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La ficaire, fleur d’or des sous-bois

Ficaire fausse-renoncule (Ficaria verna, Ficaria ranunculoides ou Ranunculus ficaria)
Ficaire fausse-renoncule (Ficaria verna, Ficaria ranunculoides ou Ranunculus ficaria)

Les renoncules passent, à juste titre, pour toxiques. L’une d’entre elles – ou une cousine, selon les botanistes modernes – a pourtant été consommée au printemps par des générations de cueilleurs. Découvrez la jolie ficaire !

Toutes les saisons me plaisent, car chacune apporte sa cohorte de plantes et son atmosphère particulière, mais, en y réfléchissant un peu, je pense que le printemps est ma préférée. En quelques semaines, les feuilles se développent et les fleurs, par leurs couleurs, égaient les bois et les prés. Parmi les jaunes, si courantes, j’apprécie tout particulièrement les étoiles d’or de la ficaire qui rayonnent dans les haies. C’est chez elle davantage l’esthétisme qui m’attire que les usages que je peux faire de la plante. Certes, ses jolies feuilles, un peu épaisses et caoutchouteuses au toucher, viennent parfois agrémenter mes salades, mais je prends soin de ne pas en abuser, car, crues, elles se révèlent légèrement irritantes.

Comme toutes les renoncules, la ficaire renferme une substance âcre, la protoanémonine. C’est pour cela que certaines prairies surpâturées se couvrent de boutons d’or : le bétail, pas si bête, broute allègrement toutes les autres plantes et laisse de côté les feuilles qui leur brûlent le palais. Au séchage, la protoanémonine se transforme en anémonine, parfaitement inoffensive. Il serait donc tout à fait possible de faire sécher les feuilles de ficaire et de les réduire en poudre pour en saupoudrer les plats et leur apporter ainsi les quelques vitamines et minéraux dont la plante ne peut manquer d’être riche. On pourrait encore faire...

cuire les feuilles de ficaire pour en préparer des soupes et des gratins. Mais l’intérêt gastronomique en reste plutôt faible…

La ficaire affectionne les bois, et il n’est pas rare qu’un tapis de feuilles tombées à l’automne recouvre les plantes. Je l’ai souvent observé dans les forêts de hêtres, où je voyais des feuilles de ficaire très pâles, presque blanches et dépourvues d’âcreté. C’est que la chlorophylle semble nécessaire à l’élaboration de la fameuse substance source de désagréments. C’est d’ailleurs le principe du blanchiment (de plante), à l’origine de la création de l’endive à partir de la chicorée, dont je vous parlerai prochainement.
La ficaire présente la particularité de porter à sa base, mêlées à ses racines, de petits tubercules allongés, renflés et brunâtres. Leur ressemblance avec de minuscules figues (ficus, en latin) aurait donné son nom à la plante – personnellement, je trouve cette comparaison un peu tirée par les cheveux… La capacité supposée des tubercules de ficaire à guérir les hémorroïdes tire son origine de la théorie des signatures, qui veut que toute plante porte un signe indiquant la maladie qu’elle soigne ou la partie du corps sur laquelle elle agit. Or, ils peuvent en effet évoquer ces petites veines renflées si douloureuses. Et des études récentes viendraient confirmer les vertus des tubercules de ficaire. On l’administre en extraits, intraits, pommades, sirop, poudre, infusion, décoction, onguent ou compresses. Quant aux fleurs jaunes, elles décorent joliment les salades, sans causer le moindre problème !

Herbier

La ficaire (Ficaria verna) est une petite plante vivace de 10 à 30 cm. On la reconnaît aisément à ses feuilles en forme de coeur renversé, d’un vert luisant, bordées d’une marge sinuée. Sous les doigts, leur texture est caoutchouteuse et un peu charnue. Les fleurs solitaires, assez grandes pour la taille de la plante, font éclore six pétales jaune d’or, luisants et comme vernissés. En fanant, la corolle perd sa belle couleur et devient d’un jaune blanchâtre. Sous terre, une courte tige porte plusieurs bourgeons et des racines renflées en petits tubercules.
La ficaire est commune dans les bois frais, les haies et les lieux humides et ombragés dans toute la France. Elle est native en Europe, en Asie occidentale et en Afrique du Nord.

Recette sauvage
Sous-bois comestible

Ingrédients
Quelques très jeunes feuilles de ficaire • feuilles d’épiaire des bois • feuilles d’alliaire (avec éventuellement quelques sommités fleuries) • jeunes feuilles tendres de fraisier.
Pour la sauce aux amandes 50 g d’amandes • 4 c. à soupe de yaourt de soja • 3 c. à soupe d’huile de noix • 1 c. à soupe de vinaigre de cidre • sel • noix de muscade • gingembre frais. 1. Coupez en petits morceaux les différentes feuilles et mélangez-les dans un saladier. 2. Faites légèrement griller les amandes et mixez-les dans un robot de cuisine. 3. Ajoutez le yaourt de soja, l’huile, le vinaigre et le sel. Parfumez avec la noix de muscade et le gingembre râpé. 4. Mixez et servez la sauce avec la salade.

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