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L’angélique sylvestre pour tonifier l'organisme

Foret

Ce prénom féminin évoque des confiseries d’antan et de miraculeuses vertus. La plante en question est une grande ombellifère très commune dans les lieux humides de nos régions. Immédiatement reconnaissable, l’angélique tonifie l’organisme en cas de coup de barre et facilite la digestion.

Mes premiers rapports avec l’angélique sylvestre furent livresques. Autour de mes vingt ans, je dévorais le seul ouvrage sur les plantes comestibles que j’aie pu me procurer, Food for free, écrit par le naturaliste britannique Richard Mabey. Je revenais souvent sur le dessin d’une plante aux tiges pourpres et aux grandes ombelles roses qui me fascinaient. Je ne l’avais jamais vue et j’avais du mal à imaginer qu’une telle plante puisse exister. Je soupçonnais d’autant plus l’auteur de l’avoir imaginée que les quelques angéliques que j’avais rencontrées dans les bois humides des Vosges montraient une tige verte et des fleurs blanches. Certaines, la plupart même, présentaient bien de larges zones rougeâtres sur les tiges et les rameaux, mais pas l’étonnante couleur du dessin de Mabey. Et finalement, je l’ai rencontrée, l’angélique colorée, d’un pourpre à faire frémir un cardinal, au bord d’un torrent des Alpes-de-Haute-Provence, avec des fleurs d’un rose bonbon. Superbe !

Mais ce qui m’intéresse le plus chez l’angélique des bois, ce n’est pas tant sa couleur que ses vertus, dont je fis l’expérience bénéfique. C’était en 1986, un week-end où je donnais un atelier, quelque part en Suisse. Un puissant virus traînait par là et m’avait choisi pour victime. Mon système immunitaire s’était trouvé quelque peu débordé et je sentais ma gorge brûler, la fièvre monter et la fatigue m’envahir. Pendant un cours, ce n’est pas drôle. Le samedi après-midi, nous rencontrâmes une belle angélique sylvestre dont je déterrai la racine que je...

mâchonnai avec constance toute la soirée. Je ne pus dormir et transpirai abondamment pendant la nuit. Le lendemain, je n’étais certes pas frais et dispos, mais je me sentais infiniment mieux et pus donner tranquillement mon cours avant de rentrer chez moi, de me coucher tôt et de m’effondrer dans le sommeil.

L’angélique sylvestre est connue pour tonifier l’organisme lorsqu’il accuse un coup de barre. Elle facilite également la digestion et possède l’utile propriété d’expulser de l’intestin les gaz produits par les aliments imparfaitement absorbés. On lui reconnaît aussi la faculté d’exercer une action favorable sur les problèmes nerveux. La racine est considérée comme la partie la plus active, mais on emploie également les semences. Ces propriétés sont dues à l’essence aromatique que contient la plante et que l’on voit sourdre lorsqu’on coupe une tige.

Mais ce que je préfère de beaucoup, ce sont les tiges d’angélique confites. Ma mère en mettait dans ses cakes, mais il s’agissait de celles d’une cousine, l’archangélique, de taille plus grande et à l’odeur plus suave. Je me délecte aujourd’hui avec les jeunes tiges de notre espèce sauvage. Il importe de les récolter lorsqu’elles sont encore très tendres et se plient souplement sous les doigts, avant que les inflorescences aient commencé à se développer. Les confire est un long processus, mais on peut aussi procéder plus rapidement en coupant les tiges en morceaux, puis en les faisant cuire dans du sucre en remuant jusqu’à ce qu’il masse. Je prépare de la même façon les fruits aromatiques pour obtenir des bonbons digestifs, très agréables et, j’en suis persuadé… pleins de vertus.

Herbier

L’angélique sylvestre est une grande plante bisannuelle ou vivace de 50 à 180 cm, glabre dans toutes ses parties, au port typique des ombellifères (aujourd’hui appelées apiacées). Sa grosse racine pivotante, très aromatique, renferme une essence jaunâtre de saveur brûlante. Sa grosse tige, très ramifiée, est souvent pourpre vers la base et d’un beau vert plus haut. Elle porte des feuilles alternes de grande taille, composées de larges folioles ovales bordées de dents aiguës, d’un vert sombre mat. Les petites fleurs, blanches ou rosées, sont réunies en grandes ombelles globuleuses à 20-30 rayons. Les fruits sont aplatis et très aromatiques au froissement.

Comme son nom l’indique (du latin silva, forêt), la plante se rencontre dans les bois, s’ils sont assez humides à son goût. Elle aime l’eau et fréquente aussi les fossés et les marais, depuis les plaines jusqu’aux montagnes.

L’archangélique (Angelica archangelica) est beaucoup plus grande. Originaire du nord de l’Europe, elle est cultivée en France et parfois subspontanée.

Recette sauvage - Angélique confite

Ingrédients
• tiges d’angélique
• eau
• sucre

1. Coupez les tiges en tronçons d’une dizaine de centimètres de longueur et pelez-les délicatement.
2. Faites-les bouillir dans de l’eau pendant une demi-heure.
3. Égouttez les morceaux de tiges puis mettez-les à bouillir une demi-heure dans un sirop de sucre composé d’un même volume d’eau et de sucre. Conservez toute la nuit les tiges dans leur sirop.
4. Le lendemain, faites les bouillir à nouveau dans le sirop de sucre pendant une demi-heure puis laissez les macérer dans le sirop.
5. Répétez le même processus quatre jours de suite.
6. Sortez alors les morceaux de tige du sirop, égouttez-les soigneusement, puis faites-les sécher dans un four entr’ouvert.

Note
Conservez l’angélique confite dans une boîte en fer-blanc dans un lieu frais et sec. Gardez aussi le sirop qui a acquis un peu des vertus digestives.

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