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Les lavandiculteurs entendus par Bruxelles

Lavande

Depuis plus d’un an, les distillateurs ont mené des actions de terrain pour dénoncer la réglementation européenne Reach (règlement sur l’enregistrement, l’évaluation, l’autorisation et les restrictions des substances chimiques). La mobilisation a porté ses fruits : la pétition réclamant un statut adapté aux huiles essentielles a récolté 17 000 signatures. Mais surtout, les producteurs, en accord avec les différents acteurs de la filière, ont ouvert une brèche : la Commission européenne s’est engagée à envoyer cet automne des représentants en région PACA, à la rencontre des lavandiculteurs et des distillateurs. « Nous voulons leur faire toucher du doigt les réalités de terrain, explique Alain Aubanel, agriculteur, distillateur et président de la Fédération des producteurs de lavandes et lavandins de la Drôme. Nos exploitations agricoles et nos distilleries ne sont pas des industries. ». Les producteurs ne manqueront pas de pointer les autres difficultés que pose la réglementation Reach: en plus du coût des dossiers et des incohérences techniques relatifs notamment aux tests de toxicologie inadaptés aux produits naturels, Reach a pour conséquence un étiquetage anxiogène des flacons, ce que dénoncent les distillateurs. « Nous refusons que nos lavandes soient considérées comme des produits chimiques et industriels », martèle Alain Aubanel. Ce lavandiculteur dénonce aussi l’absurdité de la situation pour les producteurs qui, comme lui, pratiquent la vente directe. Ils ont l’obligation de choisir un type de destination, ce qui conditionne l’étiquetage de leurs HE : soit ils se conforment à Reach et apposent des pictogrammes sur les flacons (un poisson mort ou un torse humain pulvérisé), soit ils choisissent la voie alimentaire et ne peuvent alors donner d’autres informations que celles concernant les usages culinaires. « Au final, le consommateur est désinformé, car dans un cas il croit avoir à faire à un produit dangereux, et dans l’autre il pense que c’est un produit anodin », s’inquiète Alain Aubanel. En cherchant à les protéger, la réglementation expose les consommateurs à des mauvaises utilisations des huiles essentielles. 

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