin d’éviter une sursollicitation de leurs sens, la neuropsychologue conseille de privilégier au quotidien un environnement calme et un contact avec des odeurs agréables.

Des parades pour maîtriser son émotivité

Afin d’accompagner les hypersensibles dans l’acceptation et la maîtrise de leur intensité sensitive et émotionnelle, la neuropsychologue Cathy Assenheim conseille :

  • Avoir sur soi un flacon d’huile essentielle dont on apprécie l’odeur (mandarine verte, néroli, ylang-ylang…) et le sentir profondément lorsqu’on ressent que l’on sature, que les émotions nous submergent.
  • Prendre soin de son hygiène émotionnelle une fois par mois grâce à une séance purifiante et relaxante du corps : massage du visage et du corps (tuina aux huiles essentielles, avec pochons aux herbes thaïes…), shiatsu, réflexologie plantaire.
  • En cas de déprime et d’anxiété, prendre de la rhodiola (400-500 mg par jour le matin) et du safran (30-40 mg par jour), les deux en cure de 6-8 semaines).

Libérer ses émotions avec l’EFT ?

L’Emotional Freedom Technique est une pratique psycho-énergétique visant la libération des émotions perçues comme négatives par des tapotements du bout des doigts sur des points d’acupuncture. Elle a été mise au point dans les années 90 par l’ingénieur Gary Craig, d’après les travaux du psychologue américain Roger Callahan. Pour se soulager soi-même d’une émotion forte (un grand stress avant une prise de parole par exemple) :

  1. Identifiez l’émotion puis concentrez-vous sur votre respiration en prenant de grandes inspirations et expirations.
  2. Tapotez du bout des doigts la tranche externe et tendre de la paume (point karaté, en lien avec le méridien intestin grêle pour calmer l’esprit ), répétez 3 fois : « Même si je ressens ce stress, c’est comme ça, il y a une raison pour que je le ressente. Je l’accepte et je m’accepte avec cette émotion. Ça va aller, l’émotion va s’apaiser ».
  3. Entourez votre poignet de votre main et serrez-le en vous répétant le mot « calme ».
  4. Répétez ce cycle jusqu’à l’apaisement du stress.

3 élixirs pour hypersensibles

Certains élixirs de fleurs sont particulièrement indiqués en cas d’hypersensibilité afin de mieux appréhender l’environnement extérieur, l’emballement émotionnel ou l’acceptation de soi :

  • Lorsqu’on se sent agressé par son environnement extérieur, les élixirs floraux d’achillée (jaune, blanche ou rose) renforcent le sentiment de protection.
  • En cas de surréaction émotionnelle face à une situation, l’élixir de camomille apporte de la sérénité et aide à ne pas se laisser emporter davantage dans une avalanche d’émotions allant de la colère à la tristesse.
  • Dans le cas d’une hypersensibilité non assumée et cachée, l’élixir d’aigremoine permet de retrouver de la confiance en soi, participe à s’accepter et à ne pas avoir honte d’exprimer ses difficultés.

Posologie : Prendre 3 gouttes de l’élixir, 3 fois dans la journée.

Enfin, pour contrôler l’emballement émotionnel, elle conseille des outils naturels dits « mécaniques ». « Dans une situation où les émotions nous submergent (palpitations, larmes qui montent, mains moites, rougissement…), plusieurs travaux scientifiques suggèrent de mobiliser l’aire cérébrale opposée (gauche) en charge de l’activité logique mathématique afin de mettre en veille l’aire droite liée aux émotions. Concrètement, compter à l’envers, réciter l’alphabet à l’envers ou décomposer les lettres d’un mot inhibe le cerveau droit et atténue l’emballement émotionnel », détaille-t-elle. En complément, avoir sur soi un spray Rescue, célèbre remède élaboré par le Dr Bach, peut contribuer à l’apaisement émotionnel, tout comme d’autres techniques telles que la cohérence cardiaque et l’EFT (lire l’encadré ci-dessus). Lorsqu’elle est maîtrisée, l’hypersensibilité est un atout précieux…

Et aussi

L’hyper-électrosensibilité

Reconnue depuis 2005 par l’Organisation mondiale de la santé, l’hyperélectrosensibilité, réceptivité accrue aux ondes électromagnétiques et aux champs électriques, toucherait 5 % de la population française. L’Anses mène actuellement une étude à grande échelle afin de mieux comprendre ses mécanismes qui entraînent des maux de tête, de la fatigue, des troubles visuels et de l’audition, des problèmes de peau ou encore des troubles du rythme cardiaque et de la mémoire à court terme. Jean-Christophe Charrié, médecin généraliste expert dans l’usage des plantes médicinales, conseille de faire appel à un technicien spécialisé afin de protéger son intérieur de toutes les sources d’émissions (wifi, micro-ondes poreux, compteur Linky…). Par ailleurs, il recommande de ­diffuser et de respirer de l’huile essentielle de lavande vraie (le soir, 3 gouttes dans un diffuseur ou 1 goutte à l’intérieur du poignet ou derrière la nuque) afin d’apaiser les ressentis d’hyper­électrosensibilité.

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