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Dr Tubéry et la médecine traditionnelle africaine

cameroun

Épisode 1 En partant en coopération au Cameroun, le Dr Pierre Tubéry ne se doutait pas que son séjour aurait de telles répercussions. En France, l’Association solidarité pour le soutien aux malades a pris son relais pour faire connaître les vertus des plantes d’Afrique, et mène également sur le continent noir de nombreuses actions, promouvant ainsi la pharmacopée traditionnelle. Pendant quatre numéros, nous allons la suivre sur le terrain a n de mieux comprendre les enjeux en cours. Tout d’abord, retour sur les premières découvertes.

Dans les années soixante, un couple de médecins coopérants, Pierre Tubéry et sa femme Anne-Marie, arrive dans un petit dispensaire perdu dans la chaîne de montagnes au nord du Cameroun. Petit à petit, une confiance s’installe entre les habitants de la province et les deux médecins. La médecine traditionnelle africaine et l’efficacité de sa pharmacopée vont ainsi pouvoir être révélées.

Si le Dr Tubéry a l’esprit ouvert, certaines guérisons ont de quoi le surprendre. Intrigué et impressionné, il demande à rencontrer les guérisseurs traditionnels, ceux que l’on appelle les « vénérables ». Il emmène alors un de ses amis qui souffre d’un problème de psoriasis rebelle invalidant se faire soigner par un de ces vénérables, Dzougoulloum. La consultation n’a rien à envier à celle des dermatologues contemporains : examen approfondi des lésions et grattage à l’aide d’une tige de mil bien aiguisée, interrogatoire du patient, tout dénote la compétence du praticien. Même s’il n’a qu’un pagne autour des reins en guise de blouse blanche ! Le remède prescrit : un petit sachet de racines avec les indications de préparation. Quelques semaines après ce traitement, sa peau était redevenue lisse et souple...

Ces succès thérapeutiques, maintes fois confirmés, motivent profondément le Dr Tubéry, qui consacrera sa vie à explorer les potentialités thérapeutiques de trois plantes africaines : Securidaca longipedunculata, Gnidia kraussiana et Desmodium adscendens. Suite à des travaux poussés de pharmacologie menés en France, Desmodium adscendens, espèce de la famille des légumineuses, confirme son usage traditionnel en tant qu’exceptionnelle plante hépatoprotectrice et régénératrice du foie. Securidaca longipedunculata, une Polygalaceae comptant parmi les dix plantes médicinales les plus utilisées en Afrique pour toute une variété de symptômes, se révèle extrêmement utile dans les pathologies auto-immunes et les phénomènes de fibrose, tandis qu’une Thymelaeaceae, Gnidia kraussiana, dont la racine doit être utilisée avec précaution étant donné sa toxicité, fournira un anti-leucémique qui sera commercialisé sous le nom de DPG (daphne primeverosyl genkwanine) en 1987.

De retour en France, le Dr Tubéry crée dans les années quatre-vingt une coopérative de fabrication de phytomédicaments à base de ces trois espèces. Simultanément se crée l’Association solidarité pour le soutien aux malades. Dans ce sillage, les informations médicales filtrent, en particulier celles concernant le desmodium, désormais bien connu en Europe et aux États-Unis. En Afrique, cette reconnaissance passe par un gros travail de terrain. Nous en parlons le mois prochain.

L’Association solidarité pour le soutien aux malades écoute, aide et informe les personnes malades ou leurs familles sur les thérapies complémentaires, notamment les produits issus de la pharmacopée africaine. Elle s’engage également dans la diffusion de ces connaissances, notamment en Afrique. 

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