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Entorse, tendinite, rhumatismes : maîtriser l’inflammation (4/5)

Destinée à protéger l’organisme en cas de traumatisme, une inflammation peut parfois s’installer et engendrer des douleurs chroniques, notamment au niveau articulaire. Fort heureusement, que vous souffriez de polyarthrite rhumatoïde ou d’une simple entorse, des plantes bien connues peuvent vous aider à atténuer les symptômes douloureux et à moduler la réponse inflammatoire.

anti-inflammatoire

Plantes et inflammation aiguë

Il est impossible de citer toutes les plantes ayant une action anti-inflammatoire, mais certaines ont bénéficié de plus d’expérimentation que d’autres ou sont plus connues parce qu’on a mieux identifié leurs composants. Ainsi, la salicine et d’autres salicylés, formes naturelles de l’aspirine, inhibent des enzymes fabriquant des prostaglandines et du thromboxane et sont efficaces dans l’inflammation aiguë. Ils sont fabriqués en grande quantité par la gaulthérie couchée. On les trouve aussi dans la ronce, la reine-des-prés, le saule blanc, le bouleau blanc, le peuplier et le cassis.

Les iridoïdes et en particulier les harpagosides, que l’on retrouve dans l’harpagophytum (procumbens et zeyheri), la scrofulaire noueuse ou la bugle rampante inhibent l’activation du NF-kappa-B qui déclenche toute une cascade de fabrication de médiateurs de l’inflammation à partir de l’acide arachidonique. L’harpagophytum inhibe également la synthèse du TNF-alpha et la production de MMP dans les cellules du cartilage humain, d’où un effet spécifique sur l’arthrose, ce qui ne l’empêche pas de soulager d’autres inflammations comme celles de l’endométriose.

La scrofulaire noueuse (Scrofularia nodosa) est parfois proposée comme alternative à l’harpagophytum. La bugle rampante, contenant elle aussi des harpagosides, a été proposée dans la fibromyalgie, qui comporte une inflammation de...

bas grade, mais les données cliniques sont insuffisantes. La curcumine du Curcuma longa inhibe la production de leucotriènes, prostaglandines et autres médiateurs ainsi que de plusieurs enzymes impliquées dans la cascade inflammatoire. Elle est surtout efficace sur les inflammations aiguës dans les expériences in vitro et chez l’animal. Son efficacité a été comparée à celles des anti-inflammatoires conventionnels, mais on manque toujours d’études cliniques chez l’homme. Le gingembre (Zingiber officinale), en externe ou en huile essentielle, lui a été associé avec succès dans un essai clinique sur l’arthrose du genou.


Il est utile de drainer et de masser les inflammations une fois passée la phase congestive pour aider la phase résolutive. Le drainage mécanique des liquides sera potentialisé par des huiles essentielles : la gaulthérie tempère les réactions aiguës excessives ; le camphre du ravintsara, du romarin à camphre ou de la lavande aspic ou le menthol de la menthe poivrée seront antalgiques ; la lavande officinale aidera à lutter contre les contractures musculaires environnantes.

Une vedette anti-inflammatoire

La gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens) est une petite plante froide d’Asie qui pousse dans des forêts humides et concentre le salicylate de méthyle, qui représente près de 90 % de son huile essentielle. Elle est omniprésente dans les compositions anti-inflammatoires rhumatologiques, en particulier pour les inflammations aiguës. Elle peut soulager aussi bien l’inflammation d’un syndrome hémorroïdaire ou d’une poussée psoriasique.

Souffler le froid sur le chaud

Dans la médecine chinoise, l’usage des ventouses et de l’acupuncture vise à moduler les flux d’énergie que l’inflammation tend à perturber. Dans nombre de médecines humorales, les inflammations aiguës sont considérées comme des maladies chaudes que l’on s’emploie à refroidir. Le froid, vasoconstricteur, va s’opposer à la vasodilatation de la phase congestive et soulagera une réaction inflammatoire trop explosive. Dans une même logique, surélever un membre douloureux enflammé s’opposera à la pesanteur et à la stagnation des liquides dans les tissus. On veillera à ne pas masser énergiquement à ce stade : cela risquerait d’accroître les douleurs. On peut aller jusqu’à immobiliser le membre douloureux. 

Cas pratique Réagir à une entorse

Prenons le cas d’une entorse de cheville banale avec une plaie associée (le ligament est étiré, la peau ouverte et la cheville est gonflée, rouge et chaude).

1.On commencera par l’immobiliser, appliquer du froid pour limiter le gonflement qui fait mal.
2.Sur la plaie, un pansement gras imbibé d’une goutte d’HE de niaouli (cicatrisant et anti-infectieux) ou de tea tree et d’une goutte de lavande officinale fait souvent merveille.
3.Appliquer avec un massage doux un mélange de macérat huileux d’arnica (ou d’un cataplasme d’argile) avec 1 à 5 % d’HE : deux tiers d’HE de gaulthérie, un tiers d’une huile camphrée comme le ravintsara, quelques gouttes de menthe poivrée. Cela va réguler la réaction et apaiser la douleur. À distance, on pourra y ajouter, si les tissus s’enraidissent, une huile citronnée, puis masser et mobiliser. 

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